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dimanche 17 mai 2026

L’aveugle-né


(Jean, 9, 1 à 38)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen.



Aujourd’hui, l’Eglise nous invite à nous abandonner avec confiance à la compassion et à la tendresse infinie de notre Père céleste, et ceci en particulier par la célébration de la Divine Liturgie en communion avec le Christ grand-prêtre, avec l’Esprit de toute consolation promis et les uns avec les autres, dans l’espérance d’acquérir la lumière spirituelle qui est la grâce reçue comme un don par l’aveugle-né, grâce qui donne de venir, de voir et de confesser en Jésus, le Dieu vivant face à face. 

 

Le Seigneur nous dit « tant qu’il fait jour, il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé ; la nuit vient où nul ne peut travailler, tant que Je suis dans le monde, Je suis la lumière du monde », quelles sont donc les œuvres auxquelles le Christ nous encourage à travailler ? 

En vérité, elles peuvent toutes s’unir en une seule réalité, ces œuvres accomplies par le Christ et que nous avons vocation à vivre avec Lui de manière orthodoxe, sont toutes celles qui nous permettent d’adorer le Père en esprit et en vérité, en esprit par l’Esprit Saint et en vérité par le Seigneur, cette adoration est la couronne de sainteté et le fruit spirituel des Béatitudes. 

 

Nous pouvons accueillir tous les miracles accomplis par le Christ comme le signe, y compris celui pour l’aveugle-né, de la nécessité de la conversion du cœur, sans laquelle, nul ne verra le Seigneur, nul ne pourra adorer le Père en esprit et en vérité, nul ne saura prier l’Esprit Saint donateur de vie et de sagesse spirituelle. Nous sommes appelés à suivre dans la lumière Celui qui nous dit « tant que Je suis dans le monde, Je suis la lumière du monde »,alors fuyons cette incrédulité sournoise et hypocrite cachée du vieil homme en nous pour nous détourner de notre Seigneur Jésus et de ses œuvres salutaires. 

 

Quel est donc ce « jour » à partir duquel, il nous est bénéfique et précieux de travailler aux œuvres du Seigneur, n’est-ce pas celui de la Résurrection du Seigneur, celui d’où découlent et ruissellent en nous tous les dons spirituels pour accomplir la volonté divine. N’est-ce pas par la célébration liturgique assidue et par le « Don du Corps et du Sang du Seigneur », que nous recevons la lumière et la mémoire pour pratiquer les œuvres du Seigneur qui nous dit « faites ceci en mémoire de Moi », à savoir vivre toute l’économie divine pour le salut de l’homme. Le jour de la Résurrection est celui du Don de la vie éternelle au cœur de l’histoire, du temps et de l’espace dans notre humanité, il est notre lumière spirituelle pour pratiquer les œuvres divino-humaines au Nom du Seigneur.

 

Quelle est donc cette « nuit » où nul ne peut travailler, c’est-à dire mettre en pratique les œuvres évangéliques, n’est-ce pas celle de l’âme désorientée par le doute de l’incroyance concernant la personne de Jésus et qui provoque une paralysie existentielle qui rend difficile voire même impossible le désir de suivre Celui qui est « le Chemin, la Vérité et la Vie », n’est ce pas là, cette attitude pharisienne répandue au sein de l’humanité, opposée à toute révélation qui pourrait nourrir et abreuver l’esprit de tout homme ou femme de bonne volonté. 

 

L’Ecriture Sainte est un tout indivisible, auquel il ne faut rien ajouter ou enlever, pas même un « iota » sous peine de s’amputer soi-même des énergies incréées contenues dans la parole divine, ceci devrait faire réfléchir tous les « inventeurs de théories hérétiques caricaturales au mépris de la théologie véritable de nos saints Pères », la seule réalité sur laquelle, nous pouvons apprendre à agir avec l’aide de Dieu, car « sans Moi, vous ne pouvez rien faire », c’est de cultiver l’ascèse de « l’unique nécessaire », à l’image de Dieu créateur et qui consiste à « séparer la lumière des ténèbres en nous », car comme dit saint Paul dans 2 Cor. 6,14  « quoi de commun entre la lumière et les ténèbres », combien d’hommes dialoguent avec les ténèbres du monde ? 

Dire que la piscine de Siloé est une préfigure du saint baptême est un enseignement reconnu par nos saints Pères en Dieu, Siloé signifie « envoyé » en hébreu, mais tout comme il ne suffit pas d’être baptisé pour être orthodoxe, il ne suffira pas non plus de confesser du bout des lèvres la divino-humanité de Jésus notre Seigneur pour être sauvé. N’est-IL pas « l’Envoyé du Père », en qui il nous est essentiel d’être plongé tout entier afin d’espérer retrouver non seulement la vue mais notre vocation originelle à devenir par grâce ce que Dieu est par nature. Dans les œuvres religieuses, notre Siloé spirituelle, c’est à dire l’Eglise orthodoxe est l’unique lieu saint et sacré de la vie de l’être orthodoxe, ici et maintenant, elle est la vraie porte royale, par laquelle nous pouvons-nous diriger tout entier vers le Royaume de Dieu. 

 

En parlant de l’aveugle-né, les parents témoignent « qu’il est leur fils né aveugle, mais qu’ils ne savent pas comment il voit maintenant, ni qui lui a ouvert les yeux », la puissance de ce miracle les trouble et dépasse leur entendement, le fils confesse après avoir retrouvé la vue que « si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire », puis poursuit son existence avec sa nouvelle vision de lui-même et du monde qui l’entoure. Ne sommes-nous pas nous-mêmes, un fils ou une fille aveugle spirituellement pour ne pas dire un total infirme spirituel depuis notre naissance, quelqu’un parmi nous serait-il né dans un état de christ parfait, le Psalmiste nous rappelle que  « ma mère m’a conçue sous le joug du péché », alors courrons vers Celui qui seul peut et veut nous sauver, réjouissons-nous de cette grâce inestimable que représente notre Eglise pleine de sagesse, de beauté et de vérité.  

 

Jésus rencontrant l’aveugle-né lui dit « crois-tu au Fils de l’homme » ? Il répondit « et qui est-il Seigneur, pour que je croie en lui » ?  Jésus lui dit « tu le vois, celui qui te parle, c’est lui », alors le « clairvoyant » déclara « je crois Seigneur et il se prosterna devant Lui ». Sans développer ici plus en profondeur ce merveilleux passage de l’homme aveugle-né à celui d’homme spirituel et clairvoyant, ce dialogue montre la progression intérieure qui fait émerger la lumière du sein même des ténèbres, mais soyons sans illusion aucune, sans désir réel de recevoir la vraie lumière ou tout autre don spirituel, les ténèbres du cœur non purifié et sanctifié engendreront d’autres ténèbres. 

 

Croire au Fils de l’homme est le fondement initial nécessaire pour commencer à élaborer la vie orthodoxe, disons avec le Centurion « je crois Seigneur, viens au secours de mon manque de foi », et pour cultiver et féconder en nous notre terre religieuse, il est nous est très bon de venir et de  participer avec assiduité à la vie liturgique de l’Eglise qui nous donne de contempler la vie et les œuvres du Seigneur. Suivons le Seigneur Jésus et selon sa promesse, il nous sera donné « ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, mais que Dieu a réservé à ceux qui l’aiment ».

 

L’amour du Dieu et Homme parfait pour sauver l’humanité tombée sous les coups morbides et mortifères des passions mondaines, se révèle dans l’humilité indicible de son incarnation comme homme parmi les hommes, si saint Paul déclare « s’être fait grec avec les grecs et juifs avec les juifs, pour en sauver quelques uns », notre Seigneur Jésus-Christ s’est fait « homme parmi les hommes pour proposer le salut à tous », le prêtre malgré toutes ses faiblesses essaye à l’image du Christ de se faire « homme fidèle avec les fidèles pour que Dieu nous sauve tous » voici nous dit le saint et charismatique Rabbin Jésus « Je viens à toi Jérusalem, c’est à dire à toi Eglise, assis sur un ânon le petit d’une ânesse », cette promesse est la gloire et la vocation que « l’Eglise nouvel ânon spirituel » porte au cœur de l’humaine condition, alors soyons là pour l’accueillir.  

 

Au Père de la Lumière, au Fils Lumière incarnée et à l’Esprit d’illumination éternelle, soit la gloire dans les siècles de siècles, amen.

 

+ Syméon 

 

samedi 9 mai 2026

La Samaritaine

(Jean : 4, 5 à 42)

Au Nom du PERE, du FILS et du SAINT-ESPRIT, amen.



Aujourd’hui, nous célébrons le dimanche de la Samaritaine, et nous voyons à l’évidence combien le Seigneur aime et bénit la femme comme médiatrice de sa pédagogie providentielle et spirituelle, dont la plénitude d’accomplissement est réalisée par la Théotokos. De même que le Maître divin a fait de pêcheurs Galiléens illettrés des maîtres de sagesse, de même fait-il avec cette femme Samaritaine dont le questionnement lui permet de la faire traverser à partir d’elle et jusqu’en elle, de l’extérieur à la plus profonde intériorité, la voie qui lui donne de pressentir que cet homme fatigué et assis là, au bord du puits est le Saint d’Israël, le Saint Messie espéré qui lui fait toucher à elle, une Samaritaine, par l’expérience immédiate quelque chose de ce que peut être l’adoration du Père en esprit et en vérité.

