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samedi 26 septembre 2026

Exaltation de la Très Sainte Croix

   

  (Jean, 19, 6 à 11, 13 à 20, 25 à 28, 30 à 35)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen.

 

   

Aujourd’hui, l’Église célèbre dans la joie spirituelle, l’Exaltation de la Croix vivifiante, selon cette parole « je ferai de toi le sujet de ma joie », nous ferons donc de la croix du Seigneur le sujet de notre joie par notre foi que sa croix est pour nous l’arbre de vie déposée par Dieu dans l’Église et dans notre vie.

 

Le Seigneur nous dit « si quelqu’un veut me suivre, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive ». Suivre le Christ est donc une décision personnelle, qui demande un engagement sans faille dans la fidélité envers Dieu, malgré les épreuves qui peuvent plus ou moins nous crucifier dans notre existence quotidienne. Ailleurs le Christ nous dit que « son joug est doux et son fardeau est léger », n’est-ce pas contradictoire ? A quel moment, notre croix devient-elle un fardeau écrasant, la croix devient insupportable dès que nous prétendons la porter tout seul, c’est à dire, sans le Christ et sans l’Église.

 

Que celui qui veut me suivre renonce à lui-même, prenne sa croix et me suive, n’est-ce pas le Seigneur qui le premier a renoncé en quelque sorte à rester dans l’immuable sérénité au sein de la Divine Trinité ? Ce renoncement originel est la source même de notre salut, le Fils est resté Dieu tout en devenant homme, de même, sommes-nous appelés à renoncer au vieil homme pour devenir par grâce dieu et d’abord véritablement homme. C’est ce grand don et mystère spirituel qui nous est proposé, et que l’Église fête aujourd’hui par l’Exaltation de la précieuse Croix du Seigneur.

 

Le renoncement à soi-même, que Dieu propose à la liberté de l’homme, c’est de renoncer à ce qu’il n’est pas et qui le rend étranger à lui-même, à savoir une caricature d’humanité dans laquelle ne rayonne plus la beauté divino-humaine sur le visage de l’homme. La croix comme visage de l’amour divin est une réalité impossible à contempler sans la foi en un Dieu qui aime et qui souffre en Christ de l’éloignement et de l’exil douloureux de l’homme créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. La croix comme arbre de la vie, est plantée en même temps au centre de l’autel du sacrifice non sanglant et au centre de l’autel du cœur de chacun d’entre nous, c’est pourquoi, nous pouvons en goûter les fruits spirituels par la communion au Corps et au Sang de notre Dieu.

 

Le Seigneur ajoute : « Que sert donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il ruine sa propre vie » ? Et que peut donner l’homme en échange de sa propre vie » ? La croix est pour nous, le signe de la victoire de la vie et de la lumière divine sur les ténèbres infernales et les œuvres impies de l’homme séparé et de Dieu et de lui-même, l’homme sans Dieu est un homme sans avenir dans ce monde ni dans le monde à venir.

 

Certes, par notre croix nous expérimentons aussi la « douloureuse joie », nous savons combien parfois, aimer peut paradoxalement faire souffrir avec l’impression d’en mourir, mais le Seigneur nous a donné l’Église qui est aussi notre corps spirituel divino-humain, dans laquelle, il a envoyé « L’Esprit de toute consolation », afin qu’IL nous descende lui-même avec douceur de la croix de nos épreuves existentielles.

 

Saint Paul nous dit « le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu », la croix est donc un langage, une voix qui s’adresse à moi et pour entendre le sens de ce langage, il nous faut apprendre à nous laisser aimer de Dieu plutôt que de croire que nous pouvons par notre seule volonté, aimer Dieu. Aimer à la « folie » selon l’expression populaire, c’est en vérité ne pas aimer du tout, car une telle manière de vouloir aimer ne laisse aucune place à l’autre et lui ôte toute possibilité de trouver sa liberté personnelle, n’est pas « fol en Christ qui veut ».

