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samedi 11 janvier 2025

La fuite en Égypte Dimanche après la Nativité

 

 

Homélie prononcé par Père Panagiotis le 4 janvier 2009 

   

Mes chers frères,

 

Ces jours-ci nos pensées sont tournées vers ces lieux saints où est né Notre Seigneur Jésus Christ. Nous louons et glorifions nous aussi avec les anges, la divine naissance. Nous nous prosternons avec les bergers devant l'enfant divin et offrons avec les mages nos présents : la foi, l'espérance et notre amour pour Notre Seigneur Jésus Christ.

La fuite de Jésus en Égypte et les persécutions qui s'ensuivirent au cours de sa vie, avec comme aboutissement sa crucifixion, sont une sorte de guerre éternelle qui a lieu, depuis l'époque de la chute, entre Satan et Dieu. Entre les forces des ténèbres et la Lumière, entre le dragon et l'Agneau. De cette guerre, Jésus sortira vainqueur. Il brisera l'antéchrist et ses serviteurs. Les hommes des ténèbres le cloueront sur la croix, mais de la colline du Golgotha va briller le soleil qui éclairera la terre entière. Son Église subira le même sort. Elle sera colorée du sang des martyrs, elle sera persécutée mais ne sera pas brisée. Elle triomphera dans la douleur, l'humilité et le martyre.

Dès les premiers pas de sa vie terrestre, Jésus goûte à la coupe amère des persécutions qui l'obligent à fuir, mais simultanément la force et la protection de Dieu le soutiennent.

Le tyran Hérode veut faire mourir l'enfant Jésus et l'Ange de Dieu conseille au protecteur Joseph, de partir avec l'enfant et sa mère en Égypte. Et tandis qu'Hérode, ayant ordonné la tuerie inhumaine des nouveau-nés de Bethléem croit s'être débarrassé de Jésus, Jésus qui a échappé à la tuerie, grandit silencieusement en pays étranger (l'Égypte) où Il s'est réfugié avec ses parents, afin de retourner, plus fort, en Judée, après la mort d'Hérode, pour prêcher le Royaume des Cieux. Lorsqu'Il commence son œuvre de salut, Il est calomnié, qualifié de mage, d'ivrogne, d'ami des débauchés et des publicains. Il est poursuivi dans son propre pays et enfin Il est livré par l'un de ses disciples. Il est flagellé, emprisonné, et crucifié par ceux dont Il a été le bienfaiteur.                                                                                                                                                                                         Les persécutions continuent même après sa Résurrection, envers son Église, ses disciples et ses apôtres et de façon continue envers tous les Chrétiens qui vivent son Évangile dans la foi et la dévotion.

Durant les trois premiers siècles de notre ère, l'Église est appelée Église des martyrs. Ils sont des millions mes martyrs connus et inconnus qui ont versé leur sang pour leur foi en Christ. Ils ont rempli les prisons, rassasié de leur chair les bêtes féroces, coloré la terre entière de leur sang précieux. Cependant plus elle est combattue, plus l'Église du Christ se consolide et excelle.

Après les premières persécutions vinrent d'autres persécutions émanant cette fois de l’intérieur de l'Église. Schismes et hérésies ébranlent son unité. Des Chrétiens persécutent d'autres Chrétiens, des frères tuent d'autres frères. L'Église du Christ est bouleversée et sombre dans une grande tristesse qui malheureusement se manifeste encore de nos jours.                                    Dans les temps nouveaux apparaissent les athées qui avec l'arme de la science, tentent de déraciner la foi des Chrétiens et remplace Dieu par leurs propres dieux. Ce sont des idolâtres. Ils insultent et calomnient l'Église et ses officiants, ridiculisent le sacré et s'efforcent d'instaurer à la place de l'Église une religion idolâtre.

Ainsi nous arrivons à notre époque contemporaine où la persécution de Jésus et de son Église prend une forme particulière. La société d'hyperconsommation avec l'hyper suffisance des biens matériels entretient une indifférence vis-à-vis de tout ce qui concerne la vie au-delà de la mort. Les gens aujourd'hui s'intéressent davantage à leur propre corps et très peu à leur âme. Par tous les moyens dont dispose aujourd'hui la société, se développe une redoutable propagande anti chrétienne, anti spirituelle, laquelle a pour nous tous des retombées catastrophiques. Le corps est divinisé, les valeurs morales sont piétinées, les idéaux s'écroulent et une nouvelle religion est prêchée qui a pour centre non pas Dieu, mais l'homme...

Aujourd'hui les persécuteurs du Christ et de son Église portent le masque du "civilisé", du moderne, de l'affranchi, du progressiste et sournoisement œuvrent dans le sens de la division de l'Église et bouleversent son fonctionnement.                      Il est vrai qu'aujourd'hui aussi le Christ est persécuté de même que tous ceux qui croient en Lui. "Ceux qui me persécutent, vous persécutent aussi" a dit le Seigneur à ses disciples, et cela s'applique à tous les croyants. Mais nous, nous ne devons pas désespérer et avoir peur car après la tristesse vient la joie, après le martyre la gloire, après le Golgotha la Résurrection.Mes frères, Le Christ ne nous a promis dans ce monde gloire, honneurs et richesses. "Dans ce monde, vous éprouverez de la tristesse, mais soyez confiants, moi j'ai vaincu le monde"

Le Christ avec son Église vaincra de nouveau.   Avec cette foi et cette espérance, contemplons notre avenir en Chrétiens. L'Emmanuel est avec nous !  Amen.      Père Panagiotis

 

Commentaire patristique par Eusèbe le Gallican (Ve siècle) 

 

"Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?" (Mt 2,2)

Le roi traître Hérode, trompé par les mages, envoie ses sbires à Bethléem et dans tous les environs pour tuer les enfants de moins de deux ans... Mais tu n'as donc rien obtenu, barbare cruel et arrogant : tu peux faire des martyrs, tu ne peux pas trouver le Christ. Ce tyran malheureux croyait que l'avènement du Seigneur notre Sauveur le renverserait de son trône royal. Mais il n'en est pas ainsi. Le Christ n'était pas venu pour usurper la gloire d'autrui, mais pour nous faire don de la sienne. Il n'était pas venu pour s'emparer d'un royaume terrestre, mais pour accorder le Royaume des cieux. Il n'était pas venu pour voler des dignités, mais pour souffrir des injures et des sévices. Il n'était pas venu pour préparer sa tête sacrée à un diadème de pierreries, mais à une couronne d'épines. Il n'était pas venu pour siéger glorieusement au-dessus des sceptres, mais pour être bafoué et crucifié.

