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samedi 27 juin 2026

La Foi du Centurion.


(Matthieu 8 : 5 à 13)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, amen.



Aujourd’hui, notre sainte Eglise s’émerveille avec le Seigneur de la Foi cordiale et simple dont témoigne un  centurion romain hétérodoxe et païen, qui s’adresse au Rabbin Jésus pour lui demander la guérison de son fils. Cela se passe à Capharnaüm, qui signifie la ville de Nahum, Nahum est aussi le nom d’un grand prophète qui annonce avec beaucoup de vigueur la volonté divine, qui appelle à la repentance du cœur en profondeur et à la conversion de l’esprit, à l’humaine métanoïa nécessaire de notre existence sans laquelle aucune vie religieuse ni guérison spirituelle ne sont possibles.  

 

Dans Proverbe 12, 18 nous lisons « la langue des sages apporte la guérison », mais qui est donc un tel sage aux yeux de Dieu ? C’est ici ce centurion qui fait figure de sage, pourquoi ? Parce que comme le dit encore Proverbe en 9, 8 et 9 « reprends le sage  il t’aimera » et « donne au sage, il deviendra plus sage », les sages sont à l’opposé des insensés dont Mathieu en 11, 25 dit « tu as caché ces choses aux sages », c’est à dire aux sages auto-proclamés, ces « choses » ce sont les œuvres divines accomplies depuis le commencement de la Création et dont la guérison aujourd’hui devant nous du fils du centurion est un témoignage. Quelle est la sagesse du centurion ? C’est de s’adresser avec foi et simplicité, au Rabbi Jésus auquel il se remet en toute humilité et confiance pour son fils malade.

 

Dans Proverbe 3, 7 nous lisons encore « ne sois pas sage à tes propres yeux » et saint Paul nous enseigne 

dans l’esprit du Seigneur à méditer cette parole « se vantant d’être sages, ils dont devenus fous », et de plus en 1 Corinthiens. 4, 10 « vous êtes sages en Christ », n’est-ce pas ici même ce que nous voyons par l’attitude du centurion ! Si les sages le sont par la grâce efficiente du Christ et de la sève spirituelle de l’Ecriture, qui donc s’étonnera de ce que peut accomplir en plénitude la parole du « Verbe source de la sagesse des sages », selon cette autre parole à « Dieu appartient d’accomplir même l’impossible ».

 

« Je vais aller le guérir » dit le Seigneur au centurion, le Seigneur n’est mû que par l’amour pour cet homme et son fils souffrant, il ne cherche pas à savoir pourquoi le fils est paralysé. Simplement, « Jésus aime le centurion et son enfant paralysé, tout comme il aime chacun et chacune d’entre nous ». Aimer est pour le Seigneur, le cœur de toute son œuvre pour sauver l’homme. Le Christ est dans « l’intelligence du cœur », à l’écoute du centurion et de sa prière, comme il est à l’écoute de chacun d’entre nous, si nous décidons dans notre liberté personnelle de faire appel à Lui. Le Seigneur ne se livre pas à une discussion philosophico-théologique au sens universitaire qui se limite à une approche ratio-intellectuelle, il laisse se dire la « foi » du centurion qui permet d’engendrer le processus et le miracle de la guérison. 

 

Nous pouvons voir dans ce fils malade, une métaphore de notre propre souffrance qui engendre notre paralysie spirituelle, le « vieil homme » en nous ne cesse de s’opposer à notre désir de guérison, et tout comme ce centurion nous savons que sans la grâce divine, il nous est impossible de convertir notre cœur blessé par nos épreuves existentielles. Le vieil homme en nous est né avec la chute d’Adam dans le Paradis, il est en nous la « cristallisation du péché » qui s’oppose à la vie et à l’être en plénitude. Le vieil homme est pétrifié dans ses habitudes et ne supporte aucune nouveauté, il reste bloqué dans son inertie et s’interdit ainsi à lui-même de faire l’expérience véritable du « mouvement, de la vie et de l’être » telle que proposée par Dieu dans l’Eglise et dans notre vie personnelle au cœur même du monde. 

 

L’Ecriture sainte nous dit que le centurion est allé vers le Christ pour lui dire : « Seigneur, j’ai à la maison mon fils atteint de paralysie, et qui souffre beaucoup ». Le Seigneur l’accueille, le regarde et l’écoute, mais reste libre du poids inutile de l’émotivité psychique qui empêche habituellement les hommes d’agir de manière juste et avec discernement. Le Seigneur est pleinement présent et ressent de l’intérieur la compassion du centurion pour son fils ainsi que la souffrance silencieuse du fils paralysé. Le Seigneur s’émerveille de la foi du centurion et décide d’y répondre, en disant : « Je vais aller le guérir ». Ici, le centurion intercède pour son fils, mais Dieu ne nous a t-il pas faits « centurions spirituels » pour intercéder les uns pour les autres dans l’Eglise pour notre guérison et celle du monde.

L’Eglise nous remémore aujourd’hui l’exemple vivifiant de ce centurion, afin que nous puissions nous en inspirer, car nous avons vocation à intercéder auprès de Dieu avec « foi, espérance et amour » pour que l’humanité puisse se libérer de ce qui la paralyse dans son « corps, son âme et son esprit ». Les malheurs du monde, le chaos des dictatures, les failles et blessures provoquées par les attitudes inhumaines, ne peuvent trouver leur guérison véritable sans vie spirituelle personnelle et ecclésiale, pour irriguer et vivifier le cœur des hommes à travers la prière et l’intercession des uns pour les autres.

 

Devant la proposition du Christ de venir guérir le paralytique chez lui, le centurion répond : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole, et mon fils sera guéri ». Pourquoi se dit-il indigne d’accueillir le Seigneur sous son toit ? Parce que en tant que « païen », il ignore qu’il a été crée à l’image et à la ressemblance d’un Dieu, qui est Créateur et Père de l’humanité, mais sa foi en Jésus ce prophète charismatique va lui permettre d’entrer peu à peu en lui-même, pour accueillir  avec confiance la grâce divine. 

 

Ce centurion avant de rencontrer celui qu’il appelle « Seigneur », avait entendu parler de lui, il a alors « cherché et il a trouvé, il a demandé et il a reçu, il a frappé et Dieu lui-même lui a ouvert ». Il a ainsi pu expérimenter en esprit et en vérité que « prier, c’est ne plus être seul », ce centurion a été béni et guidé par la divine providence. La réputation de Jésus, comme prophète-guérisseur était arrivée jusqu’à lui, le centurion croyait sans hésiter que celui qu’il appelle là devant nous « Seigneur », peut accomplir même l’impossible et d’une seule parole guérir son fils, qui gît-là paralysé sous nos yeux, n’est-ce pas ce qui est arrivé ! 

