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vendredi 21 novembre 2025

La Fille de Jaïre.

 

(Luc 8, 41 à 56).

Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, amen.

 

 


Aujourd’hui, notre sainte Église orthodoxe nous invite à être les témoins vivants et vivifiants de la Grâce divine qui habite le saint prophète Jésus devenu par son incarnation, l’un d’entre nous. Cette grâce est accessible pour nous, il nous suffit de la demander avec une foi juste sans nul besoin d’être théologien ou philosophe, nous n’avons pas à prouver à Dieu combien nous sommes cultivés. Ce que notre Seigneur doux et humble de cœur nous propose, c’est de cultiver la Foi en Lui et son corollaire indispensable la confiance en nous, car depuis toujours et pour toujours Dieu aime l’homme avec comme seule condition, l’amour réciproque.

 

Dans l’Evangile de ce jour quelqu’un dit au chef de la Synagogue : ta fille est morte, n’ennuie plus le Maître », mais le Maître répond « sois sans crainte, crois seulement et elle sera sauvée », c'est-à-dire que le Christ nous invite à ne pas écouter les discours pessimistes du monde déchu, à ne pas nous laisser détruire par des paroles sans issue possible, mais à nous tourner encore et encore vers la Vie, c'est-à-dire vers Dieu qui peut l’impossible. L’Église à travers le récit de la fille de Jaïre, nous invite chacun et chacune, à questionner notre foi, est-elle proche de celle que le Seigneur espère en nous invitant à croire que « celui qui croit en Lui, fera les mêmes choses que Lui et même de plus grandes ». Nos savons que notre manque de foi est plus ou moins fluctuant et déjà le prophète Isaïe proclamait en 53, 1 « qui a cru à ce que nous avons annoncé » ? La foi en Dieu nourrit l’espérance de notre résurrection, qui commence déjà en ce monde, c’est ce dont témoigne aujourd’hui pour nous le récit concernant la fille de Jaïre.

 

La fille de Jaïre est aussi une icône de l’âme et de la vie qui est unique, perdre son âme s’oppose à la vie dont saint Jean dit : « que dans le Verbe était la vie et que la vie est la lumière des hommes », le refus de la vie lumineuse engendre alors les ténèbres qui voilent tout discernement spirituel. Perdre son âme, revient à expérimenter cette parole du Seigneur « à quoi bon posséder le monde entier si tu perds ton âme », dans cet état contre nature, la vie évangélique devient inaccessible et s’oppose à toute expérience spirituelle qui pourrait transformer vraiment notre existence et nous libérer des désirs matériels non indispensables.

 

Nous sommes, chacun et chacune « Jaïre » qui avons vocation à laisser Dieu rayonner en nous, nous avons reçu pour cela un talent unique un temple saint et sacré, c’est à dire nous-mêmes, dont nous sommes les responsables liturgiques, dans lequel habite notre fille, c’est à dire notre âme, afin qu’elle puisse y être restaurée et ressuscitée pour le Royaume de Dieu. C’est pourquoi saint Paul dans l’épître de ce jour nous rappelle que « nous avons comme fondations les apôtres et les prophètes et pour pierre d’angle le Christ lui-même…afin de devenir une demeure de Dieu dans l’Esprit ».

 

Le Seigneur notre Dieu, le saint Christ Jésus, nous révèlera pleinement qui Il est comme Homme parfait et Dieu parfait en nous faisant comme Il le montre avec la résurrection de la fille de Jaïre, passer de la mort totale à ce monde à la vie éternelle du Royaume de Dieu. IL nous révèlera aussi pleinement à nous-mêmes dans Sa grâce divine et cela engendrera la contemplation émerveillée de la Divine Trinité par l’humanité sauvée. Alors à nouveau, l’homme sera rempli non seulement du rayonnement divin et restauré dans la beauté éternelle qui était celle de sa création originelle, mais il sera aussi un « christ et recevra de Dieu un nom nouveau » connu seulement de celui qui reçoit ce nom, et ce nom sera unit indissolublement avec le Nom de Dieu, pour des siècles et des siècles de vie éternelle.

Cultivons l’humilité qui attire à elle la Divine Trinité, qui nous fait amis intimes de Dieu, qui permet la communion spirituelle avec la Théotokos, les Saints et les Saints Anges, mais qui permet aussi la communion fraternelle, sortons des illusions mortifères et morbides distillées par les esprits sous ciel et dont le vieil homme en nous se fait le complice pour nous susurrer « n’ennuie pas le Maître ». Au contraire, ne nous lassons pas de prier et supplier le Maître d’être sans cesse à notre côté, et de nous guider lui-même dans la voie de la résurrection telle qu’Il la désire pour chacun et chacune d’entre nous.

 

« Dieu sera tout en tous », à Notre Père Céleste, qui nous bénit par le Christ notre unique Grand-Prêtre et nous donne de concélébrer la Divine Liturgie dans l’Esprit de Sainteté, soit la Gloire dans les siècles des siècles, amen.