À la naissance du Seigneur, "Hérode a été troublé et tout Jérusalem avec lui" (Mt 2,3). Quoi d'étonnant, si l'impiété est troublée par la naissance de la bonté ? Voici qu'un homme en armes s'effraie de celui qui est couché dans une mangeoire, un roi orgueilleux tremble devant l'humble, "celui qui est revêtu de pourpre redoute le tout-petit enveloppé de langes... Il feignait de vouloir adorer celui qu'il cherchait à faire périr" (Mt 2,8). Mais la Vérité ne craint pas les embûches du mensonge... La traîtrise ne peut pas trouver le Christ, car ce n'est pas par la cruauté mais par la foi que l'on doit chercher Dieu, qui vit et règne pour les siècles des siècles. Amen.

 

dimanche 5 janvier 2025

La Nativité du Seigneur.

 

                                                                                                                                                                              7 janvier 2025.

(Matthieu 2, 1 à 12)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, amen.

 

 

Aujourd’hui, l’Eglise nous montre comment la Lumière Divine qui s’incarne dans un petit enfant, est refusée par ceux qui préfèrent les ténèbres et l’ombre de la mort, l’Evangile témoigne de la lutte impitoyable que Satan et ses serviteurs mènent contre Dieu, l’Humanité et l’Eglise. Saint Jean dans son prologue ne dit-il pas : « la Lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas reçue ». Hérode est Juif, il n’ignore rien de l’espérance messianique du peuple d’Israël, mais Hérode le sanguinaire est possédé par le Malin, et cette possession le vide de toute humanité, étant comme vidé de lui-même, rien ne le retiendra plus pour ordonner après le départ des rois mages, le « massacre des innocents ».

 

L’Evangile nous dit : « Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d’Orient se présentèrent à Jérusalem en disant : Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile en Orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui ». Que signifie, ils sont venus d’Orient ? Le prophète Ezéquiel ch. 43, 2 écrit : « la gloire du Seigneur s’avance de l’Orient », Orient est un des noms donnés au Seigneur, ainsi nous est signifié que les mages sont les inspirés et les envoyés de Dieu lui-même et de Son Royaume, de Dieu qui est l’Orient de la Lumière absolue qui va s’incarner par l’Enfant divin.  N’est-il pas étrange que Dieu nous envoie les rois mages, alors que les synagogues étaient les îlots lumineux qui avaient pour mission d’annoncer et d’accueillir la lumière éternelle, c’est à dire le Messie ? Les trois rois mages sont bien réels, et ce que l’Ecriture dit d’eux est parfaitement vrai, mais ils sont aussi une métaphore de ce qui se passe dans  l’homme, ce que les mages montrent dans leur cheminement extérieur, est par analogie ce que l’homme est appelé à vivre à l’intérieur.

 

L’étoile est ici une icône spirituelle de l’esprit de l’homme qui le guide depuis l’Orient, c’est à dire depuis la lumière de l’intelligence qui illumine l’être humain, afin de le guider vers le saint des saints qui est son propre cœur pour s’y prosterner et y adorer, l’Enfant Divin, notre Seigneur. Nous sommes donc appelés à offrir notre corps pour que l’Esprit Saint en fasse son temple, notre âme pour que l’Esprit Saint en fasse sa prière, notre esprit pour que l’Esprit Saint en fasse sa contemplation, pour que notre personne entière puisse recevoir la grâce d’accueillir la Divine Trinité.

 

L’Ecriture poursuit : « le roi Hérode, l’ayant appris, fut troublé, et tout Jérusalem avec lui ; il assembla tous les grands prêtres et les scribes du peuple et s’enquit auprès d’eux du lieu où devait naître le Christ ». Que signifient ici les innocents sur un plan spirituel et intérieur? Eh bien, ce sont toutes les pensées, toutes les paroles et toutes les actions divines et saintes inspirées par l’Esprit Saint et qui nous sont envoyées par la médiation de l’Eglise, pour faire de chacun d’entre nous un roi mage, qui a pour vocation de transmettre la grâce divine, c’est à dire la bonne nouvelle de la naissance du Roi des rois, pour le salut de l’humanité. Mais si les personnages évangéliques existent aussi en nous, le roi Hérode, qui est-il, que représente t-il dans l’être humain ? Hérode est un roi de pacotille et de comédie, une caricature misérable de la véritable royauté qui est spirituelle, un bouffon ridicule et insensé, affamé et assoiffé non de justice mais de pouvoir, en vérité il ne représente rien ni personne, car son royaume est celui des apparences, du néant. Mais s’il n’est rien, qui alors lui donne un pouvoir sur nous et en nous?

 

Hérode par analogie, c’est le vieil homme en nous, qui se trouble lui aussi, comme Hérode à chaque fois que l’homme est visité par la vérité de Dieu, Hérode, c’est le vieil homme, sa majesté l’égo, qui hurle moi, moi et encore moi, qui ne connaît d’autre dieu que lui même, d’autre œuvre que de faire sa volonté partout, toujours, en tout et avec tous. Le vieil homme qui refuse de se convertir à la nouveauté absolue que représente l’Enfant qui vient de naître à Bethléem, il est le serviteur et le complice de Satan, le séducteur et prince des ténèbres, dont l’unique désir est la destruction totale de l’humanité. C’est pourquoi les hordes sataniques s’associent avec tous les Hérodes de ce monde, pour persécuter l’Eglise et massacrer celui qui est le Sauveur unique de l’humanité, « l’Enfant Dieu ».  

 

 

 

 

 

L’Evangile poursuit : « Ils dirent à Hérode : l’Enfant est né à Bethléem de Judée, car voici ce que le prophète a écrit : et toi, Bethléem, pays de Juda, tu n’es certes pas le moindre parmi les clans de Juda, car de toi sortira un chef qui sera le pasteur de mon peuple Israël ». Voici donc que les prêtres et les scribes savent dire où naitra le Messie espéré, quant à y aller eux-mêmes, hélas, trois fois hélas, leur vanité et leur soumission aveugle à la lettre de la Loi, les empêche d’accéder à la vie en plénitude, c’est à dire, l’Enfant-Messie  annoncé, que pourtant ils prophétisent, espèrent et attendent tous.