 

En Proverbe 3,18 nous lisons « la sagesse est un arbre de vie », dont les racines plongent depuis l’arbre de la croix dans les profondeurs insondables et indicibles du cœur de l’homme, nous chantons durant les Matines dominicales « voici que par la Croix, la joie a pénétré le monde entier », c’est pourquoi, peut s’unir en nous le chant religieux qui relie le ciel et la terre par une communion qui nous élève vers Dieu et nous tourne aussi vers l’humanité, à travers la célébration de la sainte et Divine Liturgie.

 

Pourtant la gloire personnelle que Paul revendique avec puissance, c’est celle de la croix du Christ, cette même croix devant laquelle nous nous prosternons et que nous exaltons tous d’un seul cœur et d’une seule âme aujourd’hui dans l’Église, pourquoi ? Parce que le Seigneur sur la croix, porte l’humanité et désire la déposer sauvée au sein de la Divine Trinité, selon cette parole « tout est accompli » et « sois sans crainte petit troupeau, car il a plu à votre Père de vous donner le Royaume », encore faut-il que l’homme désire vraiment faire partie de ce saint « petit troupeau », c’est à dire de l’Église du Seigneur Jésus.  

 

« Sauve ton peuple, Seigneur et bénis ton héritage, accorde à tes fidèles victoire sur les ennemis et sauvegarde par ta croix les nations qui t’appartiennent », voici le merveilleux Tropaire que chante l’Église de ceux qui sont fidèles par leur foi et leur vie orthodoxe envers le Seigneur. Le salut n’est pas le fruit d’un hasard, mais celui d’une ascèse réelle qui nous demande de porter notre croix en communion avec la Croix du Christ, afin de convertir par la voie et la vie orthodoxe tous nos ennemis intérieurs opposés à notre salut en Dieu.

 

Que la grâce du Seigneur nous bénisse et nous fortifie afin que nous puissions accomplir notre vocation orthodoxe et avec toute l’Église chanter d’un seul cœur et d’un seul esprit « devant ta Croix, nous nous prosternons ô Maitre, et ta sainte Résurrection nous la chantons ».

 

Au Père qui a planté l’Arbre de Vie dans le Paradis, au Fils qui l’a planté par la Croix dans l’Église et à l’Esprit Saint qui l’a planté dans le cœur de l’homme, soit la gloire dans les siècles des siècles, amen.

 

+ Syméon

 

 

 

samedi 19 septembre 2026

Les Talents.

Mathieu 3, 13 à 17)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen.