 

L’Evangile nous dit encore : « A ces mots, du centurion, Jésus fut dans l’admiration et il dit à ceux qui étaient là : en vérité, je vous le dis, chez personne en Israël je n’ai trouvé pareille foi », et IL ajoute : « c’est pourquoi, beaucoup prendront place au festin du Royaume des cieux avec Abraham, Isaac et Jacob, alors que ceux qui étaient les fils naturels du Royaume des cieux seront jetés dehors ». Cette affirmation du Christ devrait nous faire méditer, comme Marie « toutes ces choses dans notre cœur », nous, qui sommes d’après saint Paul, « les enfants lumineux de l’Eglise ».

 

L’Eglise est la maison divino-humaine, dans laquelle se rencontrent la Cour Céleste, c’est à dire la Divine Trinité, la Mère de Dieu, les Saints et les Anges, et la cour terrestre, c’est-à-dire chacun et chacune d’entre nous. L’Eglise est ce lieu béni par Dieu et par les croyants, dans lequel à travers la célébration de la Divine Liturgie et des saints Offices religieux, nous pouvons acquérir l’expérience concrète, de la « foi, de l’espérance et de l’amour », envers Dieu et au service de l’homme. 

 

Qui parmi nous, n’a pas à eu à un moment ou un autre besoin dans son existence, de la présence aimante et de la prière d’un « centurion spirituel », lorsque les épreuves de la vie sont trop fortes pour s’en sortir tout seul ? Seuls les vaniteux imbus d’eux-mêmes, pensent qu’ils n’ont besoin de rien ni de personne, mais l’homme humble sait qu’il ne peut rien pour se sauver lui-même. C’est pourquoi en tant que   « chrétien orthodoxe » je suis par vocation un « intercesseur » pour toute l’humanité, et l’apôtre Paul nous rappelle « que la foi est agissante par l’amour et la compassion ». Dans l’esprit de Paull’amour parfait, c’est de ne rien exiger pour soi-même, ceci devrait être le véritable visage de l’Eglise. C’est pourquoi, la prière liturgique commune, qui nous réunit ici aujourd’hui, ne peut être qu’un don spirituel libre des uns pour les autres, des uns avec les autres, afin que nous puissions bénir ensemble, l’humanité et toute la création. 

 

Alors que veut donc nous enseigner le Christ, en magnifiant et en louant ainsi la foi du centurion ? Sinon nous encourager à cultiver en nous avec humilité, la confiance absolue en Lui, le médecin de nos âmes et de nos corps. Il désire transformer nos doutes, nos peurs en foi inébranlable en Lui, en foi capable de déplacer les montagnes psychiques, intérieures ou extérieures qui paralysent notre quotidien. La « foi comme Don de Dieu est universelle », ce qui la différencie d’une personne à l’autre, c’est la relation personnelle que chacun met en œuvre envers et avec Dieu pour qu’elle puisse se révéler avec le maximum de plénitude. 

Acquérir la « foi qui peut transporter et transformer nos montagnes intérieures », peut être reçue comme un don dans l’Eglise, par la participation liturgique régulière, à travers laquelle, nous pouvons apprendre à contempler notre Seigneur à l’œuvre au service de l’homme, son bien-aimé. La « foi » est un Don de l’Esprit Saint et l’Esprit de Dieu est à l’œuvre dans l’Eglise du Christ, la foi ne se donne pas au monde des apparences où règne la corruption, elle ne peut être reçue que par celui qui désire vraiment vivre le mystère spirituel de l’Eglise et qui croit en Dieu.

 

Le mystère de la foi et de la guérison spirituelles, ont tous deux comme source, l’Amour de Dieu envers l’humanité, nous croyons que la guérison essentielle est premièrement spirituelle, mais rien n’empêche le Seigneur de donner aussi la guérison corporelle, comme en témoigne l’évangile de ce jour. C’est pourquoi L’Eglise, qui est le corps du Christ et le temple de l’Esprit Saint, a vocation d’être d’abord « l’humble servante » de l’humanité. Le chrétien orthodoxe est donc celui qui intercède dans l’Eglise, afin que Dieu accueille toute personne qui crie vers Lui et espère entendre : « Je vais te guérir ».

 

Puis le Seigneur dit au centurion : « Va, et qu’il t’advienne selon ta foi ! Et à l’instant même le serviteur fût guéri ». La foi du centurion est telle qu’il n’y a pas de distance entre sa demande de guérison pour son fils et l’accomplissement de cette guérison. Que Dieu nous accorde une telle « foi » par sa divine grâce et la prière de « notre ami », le centurion évangélique.

 

Le fou juge, punit et détruit et cela sans réfléchir, le fou est celui qui se croit sage à ses propres yeux, mais le sage accueille, regarde et écoute dans le silence et l’intelligence du cœur avant d’agir selon Dieu et avec Dieu pour restaurer l’homme dans sa dimension divino-humaine. Qui est ici le fou ? C’est l’homme sans Dieu et sans l’Eglise, l’homme sans Dieu et sage à ses propres yeux, devient aussi un homme aveugle et sourd, une caricature déformée de sa beauté originelle crée par Dieu. Et qui est pour nous l’homme de Dieu me direz-vous peut-être ? C’est « l’homme ou la femme » dont la vie et l’existence est tournée vers Dieu, n’est-ce pas cela devenir orthodoxe pour nous, prenons-nous conscience de ce que signifie « être orthodoxe » ? Pour nous, orthodoxes, il « n’existe qu’un seul et unique Sage qui est notre Seigneur Jésus-Christ ». 

 

Si nous croyons cela, alors le Christ se révèlera à nous et nous aurons le désir naturel de lui ressembler, en partant de notre humanité, oui, tels que nous sommes, pour nous sanctifier avec l’aide de l’Eglise et croire que nous sommes concernés par cette parole qui affirme que  « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne dieu », apprendre peu à peu à vivre selon l’ascèse évangélique. Si donc, nous désirons la sagesse en « esprit et en vérité », nous devons demander pour recevoir, chercher pour trouver, frapper pour que s’ouvre la porte de la communion avec l’Esprit Saint qui nous donnera comme nous l’enseigne le Christ, lui-même  « la connaissance de la vérité qui nous rendra libre ». 

 

L’Evangile n’est pas un manifeste en faveur du chaos des esprits, ni un roman à l’eau de rose dans lequel se noient les discussions de comptoirs ou une émission téléguidée pour tirer l’humanité vers le bas. La vie et la voie orthodoxe ne béniront jamais les faux-prophètes qui agissent dans les ténèbres de leurs âmes, et cela au sein même parfois de notre très sainte Eglise. L’Evangile est le livre de la « vie divino-humaine qui peut et veut engendrer l’homme dans l’amour spirituel, dans la beauté lumineuse qui transfigure et dans la sainteté qui sont l’accomplissement et le couronnement de notre vocation orthodoxe ».

 

Au Père qui nous fait Don de la Foi, au Fils qui nous guérit par Amour et à l’Esprit Saint qui nous garde dans l’Espérance, soit la gloire dans les siècles des siècles, amen.

 

+ Syméon 

 

 

 

 

samedi 13 juin 2026

les premiers disciples

(Mat : 4, 18 à 23)
AU NOM du PERE, du FILS et du SAINT ESPRIT, amen.