 

Que signifient ici, les « clans de Juda » ? Seule la vie spirituelle inspirée par l’Esprit de Dieu peut emmener l’homme vers Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie, c’est à dire, l’Enfant Jésus qui vient de naître pour illuminer justement tous les clans dont parle le saint Evangile ? Les clans sont toutes les tribus d’Israël et toutes les Synagogues où est annoncée la parole prophétique du Très-Haut, cette parole qui ne cesse d’annoncer la naissance du Divin Rédempteur espéré par Israël, et que l’Israël de Dieu devait donner à l’humanité. C’est pourquoi plus tard, l’enfant devenu le « Serviteur Souffrant » contemplé par le prophète Isaïe, dira dans l’angoisse de son âme : « ô mon peuple que t’ai-je fait » ? Et ailleurs « qui a connu la pensée du Seigneur » ?

 

Mais voici l’humble merveille, la bonne nouvelle, voici que le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob a élu parmi tous ces clans fiers et prestigieux, l’humble « Bethléem », qui deviendra l’Eglise très sainte et très aimée de Dieu, Bethléem la maison du Pain, qui annonce que cet Enfant qui vient de naître est non plus la Manne reçue par les Israélites dans le désert, mais le Pain Vivant descendu lui-même du Ciel, pour se donner comme nourriture vivifiante à l’humanité. Bethléem, la maison du Pain, est le signe prophétique de l’Eucharistie, du Corps et du Sang que l’Enfant Divin versera librement lorsque devenu adulte, il accomplira pleinement  le mystère de la Nativité, de l’Incarnation, en donnant sa vie pour le salut du monde.

 

« Hérode alors appela les mages en secret et se fit préciser par eux la date de l’apparition de l’étoile, puis ils les dirigea sur Bethléem en disant : Allez prendre des informations précises sur cet enfant ; et, quand vous l’aurez trouvé, faites-le moi savoir, afin que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui ». De nouveau, l’Evangile nous montre l’ambiguïté du fonctionnement mental de Hérode le vieil homme, Hérode tout comme le tentateur dit des choses qui semblent bonnes et justes, mais comment agit-il ? Il agit en secret, par l’intermédiaire du vieil homme, en faisant semblant de bénir le voyage des rois mages, en leur faisant croire qu’il a le même projet qu’eux, qu’il veut le meilleur pour eux et pour l’Enfant, qu’il a les moyens de combler tous les désirs, y compris spirituels. En vérité, c’est le Temple de Jérusalem qui devait accueillir l’Enfant divin, il était par vocation la Grotte mystique que Dieu désirait illuminer par sa naissance.

 

L’Evangile dénonce toute pratique religieuse qui serait tramée en secret, toute décision qui serait prise par une seule personne au nom de l’Eglise, la justesse spirituelle est dans la réalisation conciliaire et fraternelle de la volonté divine. Le Seigneur nous averti de ne pas œuvrer seuls en nous-mêmes et avec comme seuls témoins nous-mêmes, c’est à dire nos pensées du cœur non purifiées. Hérode va se détruire lui-même parce que son mensonge est pathétique et tragique, dans sa folie, il pense pouvoir tromper Dieu lui-même, mais en réalité, son marchandage hypocrite avec les saints rois mages, ne lui rapportera rien, sinon faire de lui le monstrueux bourreau de l’enfance innocente.

 

L’Evangile poursuit : « sur ces paroles du roi, ils se mirent en chemin. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue en Orient se mit à les précéder jusqu’à ce qu’elle vînt s’arrêter au-dessus de l’endroit où était l’enfant ».

L’Esprit Saint nous initie au véritable discernement spirituel en nous invitant à vivre en nous mêmes le saint Evangile, les témoignages que les divers personnages y manifestent nous représentent plus ou moins, d’une manière ou d’une autre. Les mages se mettent donc en route sur les ordres du roi Hérode, et l’étoile qui ne pouvait briller en présence d’Hérode qui représente les ténèbres du monde sans Dieu, peut à nouveau resplendir de toute sa luminosité divine, pour accompagner le voyage intérieur et extérieur non seulement des rois mages, mais de toute personne qui décide de dire amen, à l’appel providentiel de Dieu. 

 

 

L’Ecriture poursuit : « la vue de l’étoile les remplit d’une grande joie ; ils entrèrent dans la grotte, trouvèrent l’enfant avec Marie, sa mère, et, le front contre terre, ils se prosternèrent devant lui ; puis ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe ». Que signifie : « la vue de l’étoile les remplit d’une grande joie ? ». Cela signifie leur communion réelle à la lumière incréée dont cette étoile est le signe manifeste dans la création, cela signifie que la lumière est le fruit de la vie en Dieu et que cette vie lumineuse engendre cette grande Joie dont le Seigneur dit : « Je vous donnerais la Joie que nul ne pourra vous ravir ». Seule la joie divine est la joie véritable, joie qui nous donne de danser intérieurement devant la Divine Trinité, joie vécue par les rois mages, joie vécue par les humbles bergers, joie de toute la création qui unit le ciel et la terre, joie que celui à qui le Seigneur donne de la goûter, même une seule fois, ne pourra plus jamais oublier ni dans ce monde ni dans l’autre.

 

Que signifie, ils entrèrent dans la maison et la suite…cette maison est l’Eglise intérieure, spirituelle et mystique, icône de la grotte de Bethléem, c’est le lieu de Dieu dans l’homme, la rencontre personnelle de l’homme avec Dieu, là où tout naturellement, l’homme se prosterne au cœur de son cœur, dans l’amour et l’adoration en esprit et en vérité devant l’Enfant éternel avec lequel l’homme peut lui aussi grandir en toute grâce et s’élever vers la Divine Trinité.

 

Que signifie encore, ils Lui offrirent de l’or, de l’encens et de la myrrhe ? Cela signifie que l’homme, roi, prêtre et prophète, a retrouvé par la grâce de Dieu son origine divine, et peut réaliser le grand œuvre d’amour, et les signes de cet état spirituel retrouvé sont ceux de la nature divine elle-même, offrir l’or c’est confesser que la nature de Dieu est Lumière absolue, offrir l’encens c’est confesser que la nature de Dieu est le parfum de la Sainteté absolue, offrir la myrrhe c’est confesser que la nature de Dieu est en vérité l’Immortalité absolue.  Alors Dieu, le Roi Mage Divin, à son tour offre à l’homme non pas l’or, l’encens ou la myrrhe, mais la « déification, l’adoption filiale, la communion sans confusion ni séparation avec le Père éternel, qui est la vie éternelle dans le Royaume de Dieu ».