 

Les disciples arrivent et s’étonnent de ce que Jésus parle à une femme et Samaritaine de surcroît, ils ne comprennent pas et n’osent pas non plus poser de questions, et voici que cette Samaritaine ose poser des questions et espère des réponses, qu’elle obtient, dans la simplicité de sa foi envers la religion de ses Ancêtres. Elle pose les bonnes questions et reçoit les bonnes réponses, une bonne réponse n’est pas celle qui clôt une fois pour toute notre cheminement vers nous-mêmes et vers Dieu, une bonne question maintient le chemin ouvert et vivant, nous dit va avec confiance vers toi-même, et c’est exactement ce dont témoigne la Samaritaine. A l’opposé, la mauvaise réponse est celle qui nous fait croire que nous sommes des êtres déjà spirituels, que nous pouvons nous passer de l’Eglise ou du moins venir quand nous le décidons, que nous pouvons prendre nos petits savoirs partiels et partiaux pour de la théologie, nos péchés pour des vertus, notre auto satisfaction comme le signe de l’Esprit Saint en nous.  

 

Permettez-moi de dire quelque chose du mystère spirituel concernant la création de Eve, qui est bien sûr aussi le mystère qui appartient naturellement à toute femme, dont le fruit magnifique entre tous a été d’engendrer le Dieu vivant dans les entrailles de Marie. Vous savez que Dieu a crée Adam en le modelant à partir de la terre sainte du Paradis et qu’ensuite IL lui a insufflé l’esprit pour que l’homme devienne une âme vivante, mais contemplez maintenant comment Dieu a crée Eve qui signifie Mère des vivants, parce que justement elle n’a pas été tirée et modelée de la terre encore inerte et sans vie comme Adam, mais elle est née directement de la Nature humaine vivante, sans génération charnelle, cette même Nature que recevra notre Sauveur en s’incarnant de Marie, ne pensons pas une fois de plus pouvoir comprendre avec la seule raison un si grand mystère, mais comme la Samaritaine, tenons-nous devant le Seigneur et demandons lui humblement de nous enseigner comment pratiquer le saint Evangile en esprit et en vérité ?

 

Les mystères du Christ sont si profonds dans leur simplicité, ceci signifie que les sages et les intelligents de ce monde que dénonce le Christ lui-même, n’auront jamais, je dis bien jamais accès en esprit et en vérité non seulement à la sagesse créatrice divine, mais pas même aux miettes du festin que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment sans calcul, ceux qui l’aiment comme cette samaritaine dont l’innocence et la confiance sont infiniment supérieures à toutes les spéculations psychologiques ou rationnelles.  

 

Ainsi comme le dit encore notre Seigneur, seuls « ceux qui ont des oreilles pour entendre, des yeux pour contempler, un cœur aimant et silencieux, ceux qui sont disponibles non quand ils le décident mais quand Dieu les appelle », oui, à ceux-là la Divine Trinité révèle l’amour du Père, la grâce du Fils, la communion du Saint Esprit, frémissement indicible de la Présence de Dieu dans l’Eglise et dans le cœur de tout samaritain, cette expérience est l’entrée dans l’intimité divine que beaucoup désirent et que bien peu réalisent. Oui, la bonne question, la vraie question, l’unique question qui doit nous transporter en nous-mêmes et vers Dieu est, comment à l’image de la Samaritaine « puis-je te rencontrer et entendre de toi Seigneur, les paroles de la vie éternelle et surtout les vivre » ?  

 

Voici alors, que cette simple demande, même à minima, même tremblante, peut engendrer en nous un début d’adoration en esprit et en vérité envers le Père, comme nous y encourage le Christ. En esprit, c'est-à-dire spirituellement par la recherche constante de la communion intérieure avec la Divine Trinité en Christ, en vérité, par la plénitude de ce que nous sommes en tant que personne incarnée, c'est-à-dire de tout notre être et par toute notre vie. 

 

La stérilité spirituelle est liée au fait que nous vivons de manière dissociée et fractionnée, parce que nous excluons telle ou telle réalité comme incompatible avec l’idée que nous nous faisons de la vie intérieure, et la Samaritaine nous montre au contraire qu’il ne faut pas exclure mais inclure notre quotidien dans notre recherche de Dieu, pour que Dieu puisse purifier et sanctifier toute notre existence. 

 

Le Christ est la « Voie » mais en quoi est-il responsable de mes errances individuelles qui ne mènent pas à Lui seul, Il est la « Vérité » mais en quoi est-il responsable de mes ignorances qui sont le fruit d’un esprit non purifié par L’Esprit de Dieu, Il est la « Vie » mais en quoi est-il responsable si je me contente de vivoter, c’est pourquoi beaucoup l’ont déclaré coupable de tous leurs malheurs au point de le crucifier, parce qu’ils jugeaient blasphématoire de vouloir élever l’humanité à la même hauteur que Dieu et cela dans la grâce et la beauté. Alors, ils ont préféré le tuer au-dehors et en eux-mêmes, pourvu qu’IL se taise car qui peut supporter une telle parole « vous êtes des dieux », la Samaritaine commence par s’étonner mais finit par s’émerveiller de ressentir ce qu’elle est dans la parole et le regard de cet étrange Prophète, assis là au bord du puits dans l’apparence banale et extérieure d’un homme fatigué. 

 

Le Christ ne lui reproche pas d’être pécheresse parce qu’elle a eu cinq maris et que l’actuel compagnon n’est pas le sien, Il bénit le « désir de vivre, d’aimer et de connaître » qu’il a discerné chez cette femme, désir qui palpite dans les profondeurs de son être véritable, qui parmi nous n’a jamais ressenti au tréfonds de lui-même, la présence de cette source vive qui pétille et qui ne demande qu’à couler en nous pour nous vivifier ? 

 

Ne sommes nous pas dans l’Eglise justement pour découvrir cette réalité en nous ? L’Eglise est au cœur de ce puits où se trouve aussi le Seigneur de Gloire, dont le visage lumineux se reflète dans l’eau pure de notre profondeur, l’Eglise est ce puits hospitalier au bord duquel chacun d’entre nous peut s’asseoir, lorsque fatigué et chargé parfois par l’aventure de notre vie nous ressentons le désir de rencontrer Dieu ou l’autre en Dieu. Voulons-nous connaître, comment et pourquoi Dieu nous invite encore et encore à Son banquet nuptial, IL veut que chacun et chacune d’entre nous, soit comme l’invité unique de Son Royaume en Sa Présence, que cette rencontre se fasse autour du puits spirituel dans l’amour, la beauté et la vérité. 

 

La Divine Liturgie et les Offices de l’Eglise orthodoxe possèdent comme un trésor ces Dons du Père Céleste, que la Divine Trinité offre à toute personne qui les désire librement, encore faut-il « être présent dans l’Eglise », ces saints mystères du Christ nous sont donné pour que nous devenions roi, prêtre et prophète, et que nous passions peu à peu de l’état de serviteur à l’expérience d’ami de Dieu.  

 

Ne pensons pas qu’une telle adoration de Dieu en esprit et en vérité est prévue uniquement pour la vie éternelle à venir, non cette expérience est accessible ici et maintenant, ah bon direz-vous peut-être étonné, avant de vous émerveiller peut-être vous aussi comme la Samaritaine, voulez-vous la preuve indiscutable que cette adoration est réellement co naturelle à l’homme crée à l’Image de Dieu ? Qu’elle est inscrite dans le patrimoine spirituel de l’humanité ? Eh bien, cette expérience est tout simplement le témoignage que nous offre tout homme et toute femme ayant acquis « la sainteté ». 

 

 

 

Pour que cette adoration se réalise, il nous faut non seulement imiter la Samaritaine, mais passer du témoignage de l’autre, des autres, à la rencontre personnelle avec le Christ, cela peut s’acquérir en participant à la célébration de la Divine Liturgie. C’est dans l’Eglise que nous allons peu à peu goûter combien le Seigneur est bon et doux, voir combien Il est beau et que la Grâce est répandue sur ses lèvres, entendre combien Il nous appelle sans cesse par ces paroles « où es-tu mon bien-aimé, où es-tu ma bien-aimée », à nous de répondre « me voici mon Seigneur et mon Dieu avec toi dans notre maison commune, l’Eglise éternelle », pour célébrer ensemble la splendeur vivifiante de tes saints mystères.  

Avec quels mots nous transmettre l’Amour de Dieu, sinon ceux de l’Evangile de vie pour nous témoigner combien chacun et chacune est inestimable et irremplaçable dans le cœur du Père. 

 

Réjouissons-nous, chantons, célébrons et fêtons de tout notre être la Divine Trinité, car qui peut croire un seul instant que Dieu fait autre chose que d’aimer son prochain, ce prochain qui est l’humanité, oui nous sommes le seul prochain que Dieu désire accueillir comme « ami », selon la parole du Seigneur lui-même « Je ne vous appelle plus serviteurs mais amis ».

 

Prions ensemble, bénissons-nous, afin que Dieu nous donne de devenir capable de porter de telles grâces éternelles déjà en ce monde. Prions ensemble dans et pour la sainte Eglise orthodoxe qui est la splendeur des splendeurs déposée par Dieu au milieu de l’humanité, ne nous arrêtons pas aux apparences extérieures ni entre nous ni envers l’Eglise. Mais pénétrons avec une humble audace en nous-mêmes et dans L’Eglise pour y puiser au Nom de Jésus l’eau vive qui régénère et guérit toute infirmité spirituelle, et qu’à l’image de notre saint Christ, nous devenions nous aussi des êtres transfigurés par la lumière éternelle du Thabor spirituel qui est l’Amour de Dieu. 