Aujourd’hui, notre sainte et splendide Eglise orthodoxe qui est la barque spirituelle que la Divine Trinité a placé au cœur du monde, nous enseigne en toute beauté et humilité comment le Seigneur continue de s’approcher de chacun d’entre nous, comme IL l’avait fait pour les pêcheurs de Galilée, pour nous dire : « suis-moi !
L’Ecriture nous dit : « IL vit deux frères qui étaient pêcheurs », deux hommes qui étaient là, occupés à accomplir leurs œuvres quotidiennes, tout comme nous, des hommes au milieu d’autres hommes et voilà que le Seigneur qui se promenait, s’approcha et leur dit : « Venez et je vous ferais pêcheurs d’hommes ». Nous savons que toutes les paroles que le Christ prononce, nous sont directement adressées tout comme aux personnes qui apparaissent dans l’Evangile de vie, alors écoutons pour entendre.
L’Ecriture sainte, dans le livre de la Genèse nous enseigne que le Père Céleste lui aussi se promenait dans le Paradis, à la brise du soir, avec le désir de rencontrer Adam et Eve, c’est à dire l’humanité crée pour lui dire, « suis-moi », moi ton Créateur, je t’invite à être le pasteur de la création entière et de la guider avec ma grâce et ton obéissance, à la plénitude de la vie dans la vérité et la beauté. Cette divine rencontre première entre Dieu et l’humanité, interrompue par la chute originelle se poursuit aujourd’hui dans notre sainte Eglise orthodoxe, dans laquelle le Seigneur ne cesse d’aller vers l’homme son bien-aimé.
Ne sommes-nous pas saisis de l’intérieur, nos cœurs ne sont-ils pas brûlants, en contemplant cette réalité évangélique qui nous montre le Seigneur « doux et humble de cœur », qui ne cesse depuis le Paradis de marcher à la rencontre de l’homme, pour inviter celui-ci à faire la route ensemble. Cette Voie qui est le Christ lui-même, et qui peut nous mener de la terre au Ciel, se réalise ensembles dans l’œuvre commune qui nous réunit ici et maintenant, à savoir la Divine Liturgie, célébration et rencontre essentielle entre Dieu et l’homme, entre l’homme et l’homme, entre l’homme et la création, pour accomplir l’unique nécessaire, notre salut en Dieu dans l’Eglise et au cœur du monde.
L’Evangile de vie, nous prend par la main et nous guide dans cette promenade divino-humaine qui a commencé avec notre Père dès notre création, qui se poursuit avec le Fils, et s’accomplit par l’Esprit de toute sainteté. Ecoutons encore le Seigneur nous dire jusqu’où IL désire aller pour nous rencontrer dans ce pèlerinage spirituel, que dit-Il : « Voici, Je me tiens à la porte et je frappe, chez celui qui entend et qui ouvre, j’entrerai avec mon Père et nous dînerons avec lui ».A quelle porte, le Seigneur frappe t-il, sinon à celle de notre cœur, qui représente les portes saintes et royales qui nous mènent au saint des saints dans la profondeur insondable et indicible de la « personne », là où est déjà présent le Royaume de Dieu. Ce dîner promis par le Christ à celui qui s’ouvre à Dieu, est la célébration très lumineuse et très pure, de la très sainte Cène spirituelle et mystique, liturgie céleste joyeuse et pacifique, communion partagée par la Divine Trinité et l’homme. Seul celui qui se souvient qu’il a déjà entendu le « suis-moi », reconnaitra qui est Celui qui frappe et se précipitera pour lui ouvrir, non seulement sa porte, mais toute sa vie et tout son être. Mais direz-vous peut-être, qui parmi nous a déjà entendu ce fameux « suis-moi », pour le reconnaître et dire amen ? C’est en Adam et Eve, père et mère de toute l’humanité que nous avons entendu cette parole « suis-moi » qui dès l’origine, nous a été transmise comme voie de retour vers notre Père céleste.
L’Eglise est bien cette barque lumineuse qui contient toutes les grâces données par l’Esprit de Dieu, pour que nous soyons chacun « pêcheur d’homme, c’est à dire d’abord de nous-mêmes », plus ou moins engloutis par les eaux troubles et usées du monde, pour accomplir notre sainte vocation qui est la vie divino-humaine, selon la sagesse de la voie spirituelle de l’orthodoxie. Cette pêche miraculeuse que représente le salut d’une seule âme, est le fruit de l’ascèse de toute l’Eglise du Christ. Mais si nous ne comprenons pas, que l’homme que nous devons pêcher en premier, c’est celui qui gît au plus profond de nous-même, alors nous allons nous précipiter dans une errance stérile et nous briser peu à peu, contre le roc endurci de notre propre cœur.
L’Ecriture poursuit : « Aussitôt, ils laissèrent là leurs filets et le suivirent », est-ce donc si évident pour nous que des hommes et des femmes puissent ainsi tout quitter pour suivre le Christ ? En vérité, c’est possible parce que suivre Dieu est la vocation naturelle de l’homme crée à l’image et à la ressemblance de Dieu. Cette disponibilité immédiate que nous voyons chez ces pêcheurs Galiléens, répond à un état spirituel potentiel mais éveillé suffisamment pour dire amen à l’invitation divine. Ces hommes en vérité attendaient depuis toujours la venue du saint d’Israël, ils étaient imprégnés de l’espérance du salut messianique. Si nous entrons en nous-mêmes, au cœur de notre cœur, nous découvrirons que nous possédons la même espérance. Nous pourrions même retrouver aujourd’hui ce moment crucial, où dans notre cheminement existentiel, nous avons entendu nous aussi et chacun à sa manière ce « suis-moi », auquel nous avons répondu « amen » et voir quel a été depuis notre cheminement en Christ.
Voici donc des pêcheurs, et que laissent-ils pour suivre le Christ, ils abandonnent leurs filets, c’est à dire tout ce qui nourrissait et donnait sens à leur existence terrestre au milieu de leurs familles et proches. Chaque iota de l’Ecriture Sainte possède et un sens littéral et un sens spirituel, qu’est donc un filet, n’est ce pas quelque chose qui peut nous nourrir mais aussi nous emprisonner ? Il existe des filets qui rendent la vie invivable, des filets qui nous aliènent et nous enlèvent toute liberté personnelle, des filets subtils mais remplis d’illusions et que pourtant nous croyons nécessaires voire indispensables pour notre existence, et tant d’autres filets encore…Le Seigneur ne dit pas qu’il ne faut pas travailler pour gagner sa vie, non, mais IL nous dit que dans ce monde, il n’existe qu’une seule manière de se libérer du filet dans lequel nous sommes chacun plus ou moins emprisonné. Et cette libération ne peut se réaliser que si l’homme, tout homme et toute femme, et en particulier nous qui nous disons volontiers disciples du Seigneur, désire et accepte de suivre sans condition Celui qui lui dit : « Suis-moi ». 
Et voici que : « Jésus parcourait toute la Galilée- tout comme il parcours toute l’Eglise- prêchant la bonne nouvelle du royaume de Dieu, enseignant et guérissant toute maladie », le Christ ne nous propose pas de le suivre pour faire une promenade touristique, ou bien de faire ce que nous croyons nous convenir à tel ou tel moment. IL ne nous emmène pas sur les routes mondaines pour y suivre les modes éphémères et illusoires que le vieil homme voudrait nous forcer à prendre. Le Seigneur nous encourage à commencer par prêcher déjà en nous-mêmes la bonne nouvelle du Royaume de Dieu, de nous enseigner à nous-mêmes la vie évangélique, pour espérer guérir par la communion de vie avec LUI.
Alors quelle est donc l’ascèse concrète qui est bonne pour chacun d’entre nous, pour connaître en esprit et en vérité qui est le Christ et pourquoi IL nous dit « suis-moi » ? Oui, je vous transmets toujours la même réalité, la sagesse de l’Eglise, cette ascèse vivifiante, qui est la participation à la célébration de la Divine Liturgie et la pratique réelle du saint Évangile. L’Eglise dans laquelle l’Esprit Saint nous enracine dans le présent, est le lieu béni où nous recevons avec une divine générosité toutes les grâces spirituelles pour suivre Celui qui est « la Voie, la Vérité et la Vie ».
« Suis-moi », par cette parole, le Christ s’engage lui-même et en premier à nous emmener avec lui, à nous apprendre comment passer de l’état de serviteur de Dieu, de l’Homme et de l’Eglise, à celui d’ami de la Divine Trinité, selon cette parole du Christ « Je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis ». Cette œuvre ascétique passe par l’œuvre commune qui ne peut se vivre et se réaliser que par la médiation de la sainte et humble Eglise du Christ. La célébration de la Divine Liturgie est en vérité, l’accomplissement parfait de la pêche miraculeuse, à laquelle le Seigneur invite chacun d’entre nous à participer pleinement et cela pour le salut de toute l’humanité et la restauration de la création divine dans sa première beauté.
L’Eglise du Christ seule, peut nous transmettre l’humilité du Fils Unique, Lui le pêcheur céleste qui s’est fait et le Frère et le Serviteur de l’humanité désorientée et malmenée par les esprits sous ciel dont parle l’apôtre Paul.
L’Eglise du Christ seule, peut nous transmettre l’humilité de l’Esprit Saint, Lui si discret et qui pourtant désire ardemment nous « revêtir des habits sacerdotaux spirituels que sont l’amour, la joie, la paix, la douceur, la patience, la maîtrise de soi » et tous les autres saints dons.
L’Eglise du Christ seule, peut nous transmettre la très aimante nostalgie de notre Père envers l’homme son bien-aimé, le Père a voulu l’Eglise comme une sainte icône vivante du Paradis, pour s’y promener à la rencontre de l’humanité, comme Il le faisait avec Adam et Eve à l’origine de la Création.
L’Eglise du Christ ou le Monastère du Christ, dont Il est le seul et unique Grand-Prêtre et Higoumène, ne doit jamais devenir un filet qui étoufferait la « liberté glorieuse des enfants de Dieu », liberté acquise par le Saint Sang et le Saint Corps de notre Seigneur sur la Croix, qui est le trône très pur et très saint sur lequel règne éternellement notre Seigneur Jésus-Christ.
Au Père Céleste et Roi de l’Univers, au Fils Unique qui a fait de nous ses cohéritiers, à l’Esprit Saint qui nous intronise dans le Royaume de Dieu, soit la Gloire dans siècles des siècles, amen.
+ Syméon