Aujourd’hui, l’Église nous invite à méditer sur la parabole des talents, je nous propose de relever les versets 29 à 30 qui nous disent « car à tout homme qui a, on donnera encore plus et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il croyait avoir. Quant au serviteur inutile, jetez-le dehors dans les ténèbres, là seront les pleurs et les grincements de dents ».
Dieu nous a confié un merveilleux talent qui contient tous les autres, et ce talent, c’est l’homme lui-même créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, c’est pourquoi le Seigneur dit « celui qui croit en moi, fera les mêmes choses que moi et même de plus grandes ». Et pour que ce talent puisse trouver tout ce dont il a besoin pour se réaliser et ainsi rendre gloire à Dieu, la providence divine nous a donné l’Église comme une précieuse Mère spirituelle.
Dieu nous a donné les talents que sont la vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat et le goût, pour les faire fructifier dans le temps et l’espace de notre vie dans ce monde, comme une préparation sainte et sacrée pour le monde à venir et l’infini du Royaume de Dieu. Les talents nous sont donnés comme une voie spirituelle qui doit avec la bénédiction divine, nous convertir pour nous façonner peu à peu et commencer à être des « christs aimants, saints, humbles et sages ».
Comment à partir de nos sens psychosomatiques, allons-nous les enrichir et les convertir en sens spirituels, afin que nous devenions des êtres accomplis dans la mise en pratique de l’enseignement évangélique ? Deux ou trois outils seront nécessaires pour œuvrer à édifier l’être spirituel et nos guides seront d’abord l’Esprit-Saint au cœur de l’Église et de notre vie, la méditation religieuse de l’Écriture sainte à travers la prière personnelle, liturgique et le silence intérieur loin de l’agitation permanente du monde extérieur qui essaye de nous balloter dans tous les sens.
Voici donc le talent de la vue, dans les « Béatitudes », nous lisons « bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu », la vision de Dieu ne dépend pas de la vue physique, mais du cœur pur, ce qui est vrai du cœur pur est vrai aussi pour les autres sens. Pour l’aveugle, à qui Jésus demande que veux-tu que je fasse pour toi, l’aveugle répond « que je recouvre la vue » non seulement physique mais surtout spirituelle. C’est pourquoi le Seigneur dit « celui qui m’a vu a vu le Père », le talent de la vue trouve donc sa plénitude dans la contemplation du visible et de l’invisible, du monde et du royaume, du Père à travers le Fils unique par la grâce de l’Esprit-Saint.
Voici le talent de l’ouïe, qui pour trouver sa plénitude doit aboutir peu à peu, à réaliser ce qui nous est promis dans Hébreux « si vous entendez la voix de Dieu, n’endurcissez pas vos cœurs » et dans l’Apocalypse « si quelqu’un entend ma voix et m’ouvre la porte », mais où donc pouvons-nous entendre la voix divine ? N’est-ce pas dans l’Église divino-humaine où résonne sans cesse la voix de l’Évangile, la voix des chants et des prières, la voix de Dieu qui dialogue avec la voix de l’homme.
A quel moment, Dieu nous parle t’IL de manière directe à travers la célébration liturgique, n’est-ce pas à l’écoute du saint Évangile où Dieu nous parle face à face, et à quel moment frappe t’Il avec une divine douceur à la porte de notre cœur avant d’accepter notre invitation, n’est-ce pas au moment de la sainte communion à son Corps et à son Sang ? Qui peut penser, qu’il suffit de posséder les cinq sens fonctionnels, pour faire fructifier le talent de la vie divino-humaine en nous, alors que notre Seigneur et Maitre nous dit « sans Moi, vous ne pouvez rien faire ».
Ailleurs, le Seigneur dit en Matthieu 13, 14, suite à la prophétie d’Isaïe « vous aurez beau entendre de vos oreilles, vous ne comprendrez pas, vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas, l’esprit de ce peuple s’est épaissi, ils se sont bouchés les oreilles, ils ont fermés leurs yeux de peur que leurs yeux ne voient, de peur que leurs oreilles n’entendent, que leur esprit ne comprenne, qu’ils ne se convertissent et que je ne les guérisse », la conversion quotidienne est donc nécessaire pour que nous puissions faire fructifier nos talents et trouver la guérison de notre âme selon la volonté divine.
Voici le talent du toucher ou être touché, comme nous pouvons le voir dans Actes, 2, 37 « d’entendre cela, ils eurent le cœur touché et dirent à Pierre et aux Apôtres : Frères, que devons-nous faire ? », ici le toucher intérieur comme la vision de Dieu concerne surtout « l’état du cœur », si donc la parole du Verbe créateur ne touche pas notre cœur, nous serons incapables de cultiver notre esprit de manière créatrice.
Si nous nous contentons de cultiver les seuls talents matériels et physiques, nous resterons des êtres inaccomplis et incapables d’entrer dans le Royaume de Dieu, nous risquons de ressembler à des idoles comme le chante le psaume 135 du Polyéléos « les idoles des nations sont faites d’argent et d’or, ouvrages de la main des hommes, elles ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas, elles ont des oreilles et n’entendent pas, il n’y a pas de souffle dans leur bouche, et ils leur ressemblent ceux qui les fabriquent et se confient en elles ».
Si nous voulons avoir la certitude de recevoir les vrais talents pour nourrir et faire fructifier notre existence en Dieu, alors nous devons aller là où se trouve la source de toutes les grâces et bénédictions, là où Dieu vient lui-même nous rencontrer, c’est à-dire, dans la sainte Église du Seigneur, cultivons la vie liturgique comme notre bien spirituel le plus précieux dans ce monde, et par notre prière personnelle rendons gloire et grâce à notre Dieu.
Au Père, source des talents véritables, au Fils qui nous les transmet et à l’Esprit qui les fait fructifier avec nous, soit la gloire, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles, amen.
+ Syméon
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dimanche 13 septembre 2026

Sel de la terre et lumière du monde

   

(Math. 5, 14 à 19)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen.