 

L’Ecriture poursuit : « ensuite, avertis en songe de ne pas retourner auprès d’Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin ».

 

L’Evangile de ce jour nous révèle ainsi le pèlerinage religieux et spirituel proposé à l’être orthodoxe, cette ascèse de vie qui doit transformer peu à peu l’homme, et faire de lui un être liturgique qui célèbre son Seigneur à travers toute son existence quotidienne, cette vie en Dieu est d’abord une vie en soi avec Dieu, parce que la relation à Dieu est toujours personnelle, mais aussi une vie avec l’autre, c’est-à-dire une vie en Eglise. Alors nous aussi, nous « regagnerons notre pays par un autre chemin », c’est à dire, non plus par les sentiers de perdition du monde hérodien ou ceux chaotiques du vieil homme, mais par le « Chemin unique qui est le Christ, pour arriver dans notre pays réel qui est le Royaume de Dieu ».

 

Au Père Roi de l’Univers, au Fils qui nous veut cohéritiers de Son Royaume et à l’Esprit Saint qui nous intronise dans le Royaume, soit la gloire dans les siècles des siècles, amen.

 

+ Syméon

 

 

samedi 28 décembre 2024

INTRODUCTION A LA TRADITION ORTHODOXE :

 

 

INTRODUCTION A LA TRADITION ORTHODOXE :

L’EGLISE

« Je crois en l’Eglise Une, Sainte, Catholique et Apostolique. »

 


La contemplation du Mystère de l’Eglise de Dieu est vitale pour le Chrétien parce qu’elle est aussi son propre « mystère », lieu de sa libération de tout esclavage en Jésus-Christ. Nul ne peut confesser que Jésus est Seigneur sans l’Esprit-Saint, de même, nul ne peut méditer le Mystère de l’Eglise et le vivre réellement sans ce même Esprit-Saint.

 

L’Eglise est au cœur du monde, elle est le cœur du monde, elle contient le monde et transcende le monde, qualités que nous reconnaissons à Dieu lui-même, ce faisant, nous confessons la grandeur de l’Eglise. L’Eglise de Dieu est Icône de l’économie divine dans le monde, miroir où chacun  peut acquérir la grâce de voir la Face de Dieu sans mourir. Ce don nous est accessible d’abord en Christ, par la médiation de Marie Mère de Dieu, des Apôtres et de tous les Saints à travers l’œuvre liturgique qui engage tout l’homme. L’Eglise est le lieu vivant où avec Moïse, nous devons nous déchausser, Terre Sainte où tout l’univers retrouve son unité. Elle est l’Epouse du Christ et notre épouse, Corps du Christ et notre corps, et nul ne hait son propre corps.

 

Rien ne peut s’incarner sans exister d’abord en Dieu, ne disons-nous pas que « Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel », ainsi l’Eglise terrestre est dans sa nature spirituelle semblable à l’Eglise céleste, construite non selon une vision  humaine limitée, mais selon le modèle révélé par Dieu dans le Christ et l’Esprit. Tout ce qui a vie reçoit son être de Dieu et l’existence est d’amener cette vie divino-humaine à sa perfection dans le respect et la vocation reçue à incarner à  en vue de sa déification ultime par la grâce de Dieu.

 

Il est inscrit dans l’homme créé par Dieu une économie spirituelle qui lui permet d’aller librement vers la réalisation parfaite de sa vocation qui est d’être déifié et de s’unir à la Divine Trinité. De même, le cosmos est appelé à être transfiguré et spiritualisé mais non déifié. Autrement dit, chaque créature créée par Dieu a une vocation spécifique selon son essence, sa semence et son espèce qui consiste en ce que cette « tout ce qui existe loue le Seigneur » car vivre c’est louer la Divine Trinité. (Ps. 103)..

 

 Je crois en l’Eglise :

Cet acte de foi  que nous confessons concernant l’Eglise procède du même Esprit avec lequel nous confessons au début du Credo : Je crois en Dieu le Père, en Jésus-Christ, en l’Esprit -Saint… Il est donc aussi essentiel de croire en l’Eglise qu’en Dieu lui-même, car nous ne pouvons pas vivre l’un sans l’autre. Certes, il y a une hiérarchie dans notre confession puisque nous commençons par le Père, le Fils et l’Esprit Saint ...mais le Credo est un tout indissociable.

 

La première attitude qui nous est demandée est de croire en l’Eglise. Nous ne disons pas « nous croyons », mais «  je crois ». Il s’agit là d’une responsabilité personnelle à assumer, dans un même esprit que celui dans lequel nous nous donnons le baiser de paix et disons « paix à toi et à l’Eglise », mais en ayant toujours présent à l’esprit l’inséparabilité de l’homme et de la communauté.

 

Nous confessons par l’Eglise une réalité qui est d’abord spirituelle mais qui désire s’incarner selon la bénédiction du Christ dans l’histoire du monde et dans l’humanité. L’Eglise d’invisible est devenue visible, elle est créée, là et à venir dans le devenir liturgique divino-humain. L’Eglise est le Corps du Christ mais ce corps contient la plénitude de la divinité en Lui. C’est pourquoi nous affirmons que l’Eglise peut être contemplée comme incréée selon la divinité du Christ et créée selon l’humanité du Christ.

 

Ce « Je crois » pour confesser véritablement doit être l’Icône du « Je Suis » par lequel le Christ affirme son antériorité et sa supériorité par rapport à Abraham devant les Pharisiens et les Juifs. Est-il nécessaire de confesser et de croire en une réalité qui serait déjà pleinement présente ? Nous croyons donc en une réalité certes palpable et expérimentable dans l’Eglise incarnée, puisque nous chantons « goûtez combien le Seigneur est doux », signe réel et précurseur du monde à venir.

 

 Une

La première qualité que nous reconnaissons à cette Eglise que nous confessons est qu’elle est « Une », ce qui est tout simplement un des noms attribués à Dieu. Concernant l’Eglise historique, nous voyons bien qu’elle est non pas Une mais multiple, non pas unie mais désunie.