samedi 6 juin 2026

Dimanche de tous les Saints

                                                             (Mat. 10, 32-33 et 37-38)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, amen.



Aujourd’hui, l’Eglise nous invite à méditer et à suivre la voie des saints et des saintes qui devrait devenir aussi la nôtre, pour cultiver la liberté et la maîtrise de notre existence, en mettant à leur juste place les liens humains les plus profonds, ceux qui nous unissent à notre famille, aux amis et même à nos frères et sœurs dans la Foi. La sainteté de nos pères et mères est le fruit d’un engendrement religieux et spirituel, et cette naissance à la sainteté commence par le désir réel d’aimer Dieu non seulement en premier  « mais aussi de toute son âme, de tout son esprit et de toutes ses forces…et son prochain comme soi-même ». Cela signifie que ce désir de sainteté nécessite dès le début la mise en pratique persévérante de l’ascèse évangélique, à savoir la voie étroite vécue par nos saints pères et mères, qui est la volonté et la recherche aimante de la communion avec le Seigneur. Ce qui précède témoigne exactement de la promesse divine qui est de réaliser avec l’homme, cette œuvre divino-humaine que «  Dieu est devenu homme, pour que l’homme devienne dieu ».  

 

Le Seigneur dit : Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi, qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi » cette parole évangélique n’est pas accessible par le seul raisonnement intellectuel. Ce que le Seigneur enseigne ici, c’est ce qu’essayent de réaliser les moines et les moniales, qui n’ont d’autre désir que d’aimer Dieu seul d’abord, tout en étant enracinés dans leur communauté monastique. Et nous alors, qui vivons dans le monde au milieu d’une multitude d’êtres et de choses, comment ferons-nous pour accomplir cette ascèse fondamentale « être seul avec Dieu Seul » ? Eh bien nous aussi, avons vocation à aimer Dieu d’abord et en lui notre prochain et pour y arriver, nous prenons racine dans notre communauté ecclésiale pour y apprendre l’amour divino-humain voulu par notre Seigneur. La  voie religieuse fondamentale qui permet de réaliser ce désir d’amour pour Dieu et notre frère ou notre sœur est exactement la même pour le moine que pour le fidèle dans le monde, cette voie vivifiante s’enracine et se révèle dans la prière personnelle nourrie et ensemencée par la célébration liturgique de notre Eglise. 

 

Si nous regardons un peu comment vivent les moines, nous pouvons discerner que les fondements incontournables entre autres sur lequel, ils construisent leur vie et leur ascèse en Dieu sont « l’obéissance et l’humilité ». Mais, nulle part dans l’Ecriture sainte, il n’est écrit que l’obéissance et l’humilité sont un privilège monastique, obéir et cultiver l’humilité, doit être l’œuvre de tout fidèle orthodoxe, le Christ était-Il moine ? Non, mais Il s’est rendu obéissant au Père céleste jusqu’à « la mort, et à la mort sur la Croix », c’est donc au Père céleste que nous devons tous obéissance, où ? Dans notre vie entière par la grâce spirituelle reçue du Verbe et de l’Esprit. C’est pourquoi, le Seigneur dit ailleurs « celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas, n’est pas digne de moi », est-ce à dire que nous finirons tous crucifiés, certes non, mais nous serons tous éprouvés par les folies du monde et les passions négatives de notre âme. 