    

 

 

Aujourd’hui, l’Église nous remémore cette parole éblouissante du Seigneur « vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde », saint Jean nous dit « qu’en lui, le Verbe divin, était la vie et que la vie était la lumière des hommes », là le Seigneur de gloire glorifie l’homme en lui disant « tu es la lumière du monde », divine humilité du Christ qui montre à quelle hauteur il situe la personne humaine.

 

Que penser, que dire, que faire devant une telle parole, peut-être juste commencer à y croire vraiment et ne plus s’embourber dans les pensées stériles habituelles du style « je ne suis rien, je ne vaux rien, je ne suis pas digne et autres mises à mort de notre âme ». Ce qui est demandé, c’est de ne plus laisser notre sel de l’esprit s’affadir et de témoigner par notre lumière devant les hommes, pourquoi ? Afin que « les hommes voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est aux cieux ».

 

En Genèse 19, 26 il est écrit « elle devint une statue de sel », une telle statue n’est qu’une idole sans vie et momifiée, alors que le sel dont parle le Seigneur est celui de la sagesse créatrice qui est une grâce divine qui permet de se façonner avec Dieu, une vie et une existence qui vaille la peine d’être vécue. Saint Marc, 9, 50 commente le sel dont parle le Seigneur en disant « ayez du sel en vous-mêmes pour vivre en paix, les uns avec les autres », nous pouvons en conclure que la paix est la véritable saveur du sel spirituel. Mais de quelle paix s’agit-il ? De celle dont le Christ nous dit « Je vous donnerais la paix qui surpasse toute intelligence », c’est pourquoi saint Paul enseigne à la suite de saint Marc que « votre parole soit toujours aimante, et de plus assaisonnée de ce précieux sel qui est l’art de répondre à chacun avec intelligence ».

 

« Vous êtes la lumière du monde », là aussi comme pour le sel, nous pouvons méditer sur Genèse 1, 4 « Dieu sépare la lumière d’avec les ténèbres », la lumière est singulière et unique, alors que les ténèbres sont aussi nombreuses que nos pensées non purifiées par l’Esprit Saint, toutes ces pensées humaines, trop humaines, qui ne cessent d’essayer de nous limiter à la sphère psycho- somatique et matérielle.

 

Si donc nous voulons nous séparer des ténèbres, il sera nécessaire de prier Celui qui est non seulement la Lumière absolue, mais aussi le créateur et donateur de la lumière spirituelle qui peut illuminer les ténèbres les plus ténébreuses ce dont témoigne saint Jean 1,5 « la lumière luit dans les ténèbres ». Peut-être quelqu’un dira que tout cela est bien beau, mais comment sortir réellement de nos ténèbres, la création divine est bien faite et ce sont les « tournesols » qui vont nous donner la solution, tout comme les tournesols se tournent vers le soleil physique pour se nourrir de sa lumière et s’épanouir, tournons-nous dans une adoration aimante vers notre beau soleil spirituel le Christ, pour le laisser rayonner dans notre existence concrète tout comme il illumine de sa présence la vie liturgique de notre Église.

 

En saint Jean 8,12 le Christ dit « Je suis la lumière du monde » et ailleurs « marchez, tant que vous avez la lumière », tant que vous existez dans ce monde, ne le quittez pas en état de ténèbres que n’éclaire plus aucune espérance d’une vie possible après la mort. Nous pouvons ici comprendre, c’est à dire « prendre avec nous », cette parole divine comme le signe qui montre que la voie des Béatitudes est celle qui révèle dans l’homme la lumière qui l’habite et peut faire de lui et avec lui un bienheureux selon la grâce divine, le bienheureux selon l’Esprit de Dieu est devenu « sel de la terre et lumière du monde ».

 

Le malheureux individualiste autant révolté contre Dieu que contre l’homme, troublé en lui-même et plongé dans les ténèbres du manque de discernement spirituel, aveuglé par les pseudo lueurs d’un monde replié sur lui-même, se meurt dans une solitude aride et devient réfractaire à toute spiritualité religieuse.