 

Venir ou non à l’Eglise et une question de vie ou de mort spirituelle, le Seigneur nous dit que celui ou celle qui « désire le Royaume de Dieu doit se faire violence », cela signifie que nous devons lutter contre cette inertie qui nous paralyse et nous empêche d’aller vers l’essentiel qui est notre présence concrète et régulière à la célébration liturgique. Nous devons transformer « notre cœur endurci et notre nuque raide » en cœur ouvert à la volonté divine et notre nuque raide en obéissance à la sainte Eglise du Christ. Depuis 2000 ans, l’Eglise nous invite à venir participer au banquet spirituel avec Notre Seigneur, mais pourquoi résistons-nous à cet appel, parce que la vocation de l’Eglise nous échappe dans sa vraie profondeur, nous ne comprenons pas que nous sommes « l’Eglise avec le Christ » qui nous interpelle et nous dit « allez, debout, partons d’ici », c’est à dire quittez vos vieilles habitudes dictées par l’ignorance engendrée en nous par le vieil homme psychique et charnel et les illusions fumeuses diffusées sans cesse par un monde sans Dieu. 

 

Etre orthodoxe sans l’Eglise est aussi impossible que de vivre sans son corps, alors incarnons en nous la grâce déposée par l’Esprit Saint dans l’Eglise, nourrissons-nous et désaltérons-nous encore et encore de l’essentiel don indispensable pour notre existence orthodoxe, à savoir la célébration de la Divine Liturgie qui répand sur nous les bénédictions divines. Revêtons-nous des vêtements lumineux de la sagesse de l’Eglise qui est le « corps du Christ dont IL est aussi la tête », si notre Seigneur Jésus qui est parfaitement saint n’a jamais cessé de fréquenter la Synagogue, n’est-ce pas pour témoigner combien il nous est  nécessaire de l’imiter et de fréquenter son Corps-Eglise avec assiduité, selon cette parole du Psalmiste « je me suis réjouis lorsqu’on m’a dit, allons à la Maison du Seigneur, dans les parvis de notre Dieu », il nous appartient de cultiver cette ascèse religieuse avec l’Eglise dans un esprit et un cœur de louange à la Divine Trinité. 

 

« Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie compassion de nous pécheurs, qui sommes plus ou moins pris dans les filets mensongers du monde, change notre tiédeur en ferveur et notre inertie en ardeur envers toi par la médiation de notre sainte Eglise orthodoxe ».

 

Au Père qui est la Source et le puits insondable de la Vie, au Fils qui y puise pour nous toutes les grâces éternelles et à l’Esprit qui répand sur nous Ses bénédictions d’eau et de feu spirituelles, soit la Gloire dans les siècles des siècles, amen. + Syméon

 

dimanche 19 avril 2026

Dimanche de Thomas


(Jean, 20 : 19-31)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen.


 

Aujourd’hui, nous célébrons le dimanche de Thomas, la Résurrection du Seigneur a eu lieu, plusieurs ont vu le Ressuscité et en ont témoigné, le Christ apparaît aux disciples présents dans le Cénacle, mais Thomas ne peut ni ne veut y croire sans preuves formelles. Thomas n’était pourtant inférieur en rien aux autres apôtres, mais il veut mettre en œuvre sa liberté personnelle et discerner par lui-même la réalité de cette nouvelle bouleversante : « nous avons vu leSeigneur Ressuscité »

 

Cette attitude de sagesse spirituelle est pour nous un enseignement précieux, elle nous met en face de nous-même par rapport à l’annonce de la Résurrection du Christ, elle révèle notre pensée et notre foi et éprouve notre croyance réelle concernant la Résurrection. Nous désirons comme Thomas, voir entendre et toucher le Seigneur Ressuscité, mais cela exige une initiation à Sa Présence intérieure, puisque le Seigneur nous dit ailleurs que « Dieu est Esprit et demande des adorateurs en esprit et en vérité ». Cette ascèse de vie en Dieu et selon Dieu nous est donnée dans l’Eglise, par la promesse de la descente de « l’Esprit Saint à la Pentecôte », qui va rendre possible la vie orthodoxe et peut faire de chacun d’entre nous, un « christ aimant, saint, humble et sage ». 

 

Cette rencontre avec le Christ, demande d’être en état d’éveil dans le Cénacle, c’est à dire dans l’Eglise, il était naturel pour eux de se tenir en présence du Seigneur, malgré ce fait étrange de le voir traverser les portes fermées et se tenir soudain au milieu d’eux ? N’en est-il pas de même pour nous, ne sommes-nous pas comme des portes fermées, que le Christ traverse avec amour et douceur pour se donner à nous durant la Communion. Pour réaliser spirituellement ce chemin de conversion qui engage chacun tout entier, Dieu permet le doute religieux comme une ascèse pour accéder peu à peu à la Vérité révélée qui est le Christ Ressuscité, afin qu’un jour nous puissions nous aussi nous écrier, comme l’apôtre Thomas : « mon Seigneur et mon Dieu ». 

 

L’Eglise est le lieu spirituel, le Cénacle apostolique où le Seigneur est invisiblement présent dans les saints Dons, elle nous initie à travers les saints mystères du Christ, à fermer les portes de nos sens aux esprits sous ciel, pour les tourner vers l’intérieur de notre être le plus profond. Le Seigneur ne donne t’il pas à plusieurs reprises Sa Paix durant la Divine Liturgie, à travers le prêtre qui proclame « paix à tous », pour que nous puissions ainsi nous préparer à recevoir la bénédiction éternelle ? Imitons Marie, qui déposait dans son cœur les bénédictions divines et préparons-nous sans nous lasser à la venue du Roi de Gloire, car Sa Paix ne concerne pas des individus isolés et solitaires, mais tout le Corps du Christ qui est l’humanité entière, c’est pourquoi dans ce même Evangile le Seigneur ajoute : « c’est pourquoi je vous envoie…vers les nations et les peuples ». 

 

Le Ressuscité qui vient ainsi dans l’Eglise pour y faire Don de Sa Paix, donne aussi le Saint-Esprit qui est la Grâce des grâces aux disciples présents, cette grâce est transmise par exemple, aux prêtres afin qu’ils puissent dans l’Esprit, accomplir l’œuvre spirituelle qui consiste à remettre ou à retenir les péchés pour aller vers la liberté intérieure et entendre et vivre nous aussi cette parole divine : « la Paix soit avec vous ». Ainsi dans l’Eglise, le Seigneur donne le Saint-Esprit afin que nous puissions faire face au mystère de l’iniquité, qui est aussi le plus redoutable pourvoyeur du doute spirituel, celui auquel justement est confronté l’apôtre Thomas et contre lequel, en père aimant il nous met charitablement en garde. Osons exprimer à Dieu nos doutes et nos peurs, osons le prier et demander sa grâce pour notre vie religieuse, afin de pouvoir lui dire avec foi « mon Seigneur et mon Dieu ». Le doute de Thomas permet l’émergence de sa confession et son témoignage que Jésus est bien le Messie annoncé à Israël pour accomplir les prophéties de l’Ancienne Alliance envoyées par Dieu pour le Salut de toute l’humanité. 

 

 

Eglise du Christ, frères et sœurs, qui parmi nous peut imaginer ce que l’apôtre Thomas a dû traverser jusqu’au tréfonds de lui-même, quelle souffrance spirituelle a été la sienne dans ce doute qui est comme le couronnement de tous les doutes exprimés par les disciples à différents moments de leur vie avec le Prophète et Messie Jésus de Nazareth. 

 

Le Seigneur lui-même dit à ses disciples et cela à plusieurs fois : « pourquoi doutez-voushommes de peu de foi », Thomas qui a pourtant vécu dans l’intimité du Christ avec les autres disciples, n’a pu leur accorder sa confiance concernant leur témoignage sur la Résurrection du Seigneur, avant de voir et toucher le Ressuscité. La rencontre avec le Seigneur doit être et personnelle et ecclésiale afin de restaurer l’homme et l’enraciner dans ses origines divino-humaines qui sont le resplendissement de la vie orthodoxe. L’Eglise n’aurait pu s’édifier sans la confession de tous les apôtres présents, la présence de Thomas complète le plérôme apostolique, et souligne la nécessité de la conciliarité en esprit et en vérité des disciples, ce qui permettra à l’Eglise de proclamer en toute confiance à travers le temps et l’espace que : « l’Esprit-Saint et nous avons décidé que… ».

 

Demandons au saint apôtre Thomas de prier avec et pour nous dans le temps parfois redoutable des doutes intérieurs, et continuons envers et contre tout à cheminer ensemble dans l’Eglise vers le Royaume de Dieu. Ne doutons pas que ce temps pascal, nous est particulièrement propice pour rencontrer personnellement et ecclésialement le Seigneur Ressuscité. Le doute comme désir de rechercher et de recevoir la plénitude de la vérité révélée, c’est à dire la connaissance de la Divine Trinité par la médiation du Christ, est une ascèse qui amène le croyant par sa vie avec et dans l’Eglise, à la confession authentique et à l’expérience pratique de l’enseignement des huit saints conciles œcuméniques reconnus par l’Eglise orthodoxe, sans rien en retrancher ni rien y rajouter. 

 

La nécessité de répondre aux interrogations multiples concernant la vie et l’enseignement de l’Eglise naissante, a permis au doute salutaire d’accueillir la grâce de l’Esprit Saint pour illuminer l’intelligence de l’esprit et du cœur de nos Pères saints, pour nous donner en héritage les fruits de la sagesse divino-humaine, dont l’icône véridique est la théologie orthodoxe. 