 

Alors que signifie « celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, et la suite… », cela signifie qu’il n’ y a aucune commune mesure entre l’amour humain et l’amour pour Dieu, est-ce à dire, que l’amour humain serait défendu, inutile ou que sais-je encore, évidemment non. Mais à l’évidence l’amour humain non vivifié par l’amour divin, engendre une dépendance, qui elle-même engendre une multitude de conséquences sur la qualité de notre relation à Dieu et au prochain. Ainsi, ce qui est dénoncé : c’est la dépendance au monde et à ses modes, par ex. rester soumis à nos parents ou à nos proches sans discernement, cette exigence si elle n’est que « humaine », prend alors « force de loi » et peut nous enfermer dans une obéissance stérile ou engendrer une révolte qui finiront par parasiter notre existence personnelle.

De même qu’une obéissance aveugle peut aliéner le moine le plus volontaire, de même, une obéissance aveugle dans l’Eglise peut engendrer un mal-être stérile et contraire à la vocation de l’Eglise qui est d’engendrer les Fidèles comme «  peuple royal, prophétique et sacerdotal ». N’est-il pas écrit « si un aveugle guide d’autres aveugles, tous tomberont dans le trou », alors à qui obéirons-nous ? 

 

Nous obéirons comme le Fils Unique au seul Père céleste et comment ferons-nous pour y arriver, en croyant d’abord que nous avons « reçus nous aussi l’Esprit Saint, l’Esprit de Vérité qui nous rendra libres », et comment ferons-nous pour obéir dans l’Esprit Saint au Père céleste par Jésus-Christ, nous obéirons à notre « sainte Eglise orthodoxe » qui est nous dit saint Paul « le Corps du Christ dont Il est la Tête ». Dans ce sens, l’Eglise est dépositaire en plénitude de la Présence de notre Seigneur Jésus-Christ et de tous ses biens spirituels et matériels qui sont sans cesse répandus sur nous à travers la Divine Liturgie en particulier. 

 

De même, que nous ne devons pas aimer nos parents et proches plus que le Christ, de même nous ne devons pas obéir à nos parents ou proches plus qu’au Christ, qui a prétendu que c’est une ascèse simple ? Le Seigneur ne dit pas de ne pas aimer ses parents et proches ou de ne pas leur obéir, mais pas plus qu’à Dieu, parce que l’amour pour Dieu en premier est ce qui nous permet d‘apprendre à aimer notre prochain comme nous-mêmes. « Qui ne s’aime pas lui- même comment aimera t-il quelqu’un d’autre » ? Chacun peut comprendre que plus l’ascèse de communion avec Dieu est réelle et profonde, plus les dons divins viennent habiter et vivifier notre existence et nous rendent capables d’accomplir notre vocation à la sainteté. Ceci nous rappelle cette autre parole du Seigneur qui dit « celui qui m’aime, c’est celui qui écoute ma Parole et la garde », c’est à dire la met vraiment en pratique. Ainsi Dieu bénissant, si nous mettons en pratique l’Evangile, nous nous donnons les moyens d’aimer Dieu d’abord et par l’ouverture du cœur et de l’esprit nous aimerons aussi l’homme, tout en cultivant notre liberté personnelle de « fils et filles de Dieu ».

 

Tout comme les saints sont reconnus comme tel après leur naissance au ciel par l’Eglise, de même nous connaitrons après notre naissance au ciel, dans quelle mesure nous avons essayé d’aimer Dieu et notre prochain, lorsque le Seigneur nous dira « tu as été fidèle et tu as fais fructifier les talents que tu as reçu et le premier de ces talents était d’aimer, maintenant viens dans la Joie de ton Seigneur ».

 

Le Seigneur dit encore  « qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie pour moi la trouvera », ce qui signifie que celui ou celle qui aura été son propre maître en façonnant son existence de manière individuelle et égocentrée, est déjà compté parmi les agonisants, même si tout semble réussir sur un plan matériel. Une telle non-existence est en vérité dénoncée par le Psalmiste qui dit : « l’insensé dit dans son cœur, Dieu n’existe pas », penser et croire que je puisse me sauver tout seul sans le concours de l’homme mon semblable et pire encore sans Dieu mon Créateur, voilà la folie tapie dans la pensée humaine qui guette l’homme isolé pour le perdre. 

 

Perdre sa vie, c’est pour le croyant, faire le constat amer et crucifiant que la vie sans Dieu, n’est en réalité qu’une caricature incapable de combler le moindre désir essentiel de l’être, que la seule issue est la mort définitive dans ce monde sans aucune espérance de vie éternelle. Ainsi l’homme sans Dieu est aussi un homme sans humanité véritable et qui s’interdit à jamais de rencontrer et de suivre « Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie ». C’est pourquoi le Christ ajoute « quiconque se déclarera pour moi devant les hommesJe me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux…et la suite ». Mais comment l’homme séparé de Dieu, pourrait-il se déclarer pour un Dieu créateur auquel il ne croit pas et auquel il ne s’intéresse pas ? 

Nous voici donc appelé par l’Esprit Saint à suivre la voie de la sainteté, qui nous est inhérente depuis notre origine paradisiaque, voie qui est le Christ lui-même, et que nous ont transmis en héritage religieux et spirituel nos pères et mères orthodoxes qui nous ont précédés dans le témoignage de la foi véritable, consistant à confesser la Divine Trinité comme notre Dieu unique. Ce vrai témoignage commence par notre désir libre de confesser le Christ comme notre Seigneur et Sauveur, Lui le Saint des saints et donc de marcher nous-mêmes comme « personne et comme église dans la voie de la sainteté », avec comme aide précieuse la prière personnelle et liturgique.

 

Au Père, au Fils et au Saint Esprit, un seul Dieu en trois Personnes divines sans confusion ni séparation, soit la gloire maintenant et toujours et dans les siècles des siècles, amen.

 

+ Syméon 

 

 

samedi 30 mai 2026

Dimanche de Pentecôte.


(Jean 7, 37-52 et 8, 12).

Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, amen.




Aujourd’hui, le Saint Corps du Christ, c'est-à-dire, l’Eglise donne l’hospitalité à l’Esprit de Dieu, le Consolateur et le Donateur de toute Grâce spirituelle. L’Esprit de la Lumière éternelle qui au commencement planait au-dessus des eaux de la Création, vient et se pose sur l’humanité en Adam et couve de l’intérieur toute personne qui croit en Christ. L’Esprit de Dieu, sépare en nous la lumière de nos ténèbres, et cette séparation initiale nécessaire est indispensable pour rendre possible un chemin de communion spirituelle avec les Personnes Divines. Aujourd’hui, la Divine Trinité dont nous célébrons aussi en ce jour la Gloire, est là avec nous et pour nous, afin de transformer l’Eglise du Christ en icône véridique du Royaume de Dieu, pour qu’en elle – l’Eglise – coule des fleuves d’eau vive en nous, pour restaurer dans sa beauté divine l’humanité blessée et désorientée depuis la chute d’Adam et Eve. 