 

C’est pourquoi, saint Paul en 2 Cor 6, 14 dit « quoi de commun entre la lumière et les ténèbres » ? La lumière et les ténèbres étaient incompatibles jusqu’à l’incarnation parmi nous du Christ qui est la « véritable lumière qui peut éclairer tout homme dans ce monde », à condition que l’homme de ténèbres désire accueillir la vie lumineuse divino-humaine. Si donc, nous voulons émerger hors de nos ténèbres intérieures et nous engendrer à la lumière de la vie, nous pouvons nous tourner résolument vers Dieu, selon la parole de saint Jean en 1, 5 « Dieu est Lumière, il n’y a aucune ténèbres en Lui », car nous savons que si un « aveugle guide d’autres aveugles, ils finissent tous par tomber dans l’abîme ».

 

La lumière dont il est témoigné ici est celle de l’esprit d’intelligence, dont nous parle saint Paul, en 1 Cor 2, 11 « car qui connaît les choses dans l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui...et qui connaît les choses de Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu ». L’apôtre Paul souligne ici avec réalisme ce double mouvement unissant Dieu et l’homme, celui de se connaître par l’esprit qui sonde les profondeurs de l’être et donne la connaissance divino-humaine par la grâce de Dieu.

 

« Vous êtes la lumière du monde », si donc je désire m’éclairer par cette lumière, il me faut aller la chercher à la source intarissable qui est le Christ qui nous dit lui-même « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie », et donc croire que même dans nos ténèbres, le salut de Dieu est possible. Dieu est la lumière qui illumine l’Église dans laquelle nous pouvons expérimenter la vie en Dieu proposée à tout baptisé.

 

La méditation du mystère de l’Église comme lumière divine est vitale pour nous orthodoxes, car elle est aussi notre propre mystère et la lumière enfouie au fond de notre être, l’Église de Dieu est une icône de l’économie divine dans le monde et un miroir lumineux où chacun et chacune peut recevoir la grâce de voir le Dieu vivant face à face sans mourir.

 

« Vous êtes la lumière du monde », c’est là tout simplement notre vocation depuis notre création originelle, sinon comment pourrions-nous en vivre, cette lumière que nous sommes et qui nous habite, doit commencer par se révéler ici dans notre réalité terrestre, non, il ne s’agit pas de faire des choses extraordinaires ou de jouer les originaux, mais d’apprendre à mettre jour après jour en œuvre l’enseignement évangélique, de venir à l’Église avec fidélité et persévérance pour concélébrer ensemble dans la lumière liturgique les mystères du Christ, dont la finalité ultime est le salut éternel de l’homme.  

 

« Vous êtes la lumière du monde », du monde pas du « Royaume de Dieu », la lumière du saint Royaume dans toute sa plénitude sera révélée lorsque selon la promesse divine « Dieu sera tout en tous », c’est pourquoi le Psalmiste peut annoncer en toute vérité que « Dieu s’est revêtu de lumière comme d’un manteau », c’est de ce même manteau glorieux que Dieu désire nous vêtir pour l’éternité, alors réveillons-nous pour accueillir ce « Don divino-humain », écoutons et pratiquons la sagesse de l’Église et bénissons Dieu pour toutes ses grâces.

 

Au Père source de la lumière, au Fils incarnation de la lumière et à l’Esprit illuminateur, soit la gloire, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles, amen.

 

+ Syméon

 

dimanche 6 septembre 2026

Le Festin nuptial

 (Math. 22, 1 à 14)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, amen.
 