Dans l’unique Eglise du Christ, sont contenues des églises particulières qui ne reçoivent pas leur unité d’elles-mêmes  mais de leur confession orthodoxe fixée au sein de la Tradition et des Conciles et proclamée dans les Actes des Apôtres sous la forme de : « L’Esprit- Saint et nous… », elle est donc Une dans l’unité de la Foi. Toute Eglise locale, quelle que soit son importance, qui ne confesse  pas la Foi de l’Eglise « Une  et Universelle » s’exclue elle-même du Corps du Christ ce qui est vrai aussi pour tout Chrétien.

 

Nous devons confesser l’Eglise par la foi et les œuvres, « en vérité, en vérité, je vous le dis : celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais et même de plus grandes ». La Vérité qui est le Christ lui-même nous enseigne ici que la foi et les œuvres doivent êtres unies et présentes dans la vie de l’homme comme un témoignage à la Vérité et à la Lumière et comme étant faites en Dieu.

 

Sainte :

 

L’Ecriture témoigne tout particulièrement de la Sainteté de Dieu et l’Eglise incarnée est appelée à témoigner de celle-ci par le Christ dans l’Esprit -Saint et au sein des chrétiens. Lorsque nous pénétrons dans l’Eglise de Dieu, Corps du Christ, nous entrons dans la Vie en Dieu, nous sommes en contact de manière immédiate avec Sa Sainteté que nous le voulions ou non, que nous en soyons conscients ou non.

 

Dans la confession de la Sainteté de Dieu, nous ne pouvons trouver de meilleur témoignage que celui de l’Eglise lorsque nous chantons en son sein : « Saint, Saint , Saint est le Seigneur Tout – Puissant, le ciel et la terre sont remplis de Ta gloire, Hosanna au plus haut des cieux. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Hosanna au plus haut des cieux  ».

 

A ce chant magnifique répond en unisson celui des chœurs célestes qui proclament : «  Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout- Puissant, celui qui était, qui est et qui vient ! », de la terre au ciel et du ciel à la terre, de ce monde au monde à venir est proclamée la Sainteté de Dieu.

 

Catholique :

 

L’Eglise est catholique c’est à dire  universelle au sein de laquelle naissent toutes les Eglises historiques en leur temps et lieu par l’œuvre de l’Esprit-Saint et des hommes. L’universalité de l’Eglise réside et prend sa source dans la réalité spirituelle qui est le Christ lui-même, ce qui s’exprime premièrement dans l’unité de la Foi de laquelle découlent les pratiques rituelles particulières.

 

La catholicité répond à la parole du Christ que les vrais adorateurs du Père, voulus par Lui, L’adorent en esprit et en vérité  fondement de l’incarnation de la Foi. Dans cette optique, le mono ritualisme que parfois on entend exiger pour toute la chrétienté, apparaît non seulement utopique mais encore comme une déformation hérétique de l’esprit des Conciles œcuméniques.

 

L’Eglise n’est pas catholique parce qu’elle serait prêchée dans le monde entier, mais elle le devient dans l’unité de la Foi, reçue et transmise par le Christ et dans l’Esprit-Saint au sein de la Tradition apostolique.

 

L’Eglise est catholique-universelle également dans le sens où le Corps du Christ qui comprend premièrement tous les Chrétiens, contient aussi en lui toute l’humanité. La catholicité du salut est proposée à tout homme, bien que non imposée, car en Christ nous sommes affranchis de toute servitude et appelés à lui répondre en homme libre.

 

Ainsi, au sein même du Corps du Christ, le Chrétien est co-responsable du devenir de toute l’humanité et de toute la création, ce qui est  souligné tout particulièrement par la parole du Christ : « vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde »

 

Apostolique.

 

L’Eglise possède toutes les qualités divines précitées, mais il est indispensable qu’elle soit reconnue et reçue à travers la Tradition Apostolique, ces hommes qui ont confessé et témoigné par leur vie et leur mort que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. Depuis vingt siècles, les Chrétiens confessent la Foi reçue par le Christ  à travers les Apôtres, les Pères de l’Eglise, la succession ininterrompue des Evêques. C’est pourquoi notre Credo commence par : « Je crois ».

 

Cette Tradition Apostolique est indispensable et incontournable au point où Saint Paul nous prévient que même si un ange nous apparaissait pour nous annoncer un autre Evangile, nous devrions le refuser. La Tradition Apostolique par son enseignement nous rend conforme si nous la vivons à la réalité spirituelle dont elle est issue elle-même et qui remonte toujours au Christ.

 

Les douze Apôtres représentent douze voies de réalisation spirituelle par lesquelles le Chrétien peut expérimenter concrètement, ici et maintenant le Royaume des cieux. Marie, Mère de Dieu, peut-être appelée Apôtre des Apôtres car elle représente la synthèse en plénitude des Douze.

 

Il n’existe pas d’autre Nom sous le ciel… Tout nom reçu dans une tradition religieuse est une icône de ce Nom unique qui nous sauve et nous fait participer à Lui. Citons simplement sans les développer deux exemples concernant le don d’un nouveau nom en vue d’une réalisation spirituelle : 1 : Celui que l’on reçoit ou demande lors de la confession de la Foi orthodoxe. 2 : Celui que l’on reçoit lors de l’engagement monastique ou de la prêtrise. Pour conclure brièvement, citons le Christ  qui dit : «  et, sur le caillou, un nouveau nom écrit, que nul ne connaît sinon celui qui le reçoit. »

 

Pour terminer cette très sommaire étude sur le  Mystère de l’Eglise, nous pouvons contempler l’Eglise comme au cœur du monde. En elle l’homme comme son cœur et au cœur de l’homme la Divine Trinité par Qui tout a été fait, par Qui tout subsiste et en Qui tout s’accomplit.

 

 

LA TRADITION

 

La Tradition authentique est une et vivante et porte en elle toutes les traditions particulières. Nous nommons la nôtre chrétienne parce qu’elle est spécifique et par excellence le lieu où tout s’accomplit selon le Christ qui est la Tradition en chair et en os.

 

La Tradition chrétienne s’enracine dans la Divine Trinité et c’est de  là qu’elle nous est transmise à travers la Révélation dans l’Eglise de Dieu. Certainement, le Christianisme ne peut d’aucune manière récuser ce qu’il reçoit du Judaïsme en tant que  celui-ci est le précurseur qui annonce la venue et l’œuvre du Messie.

 

En remontant toujours plus vers la source de toute vie et par là de toute tradition, nous nous retrouvons en Adam qui est le Prototype créé de la Tradition originelle. Et par le Nouveau Adam, nous sommes tournés vers la Face de Dieu.