 

La sagesse à l’œuvre dans l’Eglise est la même que celle par laquelle Dieu à crée l’homme et la création, et c’est notre Seigneur Jésus-Christ qui a incarné cette sagesse créatrice pour la donner comme une dot spirituelle à transmettre à l’humanité à travers la médiation de l’Eglise orthodoxe. Cette sagesse originelle est bien celle dont la Genèse nous dit « la sagesse dansait devant Dieu qui prenait plaisir à contempler ses œuvres », et lors du baptême du Christ, sagesse et verbe créateur, la voix du Père se laisse entendre par cette parole « celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le », nous savons donc de manière certaine que le Christ, Dieu incarné pour le salut de l’homme, est la cause de cette sagesse divino-humaine. 

 

Pour convertir le doute en confession orthodoxe vécue et espérer le don de la Foi telle que transmise par nos saints Pères, le Seigneur nous a promis et donné « l’Esprit de vérité, qui nous conduira dans la plénitude de la vérité, et cette vérité nous rendra libres », cette vérité est la connaissance de la Divine Trinité qui vit et règne dans l’Eglise orthodoxe « selon la grâce de notre seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu notre Père et la communion du Saint-Esprit », seule cette liberté divino-humaine peut engendrer l’homme à l’image et à la ressemblance de Dieu. 

 

Prions le Père Céleste à travers Celui qui dans son humanité a connu le doute douloureux au point de crier : «  mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? », avant de chanter de toute notre âme : « je me couche et je m’endors en paix, car toi seul Seigneur, tu me donnes la sécurité dans ma demeure ».

 

Saint Gabriel de Géorgie nous dit « de celui dont l’Eglise n’est pas la Mère, Dieu ne sera jamais le Père », si donc nous voulons être entendu et recevoir la grâce divino-humaine pour guide de notre vie en Dieu, alors venons célébrer, prier, chanter et vivre dans notre Eglise orthodoxe. 

Saint Jean nous rappelle en chap. 20, 30 à 31 que « Jésus a fait encore beaucoup de signes non écrits dans le saint Evangile, mais ceux qui ont été écrits le sont pour que nous croyons que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant nous ayons la vie en nous ». Cette vie est notre ascèse existentielle orthodoxe au long des jours et des nuits que la divine providence nous accorde et dont le couronnement sera notre résurrection personnelle, les signes non écrits sont ceux que l’Esprit Saint inspire à notre intelligence spirituelle afin de pouvoir suivre le Seigneur qui nous mène vers son Père et notre Père.

 

Nous voici invité à être poète de notre existence, non un poète limité à un imaginaire de belles ou grandes pensées, mais à œuvrer dans notre vie réelle ici et maintenant pour y accomplir les saints commandements évangéliques avec l’aide de Dieu et de l’Eglise. Le croyant tout comme le poète ont vocation à être des contemplatifs de l’œuvre divine que représente la Création, et dont l’Eglise est une icône fidèle qui transmet avec une grande plénitude la vie et l’enseignement spirituel de notre Seigneur ressuscité. 

 

La poésie créatrice et religieuse de l’Ecriture sainte et en particulier des Psaumes, n’est-elle pas la célébration liturgique de la beauté divino-humaine incarnée en Jésus-Christ, « Lui, le plus beau des fils de l’homme né d’une femme, avec la grâce répandue sur ses lèvres », la Résurrection est cette splendeur spirituelle et éternelle et le témoignage même de cette beauté originelle qui s’exprime à Pâques dans l’amour et la vérité, ainsi l’Eglise terrestre et céleste une et unique chante d’un seul Chœur « Christ est Ressuscité, en vérité, IL est Ressuscité ».  

 

Au Père Créateur qui nous espère, au Fils qui nous appelle à ressusciter avec lui et à l’Esprit souffle vivifiant, soit la Gloire dans les siècles des siècles, amen. 

 

+ Syméon

 

 

mercredi 1 avril 2026

LA SEMAINE SAINTE - MEDITATION

 


