Publicain et Pharisien
(Luc 18,10 à 14)
Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, amen.
Aujourd’hui, l’Eglise nous emmène au Temple de Jérusalem à la suite d’un Pharisien et d’un Publicain pour prier. Le Pharisien loue Dieu de l’avoir choisi de préférence à beaucoup, il est persuadé d’être juste, grâce à sa connaissance et pratique fidèle des mitsvot, c’est à dire des commandements de la loi mosaïque, que tout Juif pieux doit accomplir de manière rituelle chaque jour. Pharisien signifie celui qui est « séparé » et fier de l’être, mis à part et pour qui, il est impensable de se mélanger avec d’autres croyants et encore moins avec des païens ou des publicains, ce faisant, il confond l’unicité de la personne qui est universelle avec la séparation qui est individuelle. Le Publicain ne prie pas de manière rituelle, mais dans l’angoisse de son âme, il devient contemporain de la prière hésychaste, et laisse libre cours à son ressenti cordial et existentiel de pécheur et supplie « O Dieu, aie pitié de moi pécheur ».
Jésus écoute l’un et l’autre, il ne dit pas que le Publicain est meilleur que le Pharisien, car il rappelle « qu’IL n’est pas venu abolir la loi mais l’accomplir », le Publicain est justifié mais n’est pas du tout exonéré de la pratique des commandements divins. La loi mosaïque reste une bénédiction si elle est fidèle à sa vocation, accomplir la volonté divine et préparer Israël à reconnaître et à accueillir le saint Messie prophétisé. Le Pharisien nous rappelle le « riche notable » disant à Jésus avoir suivi scrupuleusement la loi, mais alors que le Christ lui propose de vendre ses biens et de le suivre, il n’en est pas capable et s’éloigne dans la tristesse de l’âme. Le Pharisien de ce jour, affirme avec autorité être un homme pieux et fidèle à la loi, ce qui est certainement vrai, mais lui aussi tourne le dos au Christ-Messie et s’éloigne, trop riche des préceptes de la loi, il ne saurait y renoncer, alors que le Messie pour lequel, il prétend accomplir la loi est là face à face avec lui, au milieu du Temple de Jérusalem, d’Israël et du Peuple. La « loi » dont ce Pharisien s’est enrichi de manière purement rituelle et extérieure est devenue pour lui une source d’obsession, qui au lieu de le libérer a fini par le posséder par la crainte de ne plus l’appliquer en toute rigueur, de la même manière le monde sans Dieu, devient une « loi » inique qui met sous son joug une humanité désorientée.