Aujourd’hui, l’Église nous invite à méditer avec l’intelligence du cœur sur le sens spirituel du « Festin nuptial » auquel Dieu lui-même nous invite à chaque célébration de la Divine Liturgie pour nous donner non la « Manne céleste » reçue par les Hébreux dans le désert aride, mais la véritable nourriture pour nous préparer à la « Vie éternelle » à venir.
Ce banquet Evangélique dont nous parle « L’Écriture sainte » c’est le Don par la communion eucharistique inestimable du « Corps et du Sang du Seigneur », qui peut penser qu’une personne de confession orthodoxe puisse s’abstenir de venir à L’Église icône du Royaume de Dieu pour donner la priorité à des choses certes nécessaires dans l’existence quotidienne mais pas indispensables au point de ne pas venir au festin liturgique divino-humain.
Si nous donnons la priorité aux œuvres du monde sur notre vie religieuse et spirituelle, alors tout comme nous le voyons dans la lecture évangélique de ce jour, nous nous rendons nous-mêmes indignes de participer à la communion eucharistique et le Roi des rois qui nous invite sera libre de nous dire « mon ami, comment es-tu entré ici dans la salle des noces sans t’être préparé à Me rencontrer avant de manger et de boire mon Corps et mon Sang ?
Jésus nous dit « IL en va du Royaume des Cieux comme d’un roi qui fit un festin de noces pour son fils », l’Église orthodoxe est le visage divino-humain de ce Royaume qui contemple l’humanité à travers le regard d’amour du Père envers tout homme et toute femme de bonne volonté qui décide de se libérer des contraintes du monde pour venir festoyer avec « Dieu et toute la Cour Céleste ».
Beaucoup pensent qu’il leur suffit de poster sur le « Net » pas si net que çà, des articles et encore des articles, toujours plus d’articles, y compris sur la « vie spirituelle orthodoxe », de poster de belles photos de monastères, de soleils couchants ou levants, de beaux paysages, s’extasiant jusqu’aux larmes devant toutes ces splendeurs créées par Dieu, mais de là à franchir les « portes saintes de l’Église du Christ », pas le temps, trop occupé Seigneur, les années passent ainsi dans beaucoup d’agitation et hélas l’essentiel et l’éternel s’oublie au profit de l’éphémère et du mortel comme nous le démontre l’Évangile de ce jour.
Le Roi dit : « La noce est prête mais les invités n’en étaient pas dignes », car ils ont oublié qu’ils ont été créés à « l’image et à la ressemblance de Dieu », ils ont fini par occulter leur noblesse originelle pour devenir les serviteurs fervents de leurs intérets liés au monde matériel et aux désirs insatiables qui hantent leurs esprits et épuisent leurs âmes vides d’une vraie vie spirituelle.
Le Roi entra pour examiner les convives et vit là un homme qui n’avait pas la tenue de noces et il lui dit : « Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir une tenue de noces » ? L’homme resta muet. Nous comprenons que la salle des noces est une métaphore du Royaume des Cieux mais aussi une image de l’Église, c’est dans l’Église que nous pouvons apprendre à parler et à répondre de manière spirituelle au Roi qui nous interroge et ceci à travers la célébration liturgique et l’enseignement de nos saints Pères.
C’est dans l’Église que nous avons été revêtu du vêtement des noces, à savoir le « saint Baptême » qui nous donne l’onction de l’Esprit Saint qui prie en nous et nous inspire les paroles qui conviennent pour répondre à notre Roi céleste.
Mais même si nous venons dans l’Église nous pouvons être « muets » comme l’homme dont nous parle l’Évangile aujourd’hui, être muet démontre alors notre manque de présence liturgique consciente, nous écoutons sans entendre, nous regardons sans voir, nous errons de pensées en pensées. Le langage de l’être orthodoxe trouve sa racine et sa source vivifiante dans la « prière » non seulement liturgique mais aussi personnelle, l’homme qui accomplit l’ascèse de la prière avec persévérance recevra la grâce de dialoguer avec le Seigneur et Roi qui l’invite aux noces de son Fils le Christ, époux de l’Église et de notre cœur.
Chaque parole du saint Évangile de vie est un abîme de sagesse divino-humain, alors chaque jour faisons comme Marie, Mère du Seigneur « méditons dans notre cœur unit à notre intelligence » la parole créatrice de Dieu car « l’homme ne se nourrit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ».
Au Père du Verbe éternel, au Fils Verbe incarné et à l’Esprit Saint théologien du Verbe, soit la gloire maintenant et toujours et dans les siècles des siècles, amen.