Cheminements dans la Pâque du Seigneur.
A un fidèle qui lui demandait un conseil spirituel, le Père Cléopas répondit «surtout ne diminues pas la croix », ce qui correspond exactement à la parole du Christ que « celui qui veut me suivre prenne sa croix », c’est-à-dire, que nous diminuons la croix si nous refusons l’existence que Dieu veut ou permet pour chacun d’entre nous, et en la refusant, non seulement nous alourdissons celle de nos frères et sœurs, mais nous rendons en quelque sorte vaine, celle du Christ lui-même, car Dieu dans son amour respecte la liberté humaine, et ne sauve pas l’homme contre sa propre volonté.
L’Église orthodoxe est par vocation l’Eglise de la Résurrection, l’Eglise des ressuscités, on lui reproche parfois de ne pas méditer suffisamment sur le mystère de la Croix, de n’être déjà plus de ce monde, la longue lignée des martyrs du Christ témoigne pourtant avec puissance, que nos saints Pères non seulement ont médité sur ce mystère mais ont été crucifiés par lui et pour lui. La croix dont se signe tout chrétien orthodoxe, contient de nombreux enseignements. Nous proposons la méditation suivante pour pénétrer avec l'aide de Dieu un peu dans son saint mystère. Le Christ sur la Croix est entouré du bon larron à sa droite et du mauvais larron à sa gauche, le Seigneur lui-même nous apprend que les brebis seront à sa droite et les boucs à sa gauche. Le Chrétien orthodoxe se signe de la droite vers la gauche, autrement dit du bon larron vers le mauvais larron, un premier enseignement nous est donné ici, nous ne devons pas prier seulement pour le bon larron en nous signant, mais aller par toute notre prière aussi jusqu'au mauvais larron. Avec le signe de la croix nous sommes déjà dans l'accomplissement du commandement du Christ: « aime ton prochain comme toi-même ».Dans le bon larron, c'est encore et déjà l'Adam-humanité qui prie le Christ : « souviens-toi de moi dans ton Royaume », et dans le mauvais larron, c'est encore et toujours Satan qui insulte Dieu et continue de tenter l'homme jusque sur la croix. Ici se manifeste le mystère de l'iniquité, et nos saints Pères enseignent de prier, même pour les démons, mais seule la Croix du Christ peut donner aux saints une telle puissance de prière. Tant que la « métanoïa » n'est pas parfaitement réalisée en nous, nous restons soumis à toutes sortes de tentations, à commencer par le refus de notre propre croix.
Faire le signe de la croix, revient pour le Chrétien orthodoxe à accomplir cette parole du Notre Père : « que Ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel ». Nous invoquons dans L'Esprit Saint, la descente du Christ dans notre cœur qui est la porte du Royaume de Dieu. En nous signant, nous invoquons la grâce divine sur toute l'humanité, la nature humaine étant consubstantielle à tous les hommes. Les Pères enseignent : « un s'élève tous s'élèvent, un tombe tous tombent » voilà une des raisons pour laquelle le chrétien orthodoxe se signe de la droite vers la gauche, car il a comme vocation en Dieu d'intercéder pour tout homme et tout particulièrement pour le mauvais larron. La Divine Trinité a confié dans l'Amour à l'Eglise Orthodoxe de ne pas s'arrêter au bon larron qui est déjà sauvé, le Christ ne lui dit-il pas: « aujourd'hui même tu seras avec moi dans le Royaume ». Ainsi chaque Orthodoxe est appelé par Dieu lui-même a donné son sang pour son prochain, c'est à dire, la prière d'intercession et de supplication et en particulier pour le « mauvais larron »dont personne ne veut. L'amour du prochain dans "l'Etre Orthodoxe" est donc divino-humain, et jusqu'à la fin des temps, la personne orthodoxe se signera de droite à gauche, afin d'élever le mauvais larron jusqu'au pardon du Père Céleste. Le mystère de la Croix et de son signe représentent les portes saintes par lesquelles, l'humanité désorientée par les fausses sagesses du monde, dont saint Jean nous rappelle: « n'aimez pas le monde et tout ce qu'il contient », le signe de la croix donc, réunit tout en Dieu, par Dieu et pour Dieu…avec l’homme.
L’Église orthodoxe connaît par expérience combien l’ascèse et l’épreuve sont utiles pour convertir le vieil homme à l’homme nouveau, elle sait aussi que ni l’ascèse ni l’épreuve en soi ne suffisent pour sauver l’homme, car, comme le chante le Psalmiste: « en vain te lèves-tu tôt et te couches-tu tard, en vain manges-tu le pain des douleurs, le Seigneur comble son bien-aimé pendant qu’il dort ». Lazare nous dit le saint Evangile, était le frère de Marthe et de Marie, ses sœurs qui selon la Tradition symbolisent aussi la contemplation et l’action, si Lazare était mort au monde, il ne l’était pas à Dieu, Lazare était certainement un homme selon le cœur de Dieu, qui par sa bonne ascèse de vie a plu au Seigneur.
L’Écriture nous dit que Jésus aimait Lazare, et Lazare est l’icône même de ce bien-aimé chanté dans le Psaume 126 (127) précité, endormi dans la mort, mais l’amour est plus fort que la mort nous dit le Cantique des Cantiques, nous savons aussi que tout passera sauf l’Amour. La Semaine Sainte va nous faire expérimenter cette prophétie du Psalmiste, et nous montrer qu’au sein même de la mort, la vie est à l’œuvre, que la Croix n’est pas la fin définitive de l’existence, mais la porte du Ciel. Jésus aimait Lazare, Marthe et Marie. Lazare n’est pas du tout étranger à l’ascèse représentée par l’action et la contemplation, mais la véritable Résurrection de l’homme n’est possible qu’à sa mort totale, non seulement au monde mais surtout à lui-même. L’homme ressuscité est l’homme du monde à venir dont les saints sont les premières icônes et les prémisses transfigurées à l’image de Dieu. Pour autant il ne s’agit pas de mépriser le monde en tant que crée par Dieu, mais de l’évangéliser selon la vocation donnée à chacun par le Seigneur.
Voici que Marie a enfanté Dieu à la vie humaine, et la Croix engendre l’homme à la vie divine. La Croix est l’arbre de vie du Paradis, celle que notre Saint Christ a apportée lui-même de l’Eden dans le monde déchu pour en faire ici-bas l’échelle du retour dans le Royaume de Dieu. Nous vénérons le bois de la Croix du Seigneur, mais la véritable Croix, c’est le « Christ Lui-Même ». C’est lui la Croix vivifiante, et c’est parce que nous sommes faits à l’image de Dieu, que nous aussi, si nous mettons toute notre foi et notre espérance en lui seul, comme nous le dit notre Saint Christ : « nous ferons les mêmes choses que lui, et même de plus grandes ».
Notre Seigneur, en créant l’homme a semé en lui le germe spirituel de la résurrection à venir, et rendu ainsi possible que toute la Création redevienne spirituelle: « que les cieux se réjouissent, que la terre soit dans l’allégresse, que le monde visible et invisible soit en fête, car il est Ressuscité, le Christ notre Dieu, Lui l’éternelle joie ». (Matines de Pâque)
La Semaine Sainte commence avec la résurrection de Lazare, l’ami de Dieu, mais elle présuppose aussi la mort au péché réalisée durant le saint Carême. Cette mort au péché et au monde nous rend semblable à Lazare, c’est-à-dire que nous pouvons-nous aussi espérer entendre le Christ nous appeler à voix forte « sors dehors » du tombeau des passions. Le Seigneur nous dit l’Évangile, ordonne avec une voix forte à Lazare de sortir du tombeau. En vérité, Lazare, mort et enterré depuis quatre jours déjà, entendait-il mieux parce que Jésus parlait fort? Où bien cette voix puissante s’adressait-elle aussi à quelqu’un d’autre? « tout pouvoir m’a été donné au ciel, sur terre et en enfer », dit le Seigneur, c’est pourquoi cette voix forte s’adresse aussi à Adam pour le fortifier et lui prophétiser que son Seigneur arrive pour sa libération des chaînes de l’enfer, et Satan lui-même entendra cette voix mais n’en aura pas l’intelligence, et là où il croira rencontrer un homme, il verra le « Dieu vivant.
Lazare est chacun de nous et le dimanche des Rameaux est la fête où chacun est appelé à répondre à l’appel de Dieu pour monter à Jérusalem, y vivre sa propre résurrection selon sa foi et son espérance, avec l’aide du Saint-Esprit. Pourquoi le Christ pleure t-il son ami Lazare? Est-ce bien sur Lazare seul qu’il pleure? L’Église orthodoxe souligne que l’Écriture sainte est un tout indissociable. Par exemple, il y a une relation qui existe entre la Création décrite au début de la Genèse et la Semaine Sainte. La mort est introduite dans l’existence à la suite du péché d’Adam, Adam bien que sollicité par Dieu à se repentir ne sait que rejeter la faute sur Ève, là ou Dieu attendait les larmes du repentir qui auraient effacées le péché. C’est pourquoi notre Christ saint et humble de cœur, offre au Père Céleste les larmes à la place d’Adam et pour Adam, c’est-à-dire, pour toute l’humanité.
Ainsi le « Christ pleure », larmes très saintes et douloureuses qui résonnent avec celles de Rachel qui ne se console pas du massacre des Innocents dans Jérusalem, avec celles de Job le saint et juste, avec nos propres larmes lorsque nous voyons l’œuvre maudite du péché dans notre vie. Le Seigneur voit la vie pétrifiée, inanimée, retourner à l’état chaotique, et qui fait écho à la terre adamique de laquelle Adam fut tiré et formé. Adam vivant laisse pénétrer en lui la mort. Lazare mort laisse pénétrer en lui le Verbe créateur, qui parmi nous, connaît comment Lazare mort, déjà en état de décomposition avancée, a pu entendre la voix du Christ? De même que saint Jean-Baptiste a vocation d’être le précurseur de la venue du Messie dans le monde, de même Lazare devient un signe précurseur du retour de l’homme dans le Royaume de Dieu, par la Pâque du Seigneur. La résurrection de Lazare est la prémisse de la résurrection de l’Adam-humanité, prémisse parfaitement réalisée par Celui qui sur la Croix a dit à voix forte « tout est accompli ».
DIMANCHE DES RAMEAUX.
« Voici que ton Roi vient à toi, humble et monté sur un ânon, le petit d’une ânesse ». La véritable royauté est la sainte humilité du Christ, qui de tout-puissant qu’il est dans l’éternité, se rend semblable à la créature humiliée et écrasée par le péché. Jérusalem est l’icône du Royaume à venir, et Jésus nous invite à le suivre pour renouer le dialogue avec le Père Céleste en acceptant de passer par la Croix, par la Pâque du Seigneur dans la foi, l’espérance et le vrai repentir du cœur. Celui qui a des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, voit dans la Passion du Christ la gloire du Christ, il vit sa propre passion et sa propre gloire, il entend dans l’hosanna du peuple qui acclame et suit Jésus, les chants d’allégresse spirituelle des saints anges et des saints dans le Royaume de Dieu, car en Christ tout est récapitulé et réconcilié, cet homme-là peut vraiment expérimenter le Mystère de Pâque, et entrer avec Marie dans le silence contemplatif du cœur.
Le Dimanche des Rameaux, inaugure le cheminement ascétique proposé à chaque chrétien orthodoxe pour se préparer à vivre avec le Christ sa propre pâque, sa résurrection et sa vie dans l’intimité de la Divine Trinité. Cette liturgie du salut présidée par le Christ lui-même est, ce que l’Eglise orthodoxe appelle « l’ascèse de l’amour », seule indispensable pour entrer dans la « métanoïa pascale » qui fait passer de la mort au monde et aux modes, à la Résurrection pour la vie éternelle.
Comment Lazare a t -il vécu après sa résurrection, au milieu de cette foule normale selon les critères religieux et sociaux de l’époque du Christ, cette même foule qui bientôt allait insulter, frapper, cracher sur le Christ, pour finalement le crucifier. Comment nous-mêmes sommes-nous après notre Semaine Sainte?