 

Cette rencontre divino-humaine est si grande, sainte et sacrée, que le Christ la proclame à haute voix dans le Temple de Jérusalem où nous précise l’Ecriture sainte, c’était le jour de Fête le plus solennel : « Que celui qui a soif, vienne à Moi et qu’il boive », alors « des fleuves d’eau vive couleront de son sein », ce Jour des jours, c’est pour nous, ici et maintenant la Pentecôte, cette poésie liturgique, divine et sublime qui célèbre la Descente du Saint-Esprit dans l’Eglise et remplit de sa lumière chaque Fidèle présent qui confesse avec un cœur aimant le Christ comme Seigneur.  

 

Nous connaissons déjà personnellement cette descente de l’Esprit Saint, puisque nous l’avons reçu par notre saint baptême, lorsque nous avons été immergés tout entiers dans ce fleuve d’eau vive qu’est le baptistère sacré, au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, c’est cette nostalgie profonde et indicible de notre immersion première en Dieu, qui émeut nos entrailles et résonne dans notre mémoire, qui est comme une psalmodie douce et profonde, proche et lointaine et qui appelle sans cesse chacun et chacune d’entre nous à la recherche de Dieu en nous, dans l’Eglise et même à travers les voiles du monde. 

 

Le monde des apparences où règne en maitre l’illusion, ne peut comprendre qui est le Christ ni quelle est Sa Promesse, ce n’est que dans l’Eglise que cette réalité éternelle est révélée et donnée à vivre à quiconque croit en lui. Je ne peux accueillir Celui en qui je ne crois pas. Mais si je donne l’hospitalité intérieure à l’Esprit de Dieu, je deviens le témoin actif d’une nouvelle genèse spirituelle, qui est ma propre recréation en Dieu. Je deviens, peu à peu « un homme qui cultive la vie spirituelle conforme à sa vocation originelle », cette œuvre ascétique nécessaire m’humanise en me rendant ressemblant au Seigneur, elle est réalisée en nous et avec nous par l’Esprit Saint. Si je donne mon corps à l’Esprit, Il en fait son temple, si je lui donne mon âme, Il y sème et y enracine la louange, si je lui donne mon esprit, Il le nourrit de sagesse et de contemplation, si je Lui donne mon cœur, Il y prie en gémissements ineffables, si j’apprends à me « donner tout entier à Lui tout entier, Il fait de moi un ami, et m’intronise au sein même de la Divine Trinité. »

 

Regardons et comprenons par l’intelligence du cœur, que Dieu n’a pour ainsi dire qu’un seul et éternel désir, c’est d’accueillir dans Ses entrailles divines tout homme et toute femme qui le désire librement, et pour vous en convaincre définitivement, rappelons-nous la fin de l’Evangile de ce jour, où le Seigneur de Gloire, doux et humble de cœur, est assis parterre et écrit sur la terre avec son doigt, pendant que devant Lui se tient cette femme adultère, entourée par la foule déjà prête à la lapider, et qu’Il lui dit « femme où sont ceux qui t’accusaient ? Personne ne t’a condamnée Personne Seigneur », et Jésus de répondre « Moi non plus, je ne te condamne pas, va désormais ne pêche plus ».

 

 

 

Dieu seul est digne de l’homme et l’homme seul est digne de Dieu, pourquoi ? Parce que « Dieu a créé l’homme à Son Image et à Sa Ressemblance », tel est l’enseignement spirituel en esprit et en vérité de notre merveilleuse Eglise orthodoxe. Que valent devant cette œuvre dont les Pères saints témoignent, à savoir que « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne dieu », oui, que valent les ridicules et stériles agitations du monde des apparences qui exploite notre humanité, dans le miroir mensonger des richesses passagères qui défigure et caricature notre vraie beauté qui est d’origine divine.

 

Dieu n’est pas un dictateur qui s’impose ou impose une loi religieuse qui transformerait l’humanité en objet sans âme ni conscience, qui voudrait d’un tel Dieu ? Si Dieu n’est pas Celui qui aime, qui libère, qui donne la vie avec plénitude, alors comme dit saint Paul aux croyants « nous sommes les plus misérables parmi les hommes et notre foi est vaine ». Mais être libre est le contraire, du faire ce que je veux, comme je veux, quand je veux, être libre c’est choisir le meilleur et que peut-il y avoir dans ce monde de plus désirable que la vie en Dieu. C’est pourquoi le Christ nous promet de nous envoyer dans l’Eglise « l’Esprit de vérité qui nous donnera la véritable liberté », oui, c’est la « Pentecôte » que nous célébrons aujourd’hui. 

 

Le Christ dit : « Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que Tu m‘as donné », où sont ceux que le Père céleste a donné au Christ et qui sont appelés à recevoir l’Esprit de Dieu ? Ils sont dans l’Eglise, ils sont l’Eglise, ils construisent l’Eglise, ils ne se content pas de « parler » de l’Eglise et rien ni personne ne peut les détourner de « Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie ». Ces véritables croyants commencent à comprendre de l’intérieur, qu’ils sont porteurs du Patrimoine spirituel reçu par Adam et Eve dans le Paradis, que ce trésor de vie et de grâce est aujourd’hui déposé dans l’Eglise, et qu’ils ont vocation de transmettre cet héritage essentiel et théologique à leurs enfants et à toute l’humanité, ils ne restent pas chez eux en rêvant l’Eglise. 

 

Dans le Judaïsme, la Pentecôte est la Fête ou le peuple Juif commémore le don de la Torah reçue par Moshe sur le mont Sinaï. Dans l’Eglise Orthodoxe, ce n’est pas seulement un Livre aussi saint et sacré soit-il, que nous recevons et fêtons, mais c’est le Donateur de l’Ecriture sainte lui-même. C’est Jésus le Seigneur et le Créateur qui se donne à chacun d’entre nous, non seulement pour le temps de notre vie en ce monde, mais surtout pour la vie éternelle à venir, si nous vivons de manière orthodoxe. Que signifie, vivre de manière orthodoxe ? Cela signifie, accueillir « l’Eglise comme une bien-aimée », et non comme un fardeau insupportable, car l’Eglise porte en elle l’amour, la joie et la paix divine, afin que la beauté divino-humaine illumine peu à peu notre visage et notre existence. 

 

Ce désir de vie en Dieu, engendre au cœur de celui ou celle qui veut vraiment devenir orthodoxe, une nostalgie profonde et indicible pour le Royaume de Dieu qui palpite au fond de son être. Mais voulons-nous vraiment de tout notre désir devenir orthodoxe ? Quelle terrible illusion ce serait de penser que nous le sommes déjà, sous prétexte que nous avons été baptisé dans l’Eglise orthodoxe. Notre vocation orthodoxe vécue dans l’Esprit saint unit le ciel et la terre, pour en faire un seul royaume dont les prémisses se construisent déjà dans ce monde et dont le couronnement sera réalisé pleinement dans le Royaume céleste, lorsque « Dieu sera tout en tous ».

