(Luc : 7, 11 à 16)
Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen.

Aujourd’hui, l’Esprit de Dieu qui continue de couver l’Église comme Il couvait la
Création originelle de Son amour et de Sa lumière, nous emmène si nous le voulons à
Naïm qui signifie la Bien-Aimée, pour assister à la résurrection du fils unique d’une
jeune veuve.
Cette bien-aimée vers laquelle s’avance notre Seigneur avec amour, c’est l’Église,
l’Humanité et notre Ame, qui pleure de n’être pas aimée pour ce qu’elle est, à savoir
l’épouse de Dieu. Par manque d’amour spirituel, l’âme si précieuse et unique en
nous, se meurt sous les coups répétés de ses propres enfants, à savoir nos pensées,
paroles et actes psychiques et charnels, non purifiés dans la prière par l’intelligence
du cœur.
Le Christ créateur de la vie et de l’être, contemple cette veuve désespérée par la mort
de son époux et maintenant de son fils unique, c'est-à-dire de tout ce qui faisait sens
dans son existence. Où sont désormais, toutes les promesses et espérances qu’elle
avait pu mettre dans ces deux êtres chers à sa vie, qui d’autre que le Christ, lui qui est
Dieu et le Maître absolu de la vie et de la mort, pouvait la libérer de cette épreuve
douloureuse que représente aujourd’hui la perte de son enfant unique.
Que dit le Christ : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi… » que ressentons-nous
devant ce mystère qui préfigure la Résurrection du Seigneur, comment ce mort peut-il
entendre la voix du Christ, alors qu’il n’entend ni les larmes de sa mère ni les cris des
lamentations funèbres de la foule qui l’accompagne. Seule la grâce divine pourra
soutenir en esprit et en vérité cette femme éprouvée, quant à nous qui sommes plus
souvent morts que vifs, prions humblement Dieu de nous donner l’intelligence du
cœur sans laquelle aucune illumination spirituelle n’est possible.
L’Église est cette mère spirituelle à qui Dieu a confié l’humanité, afin que chaque
être humain puisse y trouver « Celui qui est la voie, la vérité et la vie », c’est dans
l’Église que notre Seigneur vient à notre rencontre pour nous donner « la vie, le
mouvement et l’être » et qu’IL nous dit : « Lève-toi et sois un vivant ». Le miracle de
la résurrection se réalise parce que le Seigneur fut touché de compassion envers cette
femme, ce jeune homme mort revient à la vie, il s’assied dans le cercueil et se met à
parler, que dit-il et comment réagit sa mère et cette foule ?
Nous sommes témoins à chaque Divine Liturgie des merveilles accomplies par le
Christ, à condition d’être éveillés à l’enseignement évangélique par notre attention et
notre désir d’incarner la volonté divine. Dieu ne viendra pas nous ressusciter contre
notre volonté, alors venons vers Dieu à travers l’Église et pleurons comme cette
veuve la mort de notre âme délaissée de vie spirituelle par manque d’ascèse, de prière
et de conversion profonde selon l’esprit de l’Orthodoxie.- 2 -
Au Nom de notre Seigneur, cessons de penser qu’il suffit de venir de temps en temps
à l’Église ou d’écouter conférences sur conférences, d’entendre des homélies mêmes
spirituelles ou encore de lire des livres dits profonds, pour passer de la mort à la vie.
Sortons de ce coma psychique et destructeur qu’est l’esprit de ce monde sans Dieu et
sans la moindre compassion envers l’humanité souffrante.
Accompagnons-nous les uns les autres par un cortège de valeurs spirituelles et
religieuses et non par des foules de pensées et de paroles mortifères, que nous
distillent de manière hypocrite Satan et le vieil homme en nous. Alors le Christ
viendra toujours plus à notre rencontre dans l’Église-Naïm et dans notre existence
personnelle, et nous entendrons à chacune de nos petites morts, le Sauveur nous
dire : « Ne pleure pas », lui infiniment patient envers nous et nos faiblesses.
Apprenons à mourir librement à ce marasme permanent dans lequel le péché veut
nous entraîner, en voulant nous faire croire que nous sommes vivants et spirituels,
alors que nous ne sommes si souvent que dans l’illusion psychique. Prions et
supplions Dieu de venir poser Sa main sur nous, d’arrêter ce convoi permanent de
pensées partielles et partiales qui nous enferment comme dans un cercueil, afin que le
Christ nous ressuscite comme ce jeune homme et nous remette dans les mains saintes
de celle qui nous engendre spirituellement, c'est-à-dire la sainte Église orthodoxe.
Regardons cette foule émerveillée et qui rend gloire à Dieu d’avoir pu vivre une telle
expérience spirituelle à Naïm, cette foule qui ne connaissait pas le Christ comme
Dieu et Sauveur. Comment allons-nous rendre grâce et nous émerveiller de Celui
dont nous savons nous les lumineux enfants de l’Église qu’Il est le Dieu Vivant ? En
nous souvenant que nous sommes par vocation et par grâce fils et filles de Dieu et en
célébrant avec dignité la Divine Liturgie et les saints mystères de l’Église éternelle du
Christ-Sauveur.
Ce n’est que dans l’Esprit-Saint, après notre mort au péché que comme Marie, la
Mère de Dieu, nous pouvons passer de la vie à la Vie, étant devenus nous aussi des
vivants par la Grâce toute puissante de la Divine Trinité, à laquelle soit la Gloire dans
les siècles des siècles, amen.
+ Syméon