Ne craignez pas, dit le Seigneur, car J’ai vaincu le monde, ne soyons pas étonné si le monde ne nous comprend pas. Le monde ne peut pénétrer dans le mystère de la Résurrection, ce n’est pas le regard du monde sur nous qui doit changer, c’est nous qui devons regarder le monde avec l’Esprit du Seigneur, Lui seul, peut nous libérer de l’aliénation de ce monde. Dans (Mat. 21, 10-11), quand Jésus entra dans Jérusalem, toute la ville fût en émoi: « qui est-ce ? », disait-on; et les foules répondaient: « c’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée ». La foule anonyme ne peut confesser la divinité du Christ, seule la foi de ceux dont le Christ dit « bienheureux ceux qui auront cru sans voir », peuvent le reconnaître intérieurement en esprit et en vérité. Sommes-nous comme la foule, sommes-nous comme les Grecs qui s’adressent à Philippe pour voir Jésus, qui suis-je moi qui accompagne Jésus durant la Semaine Sainte? Le Chrétien ne peut suivre le Christ durant la Semaine Sainte que de manière personnelle, même s’il est aussi en communion de foi et d’espérance avec ses frères, dans l’attente de la Résurrection.
LUNDI SAINT, MARDI SAINT, MERCREDI SAINT, mettent en relief le sens eschatologique de Pâque, c’est-à-dire, qu’il est impossible de retourner après la Semaine Sainte à l’existence quotidienne, comme si la vie éternelle ne s’était pas incarnée dans notre monde. Pâque accomplie toute l’œuvre salvifique du Christ, Pâque nous rappelle que si nous vivons dans le monde, nous ne sommes pas du monde, que notre véritable Patrie est le Royaume de Dieu. Ces trois jours appartiennent encore à l’aspect pénitentiel du grand Carême, à la vigilance et à la prière dans l’attente et l’espérance de la résurrection du Christ.
LUNDI SAINT: (Matthieu 21, 33-43)
Dans cette parabole évangélique, le Vigneron est le Père Céleste et ceux à qui Il a confié sa vigne, ce sont les prêtres qui devaient préparer l’humanité à accueillir le Messie ; cette vigne sainte était Israël, et le lieu où devait être enseigné comment cultiver la vigne était la Synagogue. Israël, c’est aussi chacun d’entre nous, ne savez-vous pas que vous êtes le Temple du Saint-Esprit ? Cette vigne que nous devons faire fructifier et offrir au temps voulu par Dieu, au nom du Christ dans L’Esprit Saint, c’est nous-même, les raisins étant les talents reçus de Dieu, pour réaliser notre Pâque en Christ.
Mais au lieu de cultiver notre vigne, nous sommes envahis par les ronces et les mauvaises herbes, par toutes nos pensées psychiques et charnelles qui se dressent non seulement contre nous mais aussi contre le Christ, et veulent nous empêcher de suivre Le Sauveur, non seulement à Jérusalem, mais réduire à néant notre désir du Royaume de Dieu.
Soyons donc vigilants et accueillons les Serviteurs que Dieu ne cesse de nous envoyer pour reconnaître notre Seigneur et pour vivre dans la voie que Dieu veut pour chacun d’entre nous.
Nous sommes cohéritiers du Royaume de Dieu et de toutes ses richesses avec le Christ, c’est pourquoi nous aussi sommes menacés par les mauvais serviteurs en nous, à savoir nos pensées et nos actions psychiques et charnelles opposées à la volonté divine.
Dieu nous a envoyé les Patriarches, les Prophètes, les Apôtres, les Saints Pères, et finalement le Fils Unique. Aujourd'hui, Dieu nous donne la Sainte Eglise dans laquelle il a mis toutes ses grâces, elle est la vigne du Seigneur, les offices liturgiques, les lectures des prophètes, les prières, les chants, tout dans l’Église nous est donné pour traverser la Pâque. Bénissons la longanimité et la patience de notre Père Céleste, malgré l’interpellation du Seigneur qui nous dit: « jusque à quand dois-je encore vous supporter ?».
MARDI SAINT: (Matthieu 25, 1-13)
La parabole des vierges sages et des vierges folles, nous invite après avoir cultivé comme il se doit notre vigne pour le Seigneur, à être dans la vigilance intérieure, dans la certitude que l’Époux va venir, qu’en vérité, il n’a jamais été aussi proche.
Cette vigne est aussi le symbole de la chambre nuptiale, d’ailleurs c’est pourquoi nous célébrons le merveilleux office du « Fiancé » durant les trois premiers jours de la Semaine Sainte. La virginité en soi et pour soi, n’a aucune valeur spirituelle. Dans le monde une multitude de gens sont vierges par une nécessité imposée de l’extérieur. La virginité des vierges folles, fait écho au figuier stérile, au talent enterré, ces vierges folles sont stériles selon la chair et selon l’esprit ; c’est comme si elles n’existaient pas, comme si elles n’avaient pas la vie en elles, et peut -il exister une douleur plus grande en ce monde que de s’entendre dire par le Seigneur lui-même : « Je ne vous ai jamais connu », non pas, Je ne vous connais pas, mais Je ne vous ai « jamais » connu ; que Dieu nous garde à jamais d’une telle parole. L’Œuvre demandée ici au disciple du Christ est de réaliser la parole de l’Écriture, « Veillez et priez ». Le fruit de la vigne est le désir de Dieu seul en tout et en tous, le fruit de la parabole des vierges est la prière qui espère l’Époux de tout son être, qui accomplit le plus grand et le premier parmi les Commandements donnés par le Christ: « tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit, de toutes tes forces », et le deuxième qui lui est semblable « et ton prochain comme toi-même ».
MERCREDI SAINT : (Matthieu 26, 6-16)
Après l’attente de l’héritier, de l’époux, voici que Dieu en Christ se fait proche au point de se laisser toucher, voici que le Christ reçoit comme une onction de la main d’une femme, et tous les disciples s’indignèrent et se préoccupèrent des pauvres comme si ceux-là allaient s’échapper. De quoi nous indignons-nous en ce mercredi saint, est-ce là le plus urgent, pourquoi s’il faut vraiment s’indigner, ne le faisons-nous pas de nous-mêmes? Le Christ nous invite ici non à nous indigner sur ce que fait l’autre, mais sur ce qui nous rend indigne de participer pleinement à la Semaine Sainte. Le Seigneur plein de grâce et de vérité, Homme et Dieu parfait, après avoir en Lazare parlé à Adam et en celui-ci à toute l’humanité, se tourne vers Ève non à travers les vierges sages ou folles, car la sagesse sans véritable métanoïa du cœur, n’est que folie et fait que même « les prostituées vous précèderons dans le Royaume de Dieu », Lui, le Saint, en se laissant toucher et oindre par une femme, bénit toutes les femmes.
JEUDI SAINT : (Luc 22, 7-36)
Le grand thème ici, est celui de la fidélité au Seigneur quoiqu’il puisse nous arriver dans les épreuves que Dieu permet pour notre résurrection à la vie éternelle dans le Royaume de Dieu. Cette promesse faite par le Christ aux Apôtres, nous la vivons déjà dans ce monde, l’icône parfaite de ce festin céleste est évidemment : L’Eucharistie.
Avons-nous conscience de cette immense grâce? Avons-nous conscience de ce que représente en vérité la Communion Eucharistique? La Sainte Église Orthodoxe est le lieu béni par Dieu dans lequel, nous pouvons commencer à expérimenter, ce que signifie vivre en présence de Dieu, au milieu de la Cour céleste là où, vivent déjà Marie la reine du Ciel, les Saints et les Saints Anges. Deux grandes expériences traversent ici l’âme des fidèles qui contemplent la Passion du Seigneur : la Sainte CENE et son opposé absolu la trahison de Judas. La Sainte Cène se résume à Dieu est AMOUR. La Divine Liturgie est imprégnée de lumière et de ténèbres, de joie et de douleur. Dieu se donne tout entier à Judas, et qui peut imaginer l’état dans lequel se trouve Judas à ce moment-là ? Adam s’est détourné de Dieu, Judas le trahit et le vend. Certains disciples vont le renier, l’humanité entière est ébranlée, la création est frappée de stupeur, le monde angélique frémit et ne comprends pas ce qui se prépare, et chacun d’entre nous traverse comme il peut, cette grande et terrible épreuve. Marie est là, elle suit son Fils et son Seigneur, elle veille auprès de lui. Demandons humblement son aide, prions-là de nous fortifier, afin de demeurer nous aussi avec le Seigneur durant la Pâque du Christ mais aussi de la nôtre.
VENDREDI SAINT : (Marc 15-39)
Mon Dieu! Mon Dieu! Pourquoi m’as-tu abandonné? Jésus cria d’une voix forte à Lazare de sortir du tombeau. Là il crie d’une voix forte vers son Père, ce cri est celui de toute l’humanité passée, présente et à venir. Ce cri est celui de la détresse absolue de tous les hommes. Les Saints connaissent dans leur cœur, cette souffrance de l’âme humaine défigurée par le péché, mais encore de manière relative. Le Christ, LUI, connaît de manière absolue les œuvres de l’Ennemi de Dieu et du genre humain, son cri est à la hauteur du désespoir
inconscient de l’humanité. Ce cri du Christ continue de traverser l’histoire de l’humanité, et ne cessera qu’à la fin des Temps, à la porte du Royaume de Dieu, dans lequel nous disent les saints Pères, le silence qui n’est pas de ce monde, sera le langage de l’éternelle louange à la Divine Trinité.
Le Seigneur ne crie pas vers le Père pour lui-même, mais pour l’homme son bien-aimé, car comme Marie gardait et méditait toutes ces choses dans son cœur, la Divine Trinité garde l’homme dans son cœur. Le Christ aurait aussi pu crier, ô homme pourquoi m’as-tu abandonné, pourquoi t’es-tu abandonné toi-même, tant l’œuvre de Dieu semble anéantie, au moment de la Crucifixion? Le vendredi saint dans ses plus profondes ténèbres, prépare l'avènement non seulement du Ressuscité, mais à travers Lui, réalise cette autre parole qui concerne directement chacun d'entre nous « il y a au milieu de vous quelqu'un que vous ne connaissez pas », c'est-à-dire l'homme intérieur caché avec le Christ en Dieu, l'homme spirituel qui est en chacun d'entre nous, comme emmuré dans nos enfers existentiels. Cet homme intérieur qui passe lui aussi par la croix, la sépulture et la résurrection, cet homme-là connaît son Seigneur et son Seigneur le connaît, œuvre liturgique, ineffable et indicible, qui unit Dieu et sa créature aimée.
SAMEDI SAINT
Le Saint Shabbat qui suit la mise au tombeau du Christ, contient dans le silence de Dieu, l’annonce proche de la Bonne Nouvelle de la Résurrection du Seigneur. Certes Marie et les proches de Jésus se lamentent encore, mais le JOUR lumineux apparaît et rempli de Paix le croyant orthodoxe. La nuit sainte de la Résurrection, nous fait passer du tombeau à la chambre nuptiale, la Divine Liturgie témoigne par toute sa splendeur du Royaume de Dieu. Dans le Ressuscité se réalise la Promesse de Dieu : « Je ne t’abandonnerai jamais », et la belle prophétie de saint Syméon le nouveau théologien que « l’homme renouvelé, redevienne spirituel, incorruptible et éternel, et que toutes les créatures se renouvellent avec lui et, comme lui, deviennent incorruptibles et spirituelles».
L’Église orthodoxe témoigne que par la Résurrection, la mort et le néant même, peuvent servir le plan de Dieu qui en a fait des serviteurs de l’Économie divine et des médiateurs de la vie et de la lumière, à condition de les configurer à la Croix du Christ. Ainsi, la lumière de Pâque est celle de la Parousie, c’est pour l’Eglise Orthodoxe le « Jour du Seigneur », unique et très saint, la Fête des Fêtes, les prophéties sont réalisées, la « Nouvelle Jérusalem » est là spirituellement.
La Divine Liturgie qui suit la Résurrection est vraiment communion au Banquet Eschatologique. Les portes de l’iconostase sont ouvertes, l’Église est remplie de lumière, les Fidèles communient avec le Ressuscité, et ne se lassent pas, de se saluer par un saint baiser, en se disant « Christ est Ressuscité », et en se répondant « En vérité, il est vraiment Ressuscité ».
Que Dieu nous accorde de Ressusciter dans le Seigneur au temps fixé par Sa Divine Providence pour chacun et chacune d’entre nous, et que nous puissions proclamer avec saint Séraphim de Sarov : « Christ est Ressuscité, ma joie ».
Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, maintenant, toujours et dans les siècles des siècles, amen.
+ Syméon

