La
voix de Celui qui crie dans le désert
(Marc 1, 1 à 8)
Au nom du Père, du
Fils et du Saint-Esprit, amen.
Aujourd’hui, l’Eglise nous emmène
à la rencontre de saint Jean-Baptiste le précurseur et du Seigneur
Jésus que nous confessons comme le Messie prophétisé par Israël,
pour le salut de l’humanité et la pleine restauration de la
création divine, suite au péché ancestral d’Adam et Eve.
Jean ne dit pas :
« je crie dans le désert », mais « je
suis la voix de Celui qui crie dans le désert », c’est
Dieu lui-même qui crie dans le désert à travers Jean, mais vers
qui Dieu crie-t-il avec une telle puissance ? Quel est donc ce
désir divin que Dieu porte dans son cœur de Père et auquel son
Amour ne peut résister, à qui s’adresse-t-il et que
crie-t-il ? Ce cri divin dans le désert est en vérité, l’écho
de celui du Père céleste dans le Paradis : « Adam où
es-tu ? », Dieu ne cesse de rechercher l’homme son
bien-aimé, que ce soit dans le paradis ou dans le désert. Oui,
l’amour de Dieu pour l’homme est tel qu’il en témoigne à
nouveau aujourd’hui dans le désert de ce monde aride, tourmenté
et dans l’errance avec l’espérance que l’homme lui réponde
amen.
L’Evangile nous dit
« voici que j’envoie mon messager vers toi pour préparer
ta route, voix de celui qui crie dans le désert : préparez les
voies du Seigneur, rendez droits ses sentiers », l’Evangile
de toute grâce ne peut vivifier notre existence que s’il reste
cette Bonne Nouvelle qui rejoint chacun et chacune dans son
quotidien, qu’il fasse sens là où je mets à l’œuvre mon
existence concrète. Les sentiers tortueux qui mettent à mal notre
vie, sous lesquels nous nous cachons aux yeux de Dieu comme Adam et
Eve se cachaient dans le Paradis, sont nos pensées, paroles et
actes, que nous devons aplanir et rendre droits pour engendrer avec
Dieu, l’homme nouveau, dont le modèle unique et absolu est le
Messie qui s’avance vers Jean pour être baptisé par lui. C’est
pourquoi aucune ascèse n’est meilleure pour chacun d’entre nous
que l’acceptation confiante des évènements de sa vie, car c’est
dans notre existence réelle que le Messie vient à notre rencontre.
C’est ainsi, que notre quotidien humble mais vécu peut devenir une
icône fidèle du désert symbolique, où se renouvelle jour après
jour cette expérience de la rencontre avec Dieu, pour être baptisé
spirituellement au cœur même du monde.