Mathieu 3, 13 à 17)
Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen.
Aujourd’hui, l’Église nous invite à méditer sur la parabole des talents, je nous propose de relever les versets 29 à 30 qui nous disent « car à tout homme qui a, on donnera encore plus et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il croyait avoir. Quant au serviteur inutile, jetez-le dehors dans les ténèbres, là seront les pleurs et les grincements de dents ».
Dieu nous a confié un merveilleux talent qui contient tous les autres, et ce talent, c’est l’homme lui-même créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, c’est pourquoi le Seigneur dit « celui qui croit en moi, fera les mêmes choses que moi et même de plus grandes ». Et pour que ce talent puisse trouver tout ce dont il a besoin pour se réaliser et ainsi rendre gloire à Dieu, la providence divine nous a donné l’Église comme une précieuse Mère spirituelle.
Dieu nous a donné les talents que sont la vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat et le goût, pour les faire fructifier dans le temps et l’espace de notre vie dans ce monde, comme une préparation sainte et sacrée pour le monde à venir et l’infini du Royaume de Dieu. Les talents nous sont donnés comme une voie spirituelle qui doit avec la bénédiction divine, nous convertir pour nous façonner peu à peu et commencer à être des « christs aimants, saints, humbles et sages ».
Comment à partir de nos sens psychosomatiques, allons-nous les enrichir et les convertir en sens spirituels, afin que nous devenions des êtres accomplis dans la mise en pratique de l’enseignement évangélique ? Deux ou trois outils seront nécessaires pour œuvrer à édifier l’être spirituel et nos guides seront d’abord l’Esprit-Saint au cœur de l’Église et de notre vie, la méditation religieuse de l’Écriture sainte à travers la prière personnelle, liturgique et le silence intérieur loin de l’agitation permanente du monde extérieur qui essaye de nous balloter dans tous les sens.
Voici donc le talent de la vue, dans les « Béatitudes », nous lisons « bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu », la vision de Dieu ne dépend pas de la vue physique, mais du cœur pur, ce qui est vrai du cœur pur est vrai aussi pour les autres sens. Pour l’aveugle, à qui Jésus demande que veux-tu que je fasse pour toi, l’aveugle répond « que je recouvre la vue » non seulement physique mais surtout spirituelle. C’est pourquoi le Seigneur dit « celui qui m’a vu a vu le Père », le talent de la vue trouve donc sa plénitude dans la contemplation du visible et de l’invisible, du monde et du royaume, du Père à travers le Fils unique par la grâce de l’Esprit-Saint.
Voici le talent de l’ouïe, qui pour trouver sa plénitude doit aboutir peu à peu, à réaliser ce qui nous est promis dans Hébreux « si vous entendez la voix de Dieu, n’endurcissez pas vos cœurs » et dans l’Apocalypse « si quelqu’un entend ma voix et m’ouvre la porte », mais où donc pouvons-nous entendre la voix divine ? N’est-ce pas dans l’Église divino-humaine où résonne sans cesse la voix de l’Évangile, la voix des chants et des prières, la voix de Dieu qui dialogue avec la voix de l’homme.
A quel moment, Dieu nous parle t’IL de manière directe à travers la célébration liturgique, n’est-ce pas à l’écoute du saint Évangile où Dieu nous parle face à face, et à quel moment frappe t’Il avec une divine douceur à la porte de notre cœur avant d’accepter notre invitation, n’est-ce pas au moment de la sainte communion à son Corps et à son Sang ? Qui peut penser, qu’il suffit de posséder les cinq sens fonctionnels, pour faire fructifier le talent de la vie divino-humaine en nous, alors que notre Seigneur et Maitre nous dit « sans Moi, vous ne pouvez rien faire ».
Ailleurs, le Seigneur dit en Matthieu 13, 14, suite à la prophétie d’Isaïe « vous aurez beau entendre de vos oreilles, vous ne comprendrez pas, vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas, l’esprit de ce peuple s’est épaissi, ils se sont bouchés les oreilles, ils ont fermés leurs yeux de peur que leurs yeux ne voient, de peur que leurs oreilles n’entendent, que leur esprit ne comprenne, qu’ils ne se convertissent et que je ne les guérisse », la conversion quotidienne est donc nécessaire pour que nous puissions faire fructifier nos talents et trouver la guérison de notre âme selon la volonté divine.
Voici le talent du toucher ou être touché, comme nous pouvons le voir dans Actes, 2, 37 « d’entendre cela, ils eurent le cœur touché et dirent à Pierre et aux Apôtres : Frères, que devons-nous faire ? », ici le toucher intérieur comme la vision de Dieu concerne surtout « l’état du cœur », si donc la parole du Verbe créateur ne touche pas notre cœur, nous serons incapables de cultiver notre esprit de manière créatrice.
Si nous nous contentons de cultiver les seuls talents matériels et physiques, nous resterons des êtres inaccomplis et incapables d’entrer dans le Royaume de Dieu, nous risquons de ressembler à des idoles comme le chante le psaume 135 du Polyéléos « les idoles des nations sont faites d’argent et d’or, ouvrages de la main des hommes, elles ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas, elles ont des oreilles et n’entendent pas, il n’y a pas de souffle dans leur bouche, et ils leur ressemblent ceux qui les fabriquent et se confient en elles ».
Si nous voulons avoir la certitude de recevoir les vrais talents pour nourrir et faire fructifier notre existence en Dieu, alors nous devons aller là où se trouve la source de toutes les grâces et bénédictions, là où Dieu vient lui-même nous rencontrer, c’est à-dire, dans la sainte Église du Seigneur, cultivons la vie liturgique comme notre bien spirituel le plus précieux dans ce monde, et par notre prière personnelle rendons gloire et grâce à notre Dieu.
Au Père, source des talents véritables, au Fils qui nous les transmet et à l’Esprit qui les fait fructifier avec nous, soit la gloire, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles, amen.
+ Syméon
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