samedi 28 mars 2026

Sainte Marie L’Egyptienne


(Luc 7, 36 à 50)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, amen.




Aujourd’hui, l’Eglise nous invite à suivre le Christ chez Simon le Pharisien, pour y découvrir à travers la femme pécheresse, que la grâce divine ne fait pas la discrimination des personnes, là où les hommes inféodés à la dureté de la Loi religieuse sont prompts à juger, lui notre Seigneur ne juge pas, mais élève la personne et le pardon au-dessus du péché. La trame de ce passage évangélique est fondée sur la manière de regarder, d’écouter et de parler ou non avec l’autre. Ce récit nous met en relation directe avec le regard et la parole de Dieu notre Créateur dans le livre de la Genèse où nous lisons : « Dieu vit et dit que cela était bon » en parlant de la création et « Dieu vit et dit que cela était très bon »en parlant de la création de l’homme. 

 

Simon le Pharisien fin connaisseur de la Thora, enferme cette femme dans ses actes contraires à la morale religieuse de son temps, il ne voit pas en elle une personne et donc ne lui adresse aucune parole. Mais pour comprendre l’attitude de Simon, et éviter nous-mêmes de le juger, nous devons nous souvenir que la Loi est accueillie par Israël comme l’expression absolue de la volonté divine, elle est vécue comme « parole et alliance qui vient de Dieu et mène à Lui, elle est sa voix et la voie ». Mais le Seigneur éclaire le sens de la Loi en soulignant « qu’il n’est pas venu abolir la Loi mais l’accomplir », il déclare donc la Loi bonne mais inachevée, elle dit la vérité divine mais elle doit aussi donner l’amour divin, l’œuvre du Messie par l’incarnation est de réaliser « l’union de la vérité et de l’amour ». Simon le Pharisien n’invite pas le Rabbin Jésus parce qu’il l’aime, mais parce qu’il a entendu parler de lui et que cela a suscité chez lui une sorte de stupeur mentale devant les œuvres accomplies par ce Rabbin au milieu d’Israël.

 

Et nous les enfants de l’Eglise orthodoxe, invités non par des hommes fussent-ils des religieux, mais par Dieu lui-même, pourquoi n’imiterions-nous pas avec simplicité et confiance cette femme pécheresse, en déposant aux pieds du Seigneur, notre demande de pardon pour nos péchés ? A chaque fois que nous osons juger un homme ou une femme, nous devenons des pharisiens durs de cœur et sans esprit, nous rendant indignes de communier à la table spirituelle qui nous propose de goûter combien le « Seigneur est bon et doux ». 

 

Ainsi Simon le Pharisien juge t-il cette pécheresse comme perdue et indigne de pardon, car pour lui, la Loi mosaïque est au-dessus de tout et de tous, elle est pour lui la sagesse spirituelle absolue, à laquelle ce Rabbin Jésus devrait lui aussi se plier, c’est pourquoi prisonnier de la Loi, il est sans compassion envers la femme pécheresse et sans justesse envers Jésus et ose se dire en lui-même « si cet homme était un prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche ». Là où la femme pécheresse reconnaît Jésus comme un Prophète de Dieu, Simon lui doute de Jésus, et le rabaisse au niveau d’un individu sans discernement. Malheur donc à nous, si sous prétexte que nous sommes « orthodoxes », nous jugeons le monde comme corrompu, en nous autorisant à mépriser les autres, sur la seule foi de notre ressenti non purifié par l’amour et la vérité divines. L’Ecriture sainte nous invite au contraire à imiter cette femme, et à venir nous prosterner aux pieds du Christ, pour y verser les larmes d’un repentir sincère. 

 

Que nos prières liturgiques et personnelles soient comme une huile parfumée et sainte répandue sur la tête du Christ, que notre attitude entière soit une louange à la Divine Trinité, que notre présence dans l’Eglise soit une icône fidèle et un témoignage véridique de notre désir d’aimer le Seigneur. Si avec la grâce divine nous essayons vraiment avec modestie d’imiter cette femme, en nous prosternant aux pieds du Christ de manière orthodoxe, c’est à dire, avec la dignité que nous devons à notre Seigneur, alors nous aussi, nous entendrons le Seigneur nous dire « tes péchés te sont remis, ta foi t’a sauvée, va en paix ». 

 

Ni l’Eglise ni le croyant ne doivent se laisser impressionner par les illusions du monde déchu ou par les minuscules pouvoirs des soit disant « maîtres du monde », que ceux-ci soient des religieux ou des non religieux. Si le Christ libère cette femme, est-ce pour qu’elle se retrouve aliénée, sous de nouveaux commandements élaborés par telle ou telle communauté religieuse. 

 

Notre sainte Eglise orthodoxe a reçu en plénitude le trésor inaliénable de la sagesse divine, afin que tout homme et toute femme de bonne volonté puisse se libérer de l’esclavage du péché, et se restaurer à nouveau dans la beauté et la vérité divines. Avez-vous remarqué que ni Simon ni le Christ n’invite cette femme à la table pour partager le repas ? Le Seigneur accomplit ce que lui-même enseigne dans le saint Evangile, lorsqu’IL appelle à « ne scandaliser personne ». C’est pourquoi pour ne pas scandaliser cette femme qui vient vers lui, il la laisse exprimer son amour et son désir de conversion en se laissant « toucher » par elle, selon le reproche de Simon le Pharisien. Mais le Seigneur discerne aussi « l’état spirituel de Simon » et il sait que celui-ci n’aurait pu supporter que cette femme soit invitée pour partager le repas avec eux, ainsi le Seigneur ne s’impose ni à l’un ni à l’autre.

 

Cette parabole fait écho à cette autre rencontre du Seigneur avec une femme adultère, ici, Simon le Pharisien toise et juge durement cette femme, là où le Christ baisse les yeux devant la femme adultère et écrit avec son doigt dans le sable, ce que faisant, le Seigneur rappelle à tous ceux qui étaient présents et prêts à lapider la femme, qu’ils « sont tous tirés de la terre et qu’ils retourneront à la terre ». Qui sommes-nous donc pour asséner un jugement à partir d’un simple ressenti, « poussière et cendre », éphémère au sein d’un univers qui survit à des nuées d’êtres humains, prions notre Seigneur de nous accorder la grâce d’unir en nous la vérité avec l‘amour, pour la seule gloire de Dieu, notre Père et Créateur.

 

Voici donc que cette femme pécheresse a reçu le pardon divin parce que comme le dit notre  Seigneur « elle a beaucoup aimé », alors que Simon malgré son respect obsessionnel de la Loi, reste prisonnier de la lettre qui étouffe son esprit, l’enferme et l’empêche en vérité de connaitre le retournement intérieur et d’engendrer des fruits pour la vie éternelle. Le Christ ne juge ni Simon ni la pécheresse, il donne à l’un et à l’autre la possibilité d’accéder à la grâce qui peut ouvrir leur être à la vie en Dieu, dans l’Eglise et dans le monde. Le charismatique, saint et divin Rabbin Jésus ne bénit ni le péché de la femme ni le jugement de Simon, mais les invite à le suivre en Dieu pour aller vers leur seule véritable vocation qui est spirituelle et divino-humaine.

 

Dieu ne bénit jamais le péché mais il accueille toujours le pécheur ou la pécheresse selon cette parole que le prêtre dit après la confession au moment de l’absolution « Dieu ne veut pas la mort du pécheur ou de la pécheresse, mais qu’ils se convertissent et qu’il vivent ». C’est pourquoi, nous croyons avec une pleine confiance que « Dieu aimera toujours infiniment plus le plus grand des pécheurs, que le plus grand des saints ne pourra aimer Dieu », méditons cette parole de profonde consolation.

 

Au Père donateur du Festin divin, au Fils notre nourriture éternelle, à l’Esprit Saint qui nous 

guide vers la table divino-humaine, soit la gloire dans les siècles des siècles, amen.  

 

+Syméon 

 

 

 

lundi 23 mars 2026

Dimanche de saint Jean Climaque.

   

(Marc - 9, 17 à 31).

Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, amen

 

 

  

Aujourd’hui, notre sainte Eglise orthodoxe nous invite à contempler notre Seigneur comme le Médecin de notre âme et de notre corps, et cette thérapie divino-humaine prend source dans notre foi envers la Divine Trinité. Nous savons tous que le lieu providentiel dans lequel se manifeste avec grande puissance l’œuvre divine du salut de l’humaine condition est l’Eglise, dont chacun d’entre nous est une pierre vivante pour accueillir Dieu et notre frère. Nos saints Pères témoignent tous sans exception du mystère que représente « l’Eglise qui est au cœur du monde, de l’homme qui est au cœur de l’Eglise, et de la Divine Trinité qui est au cœur de l’homme ».

 

L’Ecriture dit : un homme s’approcha de Jésus et lui dit : « Maître, je t’ai amené mon fils possédé par un esprit sourd et muet », que signifie pour chacun d’entre nous cette expérience existentielle ? Il nous est dit «  un homme » sans autre précision, ceci veux dire que tout homme peut se tourner librement vers Jésus pour implorer son aide, non seulement pour lui-même mais surtout pour son prochain, mais pour que tout homme puisse se tourner vers Jésus, nous Chrétiens orthodoxes, nous devons être des témoins vivants et vivifiants de l’Evangile du Seigneur.