 

Ainsi la Tradition ne se limite pas au peuple chrétien, mais contient la totalité principielle des existences passées, présentes et à venir. Autrement dit, il n’existe de Tradition qu’en Dieu et toute  tradition dont le principe serait ailleurs est fausse et limitée.

 

Nous devons contempler et vivre la  Tradition, l’Eglise et la Révélation comme un être unique. On peut dire qu’il y a là une Icône de la Divine Trinité où chacune est tournée vers l’autre tout en gardant sa totale valeur personnelle. La Tradition est le Christ lui-même, l e Verbe créateur qui se prononce sans cesse avec l’Esprit au sein de l’Eglise, de la Création et de l’homme.

 

L’Eglise reçoit sa légitimité par le témoignage de la Tradition mais aussi par tous ceux qui la confessent et la vivent en Elle au Nom de la Divine Trinité.

 

Dans ce sens, ce qui est dit hors de l’Eglise est également dit hors du Christ, c’est à dire hors de la Tradition. En réalité, on peut nuancer un peu, car si le Corps du Christ comprend toute l’humanité, celle-ci par là-même se trouve au sein de l’unique Tradition. La seule question qui se pose alors est au fond celle de la confession et de la reconnaissance de l’identité entre le Christ et la Tradition.

 

La Tradition n’est pas seulement pour les hommes mais elle est aussi le lieu de vie du monde angélique, de la communauté des Saints, la synthèse du monde visible et invisible, des morts et des vivants et même de toute la création.

 

Mais il ne suffit pas que tout ce qui existe soit inclus dans le corps vivant de la Tradition de manière passive, il est indispensable que l’homme vive celle-ci consciemment en y accomplissant ce qui y est donné par la Révélation du Seigneur.

 

Cette nécessité de vivre en conformité avec l’enseignement de la Tradition n’enlève ni n’infirme la liberté de l’homme. Au contraire, il reçoit là tous les moyens pour acquérir la liberté authentique en esprit et en vérité.

 

Ainsi à chaque instant nous recevons au sein de la Tradition, dans l’Eglise et dans la vie, la révélation qui nous est personnellement proposée pour réaliser notre vocation de fils de Dieu. Cela ne doit pas nous isoler mais au contraire fortifier et cimenter notre communion avec les hommes et la création en Dieu.

 

La Tradition ne justifie en rien l’existence individuelle mais elle pousse vers l’universalisme des personnes qui est l’union de tous en Dieu. La Tradition n’est pas un passé mort ou devenu inopérant mais un passé-présent qui nous actualise dans notre vie en Christ, dans l’Eglise et dans le monde.

 

La Tradition chrétienne est comme le cri de Dieu : Souviens-toi qui tu es et ce à quoi tu es appelé, ô homme ! Au fond, ce cri que chaque homme entend dans la profondeur de ses entrailles et qu’il cherche à apaiser, même par la fuite.

 

Dans son fond et sa réalité ontologique, la Tradition échappe à tout rationalisme analytique ou synthétique, elle est du domaine du Mystère, pas du mystérieux. Mais le Mystère est ce qui paradoxalement veut le plus se donner à connaître et de fait est connaissable et reconnu en le vivant.

 

Ainsi, dans la mesure où nous sommes unis au Christ, nous pouvons dire avec confiance que la Tradition témoigne de nous et annonce notre devenir d’homme par la grâce surabondante vers l’homme déifié.

C’est pourquoi le Chrétien orthodoxe ne peut absolument pas accepter le moindre compromis concernant sa foi avec une autre tradition, mais son attitude doit être véritable, fraternelle et respectueuse.

 

La Tradition primordiale dans son principe n’est ni orale ni écrite, elle est vivante et s’enseigne ou mieux «  s’enseigne » comme vie. Par suite du péché adamique, cette première réalité ne disparaît pas mais se voile sous la Parole et sous l’Ecriture. Mais la Parole n’est pas faite pour être écrite et l’Ecriture n’a de sens que parlée.  Ces deux possibilités sont  plus pauvres dans leur forme que la révélation originelle.

 

La Tradition et l’Ecriture sont l’endroit et l’envers d’une seule et même réalité, l’Eglise du Christ. La Tradition et l’Ecriture n’ont pas pour but de se vérifier l’une l’autre, mais de s’unir pour témoigner de l’amour du Christ pour l’homme.

 

La Tradition n’est pas vécue dans l’Eglise comme une série de dogmes pétrifiés et pétrifiants, mais comme levain de renouvellement du Chrétien en Christ par l’Esprit – Saint.

 

La Tradition s’adresse dans ce sens à l’homme qui est un être vivant appelé à s’épanouir en elle et à l’élargir de génération en génération vers toujours plus de plénitude. La Tradition est ce qui se maintient dans les générations successives de Chrétiens en Christ et dans l’Eglise, par une épiclèse permanente à l’Esprit Saint.

 

Dans son sens plénier, la Tradition est le patrimoine spirituel de toute l’humanité où celle-ci puise toute son évolution réelle.

 

Dans la Tradition se révèle la richesse infinie des bienfaits divins, ce qui contribue à l’enrichissement permanent du Chrétien et à travers lui du monde entier.

 

Nous arrêtons là notre réflexion sur  la Tradition, malgré ses lacunes inévitables. Nous proposons simplement de la spécifier un peu plus à travers la Tradition Apostolique et Patristique ce qui nous permettra de renforcer notre structure de travail tout en nous situant au sein de la Tradition ininterrompue.

 

 

 

 

 

 

dimanche 22 décembre 2024

Le thésauriseur

 

                                                                                                                               Dimanche, 22 décembre 2024.

(Luc 12, 16 à 21)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, amen.

 


Aujourd’hui, au milieu de nous, le Seigneur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche dont les terres avaient beaucoup rapporté, et il se demandait en lui-même : que vais-je faire ? Car je n’ai pas d’entrepôt où loger ma récolte ».

 

Saint Paul dit dans l’épître de ce jour: «  jadis vous étiez ténèbres, mais aujourd’hui vous êtes lumière dans le Seigneur », l’homme de cette parabole est toujours dans les ténèbres, pourquoi ? Parce que son âme est attachée passionnément à la terre, Il s’ampute ainsi de sa dimension spirituelle et en oublie sa vocation contemplative qui pourrait le relier à Dieu et à sa propre et véritable humanité. Il reproduit à sa manière l’antique adoration du veau d’or dans le désert. Quel est en vérité, le péché engendré par le veau d’or ? C’est l’adoration des idoles sans vie de ce monde, qui s’opposent à la rencontre de l’homme avec Dieu, de l’homme avec l’Eglise, et par extension de l’homme avec lui-même.  