 

+ Syméon

 

 

 

samedi 15 novembre 2025

Le possédé gérasénien.

 

(Luc 8, 26 à 39)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen.

 

 

 

Aujourd’hui, l’Évangile nous parle d’un homme possédé par plusieurs démons, il était nu et survivait au milieu des tombes d’un cimetière. Là voyant Jésus, il poussa de grands cris à voix forte : « Que me veux-tu, Jésus, Fils de Dieu du Dieu très-haut ? Je t’en prie ne me tourmente pas » ce n’est pas le démoniaque qui hurlait vers Jésus mais bien la horde des démons qui le hantaient.

 

Voici l’homme possédé, l’un d’entre-nous dont l’humanité est broyée par des forces opposées à la volonté divine, homme déshumanisé en proie à une agitation intérieure et extérieure fomentée par les « esprits sous ciel » dont parle saint Paul, qui peut à part le Christ connaître l’état de cet homme transformé en énergumène incontrôlable soumis à la haine démoniaque ?

 

L’Évangile précise que « les Géraséniens priait Jésus de s’éloigner d’eux, car ils étaient en proie à une grande peur », que ferions-nous si nous étions témoins d’une scène identique, dans cette parabole décrite par saint Luc, la possession est extrême et diabolique, mais il est permis de penser que toute possession, qu’elle le soit par des esprits impurs, par des possessions matérielles ou intellectuelles est générée par des pulsions de nature contraire à la dignité humaine.

 

Si nous nous laissons lier par des désirs insensés au point de ne plus savoir qui nous sommes ni où nous en sommes, si nous n’avons plus de discernement suffisant pour nous regarder avec l’intelligence du cœur, alors qui d’autres que notre Seigneur Jésus-Christ pourra nous désaliéner de ce qui nous entrave et nous empêche de vivre selon la beauté et la vérité de l’Orthodoxie.

 

Le cimetière où erre ce « possédé » est une métaphore de ce qui en nous est de l’ordre des ombres mortifères, une image de notre âme désorientée par manque d’expérience spirituelle et confrontée à ce que le langage populaire appelle « nos démons intérieurs » qui nous éprouvent au quotidien dans nos colères, frustrations, etc.

Le cimetière est certes le lieu de notre retrait des êtres et des choses de ce monde, l’Écriture sainte nous rappelle « que nous sommes nés de la terre et que nous retournerons à la terre ». Pourtant, le royaume des tombes est aussi l’antichambre dans laquelle nous reposons dans l’espérance de la résurrection de nos corps et de notre naissance à la vie éternelle par la puissance du Verbe créateur qui comme pour Lazare nous criera « Je te l’ordonne, sors du tombeau ».

 

Au Père créateur de l’homme et de la création, au Fils issu de Marie la toute sainte et à l’Esprit qui conserve l’univers, soit la gloire dans les siècles des siècles, amen.

 

+ Syméon

 

 

 

samedi 8 novembre 2025

Le mauvais riche et le pauvre Lazare.

  

(Luc 16, 19 à 31)

Au Nom du Père, du fils et du Saint-Esprit, amen.

 


Aujourd’hui, le saint Évangile nous parle d’un « mauvais riche qui se revêtait de pourpre et de lin fin et faisait chaque jour un brillant festin » et du pauvre Lazare qui gisait au portail du riche couvert d’ulcères, affamé et assoiffé.

 

Portail signifie ici « autour de nous », si donc nous voulons festoyer et que nous connaissons « un pauvre proche » pourquoi ne pas l’inviter à notre table pour partager ensemble un bon repas et surtout cultiver une relation naturelle conforme à l’enseignement évangélique qui en même temps rends grâce à Dieu et béni l’homme.

 

Voici donc le « mauvais riche », le monde appelle un tel individu celui qui sait faire la « fête » çà rigole, çà chante et danse, çà mange des plats délicieux en buvant de bons vins, çà se met en représentation chez soi et dans « l’entre soi familial et amical », le monde extérieur est loin et le monde intérieur à l’âme est soumis au refoulement.

 

Voici maintenant le « Bon Riche » notre Père céleste qui invite tous les vrais pauvres, appelés « bienheureux les pauvres en esprit », pauvreté qui n’est pas d’abord ni seulement celle des conditions matérielles, et qui passe par le chemin spirituel des Béatitudes et qui trouve sa vie, sa nourriture et sa boisson dans la très « Sainte Cène » qui seule peut combler le désir essentiel qui palpite au fond de la personne pour une plénitude de « vie, de mouvement et d’être ». Le mauvais riche n’invite personne d’étranger à sa table, Dieu invite tout homme et femme sans

discrimination au festin spirituel avec Lui, mais très peu acceptent d’y participer car beaucoup préfèrent comme le mauvais riche rester chez eux sans se soucier véritablement de l’invitation divine et encore bien moins de tous ces « Lazare » qui errent dans les rues ou sont assis devant nos portails.

