(Mat. 4, 12 à 17)
Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, amen.
Aujourd’hui, l’Eglise nous propose une méditation d’un passage de l’Ecriture sainte qui se situe entre les trois tentations contre Jésus après son baptême et l’appel des premiers disciples. Ceci pour nous montrer que le saint baptême est porteur de la grâce divine, par le « don du sceau de l’Esprit Saint » qui nous permet de résister aux tentations auxquelles Jésus lui-même a été confronté, et d’acquérir cette grande lumière dont nous témoigne l’Evangile de ce jour pour répondre amen à l’appel de Jésus et devenir son disciple.
Le passage scripturaire qui est donné met en opposition apparente les « ténèbres et l’ombre de la mort, avec une grande lumière qui se révèle à l’humanité », mais là où le tentateur avance de manière masquée afin de tromper l’homme, saint Jean témoigne qu’au « commencement était le Verbe qui est la Vie et que la Vie était la Lumière des hommes ». Cette grande lumière se révèle dans la Galilée des nations païennes et non comme nous pourrions l’espérer dans les lieux saints, qui devraient rayonner cette lumière dans le monde habité. Ce qui est insupportable au tentateur, c’est de voir que l’homme est dépositaire de cette lumière divine dont lui s’est exclu suite à sa révolte insensée envers Dieu. Voici donc que le Christ Jésus accepte d’être tenté, afin de vaincre le mal à sa racine et nous transmettre ensuite par notre baptême la grâce de résister à notre tour aux diverses tentations qui nous assaillent dans l’humaine condition propre à l’existence dans ce monde.
L’Evangile de ce jour, nous révèle que la voie et la vie orthodoxes ne peuvent se réaliser que dans le refus des diverses tentations opposées à la vocation divino-humaine de l’homme, mais que résister à la tentation ne peut se faire que selon cette parole du Seigneur qui nous dit « sans Moi, vous ne pouvez rien faire » et « repentez-vous, car le Royaume des cieux est proche ». Se repentir signifie ici, ne pas se laisser dérober la grâce divine, qui seule peut donner à l’homme la sagesse et la pratique spirituelle, en vue de résister et même de vaincre les tentations malignes et inhumaines qui désirent la mort de notre vie orthodoxe.
Et pour que nous puissions accéder à cette conversion intérieure avec certitude, la divine providence a déposé au sein de l’humanité désorientée qui est ce « peuple qui demeurait dans les ténèbres et l’ombre de la mort, une grande lumière ». Cette grande lumière est notre splendide et humble Eglise orthodoxe très aimée de Dieu, qui telle une Mère très sage et très belle, guide ses enfants des ténèbres morbides du tentateur vers la lumière éternelle de la Divine Trinité. L’Eglise est le resplendissement de la sainte lumière de Dieu, parce que nous dit saint Paul, elle est « le Corps du Christ dont Il est la Tête », et cette lumière divine rayonne sur nous et le monde entier, par la grâce de la célébration liturgique et par la prière ascétique, aimante et humble de nos Pères et Mères saints.
Ainsi à travers l’ascèse des tentations jusqu’à l’état de disciples appelés par le Seigneur, le seul et sûr chemin passe par notre présence réelle et fidèle dans l’Eglise, car au milieu de nos tribulations, seule l’Eglise bénie par l’Esprit Saint peut nous donner « ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme mais que Dieu révèle à ceux qui l’aiment ». L’Eglise est le lieu que Jésus le Messie continue de traverser avec nous comme il traversait la Galilée, pour nous enseigner et nous guérir. Pour le rencontrer en esprit et en vérité dans l’Eglise, revenons sans cesse à nous mêmes et en nous-mêmes, tournons-nous vers Dieu qui a crée l’homme à son image et à sa ressemblance, alors pourra commencer l’œuvre du vrai repentir en vue du Royaume des cieux.
Aux tentations insensées du Malin, Jésus donne une réponse divino-humaine qui glorifie Dieu tout en bénissant l’homme, Dieu a expulsé le tentateur du Paradis et le Christ l’a expulsé hors de l’homme, et depuis, le Malin rôde dans la Création et sa seule obsession est de séduire l’homme pour le détruire. Il ne nous suffira pas de prier Dieu de ne pas nous laisser « succomber à la tentation » ou bien de nous contenter de crier « Seigneur, Seigneur » pour être sauvé, mais nous devons cultiver par la pratique religieuse notre vie orthodoxe, en recherchant sans cesse la « grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu notre Père et la communion du Saint-Esprit », pour espérer réaliser notre vocation orthodoxe et divino-humaine de disciple du Seigneur.
La conversion spirituelle est le don de la grâce divine qui nous permettra d’apprendre à discerner la volonté du Seigneur, afin d’acquérir peu à peu une plénitude de vie et d’être au cœur même de notre existence réelle, et cette sagesse pratique ne s’oppose en rien à notre présence concrète, éclairée et pragmatique dans la réalité de ce monde. Soyons attentifs et veillons sur nous avec simplicité et avec l’intelligence du cœur, pour nous aider, méditons le conseil de saint Paul « ne vous fiez pas à tout esprit, mais discernez d’où il vient », nombreux sont les électrons libres et autres prophètes auto-proclamés qui tout en n’appartenant à aucune Eglise orthodoxe, se permettent pourtant de les juger toutes, de ceux-là, l’Ecriture sainte et inspirée dit « vanité rien que vanité, rien de nouveau sous le soleil » et « leur gosier est un sépulcre béant ».
Au Père qui nous a envoyé son Fils Unique, au Fils qui nous enseigne le repentir qui sauve, au Saint Esprit qui nous sanctifie, soit la gloire, dans les siècles des siècles, amen.
+ Syméon
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