 

Mais tout comme cet homme se glorifie de ses richesses matérielles, d’autres se glorifient de leurs richesses spirituelles sans même se demander si ce sont véritablement des richesses spirituelles. Ainsi le premier comme les autres oublient cette parole : « qu’as-tu que tu n’aies reçu, et si  tu l’a reçu, pourquoi faire comme si tu ne l’avais pas reçu », ailleurs le Seigneur ajoute : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille, qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu ».

 

Cet homme richissime se dit : « mon âme, tu as de grands biens en réserve pour de nombreuses années ; repose-toi, mange, bois, réjouis-toi » ! Mais saint Paul encore dans l’épître dit : « discernez ce qui plaît au Seigneur, et ne prenez aucune part aux œuvres stériles des ténèbres » ! Cet homme sans discernement spirituel, se rassure et pense que ses richesses matérielles éphémères peuvent le mettre à l’abri de la souffrance humaine. Une « possible vie éternelle », après la mort à ce monde, ne semble pas l’effleurer, il est déjà absent à lui-même. D’autres pensent, ne suis-je pas une personne qui prie souvent, qui croit en Dieu, tout le monde peut voir que Dieu me comble de Ses grâces, n’ai-je pas renoncé à « presque » tout pour Lui ?

 

Pourtant, l’inquiétude est là, à bas bruit dans leurs cœurs, provoquant anxiété et mal être, le premier n’a comme seul souci que celui de « stocker » ses biens dans un entrepôt, pour pouvoir s’en gaver à volonté. Les autres, se croyant spirituels, finissent par transformer leur âme en musée en l’encombrant de jolis bibelots religieux aussi inertes qu’inutiles. C’est contre eux que l’Ecriture sainte témoigne en disant « vanité, rien que vanité, tout est vanité », car leur agitation vertigineuse et stérile ne porte aucun fruit spirituel qui puisse embellir l’humaine condition.

 

Le Psalmiste inspiré par l’Esprit de Dieu, nous rappelle : « en vain te lèves-tu tôt, et te couches-tu tard, en vain manges-tu le pain des douleurs, alors que le Seigneur comble son bien-aimé, pendant qu’il dort » ! Que signifie « pendant qu’il dort » ? Cela signifie que ce « bien-aimé » est en état de paix et de repos intérieur, d’hésychia et sans inquiétude aucune quant à savoir s’il est riche matériellement ou spirituellement, il peut confesser avec l’apôtre Paul « ce n’est plus moi qui vit, mais Christ qui vit en moi ».

 

Et nous les pauvres, réunis ici dans la sainte Eglise au Nom de Dieu, mais sommes-nous de vrais pauvres selon Dieu, quand expérimenterons-nous cette parole « ce n’est plus moi qui vit, mais Christ qui vit en moi » ? Si l’homme dans sa pensée, son âme, son corps, n’est rempli que de nourritures terrestres ou de lui-même, où donc, le Christ trouvera t-il un peu de place en lui ? Comment un tel homme, peut-il espérer « ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur, mais que Dieu donne à ceux qui l’aiment » !

 

Ne sommes-nous pas venus ici et maintenant, pour vivre l’expérience réelle du « Christ qui vit en moi », grâce au Don indicible du très saint « Corps et Sang du Seigneur ». Recevons la sainte Communion avec conscience et dans un cœur silencieux tout entier donné au Seigneur, alors nous pourrons  goûter nous aussi combien le Seigneur nous comble de sa divine présence. Car si le Seigneur vient ainsi vivre en nous, c’est pour nous initier à l’ascèse qui contient la plénitude du fruit de la vie sainte et spirituelle : « être son bien-aimé », être l’ami de la Divine Trinité, vivre l’amitié divine, n’est-ce pas là ce que nous espérons obtenir non seulement dans le Royaume de Dieu, mais déjà en prémices saintes et sacrées dans ce monde.

 

Il nous faut apprendre à discerner avec sagesse et intelligence du cœur, quelle richesse, nous devons cultiver sans jamais nous lasser, et cette richesse, ce trésor de grâce éternelle, l’unique absolument nécessaire, c’est de cultiver « l’amour de Dieu et du prochain ». Acquérir la « grâce d’aimer », est l’œuvre spirituelle et existentielle de « l’être orthodoxe », œuvre divino-humaine à l’image et à la ressemblance de Dieu. Ouvrage à remettre sans cesse sur le métier de l’humaine condition, car nous ne serons jamais plus grand que « l’Amour, c’est à dire, la Divine Trinité ». Voyons-nous, au moins un peu, l’abîme infranchissable qui nous sépare alors des richesses sans cœur de ce monde ? Non, les richesses de ce monde ne sont pas maudites mais bien bénies, si elles sont mises au service de l’humanité au nom de Dieu, et non selon des pensées insensées, soumises aux peurs et réactions irrationnelles de nos âmes désorientées.

 

Mais, la véritable et unique richesse que Dieu lui-même désire, n’est- ce pas tout simplement « l’homme lui-même », aussi unique que Dieu lui-même, notre vocation n’est-elle pas de devenir par grâce ce que Dieu est par nature, à savoir une « personne déifiée » ! La très sainte nativité approche, alors  préparons-nous à apporter à « l’Enfant Divin, non seulement la myrrhe, l’encens et l’or », mais offrons lui notre corps pour qu’il en fasse son temple, notre âme pour qu’il en fasse sa prière, notre esprit pour le contempler et notre cœur pour l’aimer. Voilà les richesses qui ne seront perdues ni en ce monde ni dans le Royaume de Dieu.

 

Mais notre saint Dieu, que dit-il à cet homme sans intelligence spirituelle : « insensé, cette nuit même, tu vas mourir, et ce que tu as amassé, qui l’aura » ? Le Seigneur nous montre ici, que celui qui est riche à l’image de cet homme, est en vérité déjà agonisant, que son âme est malade et désorientée, pourquoi ? Parce que ce qui nourrit un tel « individu », ce sont des fausses nourritures,  « humaines trop humaines » incapables de le préparer à la vie éternelle, afin que Dieu le sauve. Ainsi se vérifie cette autre parole du Christ : « à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il croyait avoir », à sa mort, cet homme aura tout perdu en se perdant, seul ce qui est donné par Dieu durera et ce « Don », n’est ce pas Dieu lui-même, Dieu seul ?