 

Si nous avons l’intelligence réelle de ce que nous faisons, c’est une bénédiction, mais si nous n’avons pas cette intelligence, notre discernement se trouble et devient partiel et même partial. L’Esprit Saint vient pour s’unir à notre esprit et nous donner l’intelligence du cœur afin que nous puissions nous construire, une « vie qui vaille la peine d’être vécue », alors ne passons pas à côté d’une telle grâce et venons nous prosterner devant Dieu dans l’Eglise pour recevoir le « don de l’Esprit ». 

Que l’Esprit de Dieu, donateur de toutes bénédictions et grâces spirituelles soit glorifié avec le Père et le Fils, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles, amen. 

+ Syméon 

samedi 23 mai 2026

Les saints pères et prière sacerdotale.

(Jean 17, 1 à 13)

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, Amen




Aujourd’hui, l’Eglise nous bénit à travers la divine prière sacerdotale que Jésus offre au Père en action de grâces, pour toute l’œuvre accomplie pour le salut de l’humanité.     L’Evangile nous dit : « Ainsi parla Jésus, et levant les yeux au ciel, il dit : « Père, l’heure est venue, glorifie Ton Fils afin que Ton Fils te glorifie et que, selon le pouvoir que tu lui as donné sur toute chair, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donné ».                                                                                                               

Que signifie, levant les yeux au ciel et dit ? Cela signifie que Jésus entre en lui-même et s’élève vers le ciel dans son esprit et contemple en plénitude d’amour Son Père. Le Père qui avait envoyé Son Fils dans le monde, ne connaissait-il pas déjà tout ce que ce même Fils a réalisé dans une totale obéissance et cela jusqu’à la mort injuste et ignominieuse sur la Croix salvatrice ? Pourquoi notre Seigneur retrace t-il en quelque sorte tout ce qu’il a fait pour nous ?                                                                 

La réponse est donnée dans le verset qui suit et qui est : « Or, la vie éternelle c’est qu’ils Te connaissent, toi, le seul véritable Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ ». Durant toute sa vie terrestre, le Christ n’a cessé d’enseigner qu’il ne faisait rien par lui-même, mais qu’il donnait ce qu’il avait reçu du Père céleste, aujourd’hui, ici et maintenant dans l’Eglise et à travers elle, il annonce à la face du monde, que la seule réalité digne de l’humanité, c’est la connaissance de Dieu qui donne la vie éternelle.                                                                                                

C’est pourquoi, ailleurs, le Christ peut dire à Philippe : « Celui qui m’a vu a vu le Père », ce qui signifie que le salut spirituel de l’humaine condition est suspendu à la connaissance du Père par Jésus-Christ et que de cette sagesse de vie, qui est la sainte et véritable intelligence du cœur, nait le fruit spirituel pour la vie éternelle.                      

Le Christ poursuit : « Et maintenant Père, glorifie moi auprès de Toi, de la gloire que j’avais auprès de Toi, avant que fût crée le monde ». Que signifie glorifie moi auprès de Toi ? Le Fils aurait-IL perdu la gloire qui était la sienne comme Dieu par son Incarnation ? Bien sur que non, mais ce qui est admirable, c’est qu’en vérité, Jésus demande cette gloire pour l’homme qu’Il est et comme la nature humaine est une et consubstantielle, Il demande cette gloire pour toute l’humanité sauvée et rachetée en Lui. Car autrement, comment cette même nature humaine pourrait-elle dans l’homme siéger dans le Royaume à la droite du Dieu Vivant ? La présence de l’homme dans le Royaume de Dieu est le témoignage, la preuve absolue et le fruit divino-humain de la parole du Seigneur : « Tout est accompli ».

L ‘Evangile poursuit : « J’ai veillé et aucun d’eux ne s’est perdu, sauf le fils de perdition, afin que l’Ecriture fût accomplie. Mais maintenant je viens vers Toi et je parle ainsi dans le monde, afin qu’ils aient en eux-mêmes ma Joie complète ». 

Ailleurs le Seigneur promet à ses disciples : « Je vous donnerais la Joie que nul ne pourra vous ravir » aujourd’hui, Sa promesse se réalise afin que cette joie divine s’intériorise au plus profond de l’être humain, de l’homme caché avec le Christ dans   le cœur du Père céleste, de l’homme devenu pleinement orthodoxe, c’est à dire un « christ » frère aimé du Christ et fils par pure grâce de Dieu notre Père.                                                                  

Mais si la nature humaine est consubstantielle, cela signifie qu’elle engendre toujours selon la libre volonté humaine les fruits de l’arbre du bien et du mal, c’est pourquoi la grâce qui donne la joie ou toute autre don spirituel, ne s’incarne dans l’homme que dans la mesure ou celui-ci fait œuvre de conversion en se nourissant de « l’arbre de vie » qui est le Christ lui-même. Sans cette participation ascétique réelle de l’homme en communion avec le Seigneur « se faire violence pour entrer dans le Royaume de Dieu », restera impossible et l’homme se retrouvera encore et encore pris dans les filets de la perdition d’un monde d’illusions et sans Dieu.                                  

Cette longue et magnifique prière sacerdotale que Jésus adresse au Père Céleste est un plaidoyer fervent et ardent en faveur de l’humanité, un cri d’amour divin pour l’homme Son bien-aimé, afin que s’accomplissent les noces spirituelles dans la Cana Céleste autour du banquet mystique, pacifique et joyeux, et sur l’autel d’en-haut, la célébration de la très Sainte Cène eucharistique trouve son couronnement dans cette prière du cœur pur : « Abba Père » ! 

Au Père céleste, au Fils notre Grand-Prêtre éternel et à l’Esprit Consolateur, soit la gloire dans les siècles des siècles, amen

+ Syméon 

 

 

dimanche 17 mai 2026

L’aveugle-né


(Jean, 9, 1 à 38)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen.



Aujourd’hui, l’Eglise nous invite à nous abandonner avec confiance à la compassion et à la tendresse infinie de notre Père céleste, et ceci en particulier par la célébration de la Divine Liturgie en communion avec le Christ grand-prêtre, avec l’Esprit de toute consolation promis et les uns avec les autres, dans l’espérance d’acquérir la lumière spirituelle qui est la grâce reçue comme un don par l’aveugle-né, grâce qui donne de venir, de voir et de confesser en Jésus, le Dieu vivant face à face. 

 

Le Seigneur nous dit « tant qu’il fait jour, il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé ; la nuit vient où nul ne peut travailler, tant que Je suis dans le monde, Je suis la lumière du monde », quelles sont donc les œuvres auxquelles le Christ nous encourage à travailler ? 

En vérité, elles peuvent toutes s’unir en une seule réalité, ces œuvres accomplies par le Christ et que nous avons vocation à vivre avec Lui de manière orthodoxe, sont toutes celles qui nous permettent d’adorer le Père en esprit et en vérité, en esprit par l’Esprit Saint et en vérité par le Seigneur, cette adoration est la couronne de sainteté et le fruit spirituel des Béatitudes. 