 

Nous savons que l’œuvre maudite de Satan qui est le père du mensonge et nulle œuvre n’est pire que le mensonge qui entraine avec lui des multitudes de souffrances tant personnelles que dans la vie de l’Eglise, oui le mensonge est banni par Dieu et ceux qui s’y prêtent s‘amassent des charbons ardents sur leur tête et sur celle de leurs proches. Que cherche donc ici à faire Satan qui est un dictateur impitoyable et un destructeur acharné de l’humanité, « il veut établir une dictature faussement spirituelle qui est la plus redoutable des hérésies », parce qu’elle a pour but de déposséder l’homme de lui-même, de le rendre comme le souligne l’Evangile de ce jour, « sourd et muet envers Dieu son Père et Créateur ».  Ne sommes-nous pas les disciples du Verbe créateur, notre vocation s’enracine dans la parole créatrice partagée et vécue dans l’Eglise pour la vie du monde, notre témoignage est véridique si à « l’image du Seigneur, notre existence réelle est une célébration liturgique nourrie par la sève évangélique ».

 

La sève évangélique, est la « foi sans laquelle aucune vie religieuse et encore moins spirituelle n’est possible », il ne s’agit pas de la foi pour soulever les montagnes extérieures, mais de la foi qui peut nous élever et nous transporter à la rencontre de Dieu, du prochain et de l’Eglise. La foi nous est indispensable lorsque nous sommes attaqués par les « brûlures de la dépression spirituelle », c’est à dire cet état psychique destructeur qui nous fait penser « à quoi bon aller à l’Eglise ». La foi est notre lumière, lorsque nous sommes envahis par les pensées psychiques qui enténèbrent notre esprit et parasitent notre discernement, la foi est notre énergie spirituelle lorsque les forces physiques nous manquent ou lorsque nous sommes éprouvés dans notre chair. Notre croyance aussi faible et fragile qu’elle soit, peut devenir une foi source de vie qui nous engendre à notre véritable vocation orthodoxe, si nous cultivons la simplicité de venir vers Celui qui nous a dit : « Venez et voyez ».

 

Nous savons que chaque célébration de la Divine Liturgie présidée invisiblement par le « Christ, Grand-Prêtre éternel selon l’ordre de Melchisédek », est une blessure mortelle pour Satan et sa clique démoniaque. C’est pourquoi notre responsabilité, doit être notre enracinement fidèle dans la vie de l’Eglise, qui nous transmet la vie divino-humaine. Nous y recevons la grâce inestimable qui est la communion au « Corps et au Sang du Seigneur », ne laissons pas Satan nous dépouiller de ces richesses spirituelles en écoutant le vieil homme, nous distiller son venin psychique et charnel avec son hypocrisie habituelle.

 

 

 

Ainsi, tout comme pour cet enfant, « l’esprit immonde » ne cesse de tenter chacun d’entre nous, d’essayer de jeter les croyants dans le feu de la haine envers Dieu et le frère, de nous noyer et submerger dans l’eau morbide des pensées psychiques, fausse sagesse mondaine qui n’est rien devant Dieu. Oui, l’esprit de tout malheur persévère avec acharnement à essayer de détruire la foi des croyants, mais nous sommes les enfants lumineux de l’Eglise nous dit saint Paul, et c’est par la « Lumière du Christ et par la puissance des saints mystères et sacrements de l’Eglise », que nous devons œuvrer à la construction de notre vie et de notre être en Dieu.

 

« La foi est la sagesse orthodoxe donnée par le Seigneur à ceux qui croient librement en Lui », à la foi doit s’associer le jeûne et la prière, jeûne de l’esprit et prière de l’âme, qui nous feront expérimenter l’ascèse bénie qui est la célébration de la Divine Liturgie au nom du Seigneur. Nous pouvons entrer comme cet enfant dans l’Eglise dans un état chaotique et être désorienté, être plus mort que vif, peu importe, l’essentiel est d’être là où le Père céleste nous espère. L’Eglise où nous sommes les très bienvenus, nous accueille par le Fils et L’Esprit, pour nous convertir à la vraie vie selon Dieu. Sans ce désir de nous conformer au Christ, notre présence dans l’Eglise ne porte aucun fruit digne de la noblesse divino-humaine de la personne. Si nous avons choisi le « Seigneur comme notre Maitre absolu et unique », alors tous ses trésors spirituels deviennent pour nous des puissances de vie, et nous pourrons espérer trouver par Lui la guérison de notre être entier.

 

Si l’esprit impur, sourd et muet jette l’enfant dans le feu extérieur qui brûle et détruit, le Christ nous propose le feu divin qui purifie et qui donne la vie, et ce feu c’est « l’amour de la Divine Trinité pour l’homme son bien-aimé ». Si l’esprit impur cherche à se faire adorer par les hommes en leur demandant de se prosterner devant lui, le Christ « doux et humble de cœur » propose de servir l’homme et de l’élever jusqu’au Royaume de Dieu.

 

« Je ne suis pas venu pour être servi mais pour servir » dit le Christ, le service de Dieu est une immense miséricorde, le service dans l’Eglise est une grâce à jamais imméritée, connaissons-nous un seul saint qui se soit déclaré digne d’être élevé à telle ou telle fonction dans l’Eglise ? Les saints dans leur vie en ce monde méditaient sans cesse l’Evangile de toute grâce, ils savaient que le Christ a dit : « Lorsque tu auras fait ce que tu avais à faire, retire-toi et dit en toi-même, j’ai fait ce qui m’a été demandé, je ne suis qu’un serviteur inutile », ne sommes-nous pas débiteurs à vie non seulement envers Dieu mais aussi envers sa sainte Eglise ?

 

Au nom du Christ, « bénissons-nous les uns les autres, prions les uns avec les autres, prions les uns pour les autres », soyons les uns envers les autres selon cette parole du Seigneur « à cela, vous serez reconnus comme mes disciples, si vous vous aimez les uns les autres, comme je vous ai aimé ». Si nous donnons la priorité au monde qui passe, plutôt qu’à notre « Dieu et à l’Eglise-Corps et Tête du Christ », nous réitèrerons l’esprit de la chute originelle de nos ancêtres Adam et Eve.

 

La foi est unie à l’humilité et cette union engendre les œuvres d’amour envers Dieu, le frère et  l’Eglise, car comme dit saint Paul : « Qu’avons-nous de bien que nous n’ayons reçu, et si nous l’avons reçu, pourquoi faire comme si nous ne l’avions pas reçu comme un don », voici la pauvreté bénie par laquelle, nous confessons que nous recevons les biens véritables de Dieu seul. L’Eglise est le mystère de la rencontre entre Dieu et chaque personne qui le désire, le langage utilisé dans cette communion divino-humaine est celui de la « Divine Liturgie », et qui parmi nous voudrait renoncer, à cette nourriture spirituelle qui lui donne le corps, l’âme et l’esprit de la vie orthodoxe.

 

Le père de l’enfant possédé dit au Seigneur : « J’ai demandé à tes disciples de l’expulser, mais ils n’en ont pas eu le pouvoir » et le Seigneur de répondre : « Engeance incrédule, jusques à quand, serai-je parmi vous ? Jusques à quand devrai-je vous supporter ? Amenez-le moi » ! Ces paroles s’adressent aux disciples du Christ qui vivaient avec Lui, qui étaient témoins directs des œuvres du Seigneur, et pourtant leur impuissance est dénoncée par le Maître lui-même.

Cette impuissance des disciples, nous montre qu’il ne suffit pas d’avoir vécu auprès du Seigneur pour accomplir un miracle, tout comme il ne suffit pas de venir à l’Eglise pour être sauvé. Pourquoi ? Le Seigneur donne la réponse « engeance incrédule », l’incrédulité, voilà ce qui nous empêche d’accéder à la grâce divine qui seule peut faire de nous et avec nous un christ, c’est à dire, une personne selon le cœur de Dieu.

 

Jésus poursuit en disant : « Le pouvoir, c’est la foi, tout est possible à celui qui croit » ! Aussitôt le père de l’enfant s’écria en pleurant : « Je crois, Seigneur, viens au secours de mon manque de foi » ! De quoi notre présence ici est-elle le signe ? Ne sommes-nous pas nous aussi, encore faibles et fragiles dans notre foi envers le Christ et son Eglise ? Alors n’ayons ni honte ni crainte de crier avec larmes et de toutes nos entrailles vers notre Père céleste, par le Christ dans l’Esprit Saint.

 

L’Evangile témoigne ensuite que : « Jésus, ayant pris l’enfant par la main, le fit lever, et il se tint debout », ne sommes-nous pas encore tour à tour incrédule ou immature, et pourtant qui parmi nous, ne désire pas la « vie et l’être en plénitude » ? Qui parmi nous se complait dans les passions et les péchés, qui ne désire ressembler au « Seigneur doux et humble de cœur » ? Alors, laissons-nous comme un enfant, prendre par la main du Verbe et de l’Esprit, Ils nous feront lever de la terre au ciel, en illuminant notre esprit par une vie spirituelle bienheureuse.

 

Au Père créateur de l’humanité, au Fils qui s’est fait homme parmi nous, à L’Esprit qui déifie l’homme, soit la gloire dans les siècles des siècles, amen.

 

+ Syméon