 

 

Voici donc le mauvais riche, petit roitelet, enivré par ses « pauvres petites richesses matérielles » qui se fait servir et le véritable riche, notre saint Christ qui se fait  « Serviteur du pauvre » et le comble de toutes ses richesses divino-



humaines afin de le délivrer de toutes les servitudes qui asservissent l’humanité.  

 

Le saint Évangile du Seigneur Jésus nous interpelle à travers la parabole du mauvais riche tout comme il le fait dans toute l’Écriture Sainte, pour nous encourager à choisir sans cesse entre l’essentiel et l’accessoire, pourquoi ? Pour que notre existence aboutisse plutôt dans le Royaume de Dieu et non là où nous dit le Christ seront « les ténèbres extérieures, les pleurs et les grincements de dents », dans une vie éternelle sans Dieu, qui s’appelle « l’enfer éternel» où ne resplendit aucune lumière, où ne rayonne aucune célébration spirituelle, là règne le morbide, le mortifère et l’inhumain.

 

Au Père Créateur, au Fils Unique de Dieu et à l’Esprit de lumière et de vérité soit la gloire, dans les siècles des siècles, amen.

 

+ Syméon

 

 

samedi 1 novembre 2025

Le Semeur.

 

(Luc 8, 5 à 15)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen.

 

 

Aujourd’hui, le saint Évangile nous donne à méditer la parabole du Semeur et d’en faire notre nourriture spirituelle pour notre ascèse en vue de notre salut.

 

Les disciples s’étonnent du fait que le Seigneur leur dise à vous « il est donné de connaître les mystères du Royaume des Cieux, mais pour les autres, c’est en paraboles », pourquoi ? « Afin qu’ils voient sans voir et entendent sans comprendre ». Parole qui peut sembler étrange à tous les individus dont la pensée reste accrochée à leur compréhension  superficielle des êtres et des choses de la vie.

 

Mais les mystères divins peuvent également restés fermés même aux croyants qui viennent dans l’Eglise, pourquoi, parce que leur esprit  reste absent à l’expérience liturgique, ils ne sont pas éveillés par manque de vigilance à la beauté et à la profondeur religieuse et spirituelle de la Divine Liturgie, l’habitude a aveuglé leur regard et a rendu sourde leur écoute et cette attitude ne permet pas d’engranger les fruits que donne la célébration liturgique.

 

Dans cet état d’absence à l’essentiel, le Semeur divin ne trouve aucune terre intérieure à féconder pour renouveler en nous la vie selon la sagesse de la voie orthodoxe. La sècheresse spirituelle et la routine finiront par nous décourager et la grâce non accueillie se retirera dans l’attente que nous nous reprenions en main par la prière personnelle et liturgique persévérante.

 

Le Semeur céleste voyant notre bonne volonté reviendra vers nous et sèmera à nouveau avec abondance en nous les trésors contenus dans l’Esprit-Saint. L’ascèse orthodoxe n’est pas le fruit d’actes magiques, mais la décision librement mûrie de pratiquer l’obéissance envers la sagesse divino-humaine de l’Eglise orthodoxe. L’icône de cette vraie obéissance est sertie dans cette parole du Seigneur lui-même « celui qui m’aime c’est celui qui garde mes commandements et les mets en pratique ».

Le Semeur céleste, notre Père continue à demander dans l’Eglise comme il le faisait dans le Paradis « Adam, où es-tu, Eve où es-tu » ? La pratique spirituelle reçoit toute sa grâce dans la célébration sainte de la Divine Liturgie, sans cette prière liturgique qui culmine dans la communion au « Corps et Sang du Seigneur » notre spiritualité et notre prière personnelle sera stérile comme un arbre sec.

 

Adam et Eve se cachaient devant la présence divine au Paradis, si nous nous cachons dans les folies et les actions superficielles mondaines, si nous étouffons en nous l’appel divin à venir dans l’Eglise, comment pourrons-nous répondre à Dieu « me voici Seigneur, apprends-moi à t’écouter enfin et à te répondre » donc « que celui qui a des oreilles pour entendre entende », ne savons-nous pas combien le temps qui nous est offert dans ce monde est court ?

 

Voici le Semeur divino-humain, oui le Christ Dieu, là au milieu de nous, en nous et dans l’Eglise, allons-nous, nous laisser ensemencer par la semence spirituelle qui est l’Esprit de Dieu lui-même ou allons-nous continuer à nous laisser séduire par le fameux « j’aimerais bien, mais j’ai ceci ou cela à faire », il appartient à ma responsabilité personnelle de « choisir la meilleure part » dont je vais devoir rendre compte à Dieu puisque je me revendique comme « orthodoxe », à l’évidence la meilleure part ne peut être que « Dieu lui-même », l’essentiel de la vie spirituelle a été déposé uniquement dans l’Eglise qui possède comme un trésor la plénitude des Dons de l’Esprit-Saint. 

 

Au Père qui sème encore et encore en nous sa grâce, au Fils qui nous guide et à l’Esprit-Saint qui veut faire fructifier en nous la sainte vie divino-humaine, soit la gloire dans les siècles des siècles, amen.

 

+ Syméon