 

Nous pouvons accueillir tous les miracles accomplis par le Christ comme le signe, y compris celui pour l’aveugle-né, de la nécessité de la conversion du cœur, sans laquelle, nul ne verra le Seigneur, nul ne pourra adorer le Père en esprit et en vérité, nul ne saura prier l’Esprit Saint donateur de vie et de sagesse spirituelle. Nous sommes appelés à suivre dans la lumière Celui qui nous dit « tant que Je suis dans le monde, Je suis la lumière du monde »,alors fuyons cette incrédulité sournoise et hypocrite cachée du vieil homme en nous pour nous détourner de notre Seigneur Jésus et de ses œuvres salutaires. 

 

Quel est donc ce « jour » à partir duquel, il nous est bénéfique et précieux de travailler aux œuvres du Seigneur, n’est-ce pas celui de la Résurrection du Seigneur, celui d’où découlent et ruissellent en nous tous les dons spirituels pour accomplir la volonté divine. N’est-ce pas par la célébration liturgique assidue et par le « Don du Corps et du Sang du Seigneur », que nous recevons la lumière et la mémoire pour pratiquer les œuvres du Seigneur qui nous dit « faites ceci en mémoire de Moi », à savoir vivre toute l’économie divine pour le salut de l’homme. Le jour de la Résurrection est celui du Don de la vie éternelle au cœur de l’histoire, du temps et de l’espace dans notre humanité, il est notre lumière spirituelle pour pratiquer les œuvres divino-humaines au Nom du Seigneur.

 

Quelle est donc cette « nuit » où nul ne peut travailler, c’est-à dire mettre en pratique les œuvres évangéliques, n’est-ce pas celle de l’âme désorientée par le doute de l’incroyance concernant la personne de Jésus et qui provoque une paralysie existentielle qui rend difficile voire même impossible le désir de suivre Celui qui est « le Chemin, la Vérité et la Vie », n’est ce pas là, cette attitude pharisienne répandue au sein de l’humanité, opposée à toute révélation qui pourrait nourrir et abreuver l’esprit de tout homme ou femme de bonne volonté. 

 

L’Ecriture Sainte est un tout indivisible, auquel il ne faut rien ajouter ou enlever, pas même un « iota » sous peine de s’amputer soi-même des énergies incréées contenues dans la parole divine, ceci devrait faire réfléchir tous les « inventeurs de théories hérétiques caricaturales au mépris de la théologie véritable de nos saints Pères », la seule réalité sur laquelle, nous pouvons apprendre à agir avec l’aide de Dieu, car « sans Moi, vous ne pouvez rien faire », c’est de cultiver l’ascèse de « l’unique nécessaire », à l’image de Dieu créateur et qui consiste à « séparer la lumière des ténèbres en nous », car comme dit saint Paul dans 2 Cor. 6,14  « quoi de commun entre la lumière et les ténèbres », combien d’hommes dialoguent avec les ténèbres du monde ? 

Dire que la piscine de Siloé est une préfigure du saint baptême est un enseignement reconnu par nos saints Pères en Dieu, Siloé signifie « envoyé » en hébreu, mais tout comme il ne suffit pas d’être baptisé pour être orthodoxe, il ne suffira pas non plus de confesser du bout des lèvres la divino-humanité de Jésus notre Seigneur pour être sauvé. N’est-IL pas « l’Envoyé du Père », en qui il nous est essentiel d’être plongé tout entier afin d’espérer retrouver non seulement la vue mais notre vocation originelle à devenir par grâce ce que Dieu est par nature. Dans les œuvres religieuses, notre Siloé spirituelle, c’est à dire l’Eglise orthodoxe est l’unique lieu saint et sacré de la vie de l’être orthodoxe, ici et maintenant, elle est la vraie porte royale, par laquelle nous pouvons-nous diriger tout entier vers le Royaume de Dieu. 

 

En parlant de l’aveugle-né, les parents témoignent « qu’il est leur fils né aveugle, mais qu’ils ne savent pas comment il voit maintenant, ni qui lui a ouvert les yeux », la puissance de ce miracle les trouble et dépasse leur entendement, le fils confesse après avoir retrouvé la vue que « si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire », puis poursuit son existence avec sa nouvelle vision de lui-même et du monde qui l’entoure. Ne sommes-nous pas nous-mêmes, un fils ou une fille aveugle spirituellement pour ne pas dire un total infirme spirituel depuis notre naissance, quelqu’un parmi nous serait-il né dans un état de christ parfait, le Psalmiste nous rappelle que  « ma mère m’a conçue sous le joug du péché », alors courrons vers Celui qui seul peut et veut nous sauver, réjouissons-nous de cette grâce inestimable que représente notre Eglise pleine de sagesse, de beauté et de vérité.  

 

Jésus rencontrant l’aveugle-né lui dit « crois-tu au Fils de l’homme » ? Il répondit « et qui est-il Seigneur, pour que je croie en lui » ?  Jésus lui dit « tu le vois, celui qui te parle, c’est lui », alors le « clairvoyant » déclara « je crois Seigneur et il se prosterna devant Lui ». Sans développer ici plus en profondeur ce merveilleux passage de l’homme aveugle-né à celui d’homme spirituel et clairvoyant, ce dialogue montre la progression intérieure qui fait émerger la lumière du sein même des ténèbres, mais soyons sans illusion aucune, sans désir réel de recevoir la vraie lumière ou tout autre don spirituel, les ténèbres du cœur non purifié et sanctifié engendreront d’autres ténèbres. 

 

Croire au Fils de l’homme est le fondement initial nécessaire pour commencer à élaborer la vie orthodoxe, disons avec le Centurion « je crois Seigneur, viens au secours de mon manque de foi », et pour cultiver et féconder en nous notre terre religieuse, il est nous est très bon de venir et de  participer avec assiduité à la vie liturgique de l’Eglise qui nous donne de contempler la vie et les œuvres du Seigneur. Suivons le Seigneur Jésus et selon sa promesse, il nous sera donné « ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, mais que Dieu a réservé à ceux qui l’aiment ».

 

L’amour du Dieu et Homme parfait pour sauver l’humanité tombée sous les coups morbides et mortifères des passions mondaines, se révèle dans l’humilité indicible de son incarnation comme homme parmi les hommes, si saint Paul déclare « s’être fait grec avec les grecs et juifs avec les juifs, pour en sauver quelques uns », notre Seigneur Jésus-Christ s’est fait « homme parmi les hommes pour proposer le salut à tous », le prêtre malgré toutes ses faiblesses essaye à l’image du Christ de se faire « homme fidèle avec les fidèles pour que Dieu nous sauve tous » voici nous dit le saint et charismatique Rabbin Jésus « Je viens à toi Jérusalem, c’est à dire à toi Eglise, assis sur un ânon le petit d’une ânesse », cette promesse est la gloire et la vocation que « l’Eglise nouvel ânon spirituel » porte au cœur de l’humaine condition, alors soyons là pour l’accueillir.  

 

Au Père de la Lumière, au Fils Lumière incarnée et à l’Esprit d’illumination éternelle, soit la gloire dans les siècles de siècles, amen.

 

+ Syméon