 

C’est pourquoi saint Paul écrit : « éveille toi, toi qui dors, lève toi d’entre les morts, et sur toi luira le Christ ». C’est à dire, sors de tes modes de fonctionnement morbides et mortifères, cesse de te complaire dans tes richesses matérielles ou spirituelles, va libre vers l’unique source de la vie, le Christ qui t’illuminera de toute sa beauté et de toute sa vérité. Pour incarner cette lumière de la vie divino-humaine, notre existence doit devenir liturgique et vivifiée par l’ascèse orthodoxe seule en mesure de nous sanctifier par la sagesse qui dansait devant Dieu et faisait la joie de Dieu d’après le livre de la Genèse.

 

Saint Paul ajoute : « cherchez dans l’Esprit votre plénitude », cette plénitude est-elle difficile à trouver ? Certes non, la réponse est simple, trop simple pour les riches ou ceux qui pensent être riches, surtout spirituellement et selon leurs propres critères, la plénitude de l’Esprit s’acquiert en toute simplicité et vérité dans la sainte Eglise du Seigneur. Toute l’œuvre du salut est réalisée à chaque Divine Liturgie, là « pour nous, avec nous, en nous », cette plénitude est toute entière je le répète, dans le don du Corps et du Sang de notre Seigneur.

 

 

Le Seigneur termine cette parabole et dit : « ainsi en est-il de celui qui thésaurise pour lui-même, au lieu de s’enrichir en vue de Dieu ». Que signifie s’enrichir en vue de Dieu ? Cela signifie l’acquisition de « L’Esprit-Saint », ce qui d’après saint Séraphim de Sarov est le « but » de la vie chrétienne et de la voie spirituelle de l’orthodoxie.

 

Mais si nous voulons avoir le saint et véritable discernement spirituel pour connaître où nous en sommes dans notre vie en Christ, dans l’Eglise et dans le monde, alors regardons où nous en sommes par rapport aux dons de l’Esprit Saint dont parle saint Paul. Que dit-il, les dons de L’Esprit de Dieu sont : « l’amour, la joie, la paix, la douceur, l’humilité, la maîtrise de soi… ». Goûtons-nous déjà un peu de manière réelle quelques uns de ces fruits célestes ? Voilà les richesses qui jamais ne périrons, mais qui comme des étoiles spirituelles nous accompagnerons par grâce divine, jusqu’au don parfait qui est l’amour de Dieu.

 

Prions Dieu de nous garder libres de toute pensée passionnée, concernant nos éventuelles richesses spirituelles et /ou matérielles, écoutons simplement saint Paul, qui nous invite « en tout temps et à tout propos, à rendre grâce à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ ».

 

Au Père Créateur de l’Univers, au Fils qui nous fait cohéritiers de tous ses biens divino-humains et au Saint Esprit qui fait fructifier en nous les richesses célestes, soit la gloire dans les siècles des siècles, amen.

 

+ Syméon

 

 

 

 

 

samedi 14 décembre 2024

Les deux Commandements

 

Dimanche, 15 décembre 2024.

(Luc 10, 25 – 31)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen.

 

 

Aujourd’hui, l’Eglise Orthodoxe nous invite à recevoir la connaissance de la voie royale qui mène à la vie éternelle. Nous savons déjà que cette Voie, c’est le Seigneur lui-même et que l’unique manière d’y cheminer avec certitude, est d’accomplir cette œuvre si simple en apparence et pourtant si complexe, qui est le commandement du Christ : « d’aimer Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, de tout notre esprit, de toutes nos pensées et de toutes nos forces, et notre prochain comme nous-mêmes ».

 

Si je dois aimer Dieu de tout mon être et par toute ma vie, est-il encore possible d’aimer quelqu’un d’autre et surtout d’aimer en plus ce fameux prochain dont parle le Seigneur ? Nous savons que Dieu seul aime parfaitement, puisque l’Amour est Sa nature même et que Dieu ne peut se renier lui-même, alors me direz-vous peut-être comment faire ? Nous pouvons même si nous n’en avons pas encore l’expérience, comprendre au moins intellectuellement que celui ou celle qui aime Dieu de tout son être, n’aura aucune peine à aimer son prochain, car un tel amour pour Dieu rend l’homme semblable à Dieu. Et cet homme acquiert ainsi des qualités divines qui dans un même mouvement de vie, l’unissent indissolublement à Dieu et tout naturellement le tournent vers le prochain, car nous connaissons que les Personnes Divines sont éternellement tournées les unes vers les autres et en même temps dans l’éternité libres entre elles et librement tournées vers l’homme.

 

Comme l’a dit le Christ à la Samaritaine, il nous dit aussi aujourd’hui : « si vous saviez le Don de Dieu et qui est Celui qui vous parle », vous vous précipiteriez vous aussi de tout votre désir de vie et d’amour dans mes bras à moi, votre Dieu et je vous porterai dans mes entrailles jusqu’à faire de chacun d’entre vous un saint Christ, et alors s’accomplirait pour vous aussi la prophétie du Psalmiste : « voici que Dieu se promène au milieu des dieux », car l’amour serait devenu votre nature par Ma grâce.

 

Ne voyons-nous pas que cet homme allongé parterre là au milieu de nous, c’est chacun d’entre nous, qui a été frappé plus ou moins violemment par ces bandits maudits que sont nos péchés et nos passions destructeurs, que cette auberge est la si précieuse Eglise Orthodoxe. Quand comprendrons-nous enfin, non avec la tête seule ou avec l’affectif seul, mais avec notre être tout entier que nous sommes indispensables les uns aux autres, pour œuvrer ensemble au salut de chacun.

 

Comment pouvons-nous être un bon Samaritain les uns pour les autres, ici et maintenant, dans notre petite chapelle-auberge ? Saint Paul dit à Thimotée : « enseigne et insiste à temps et à contre temps ce que tu as reçu dans l’Eglise ». Permettez-moi d’insister à temps et à contre temps sur la grâce des grâces que l’Esprit de Dieu a déposé dans la Création pour y couver d’amour chaque Fidèle, qui est le cœur même de cette Eglise. Si nous connaissions en esprit et en vérité ce qu’est l’Eglise, nous lui donnerions sans aucune hésitation le meilleur de nous-mêmes.

 

Ecoutons de tout notre être, ce que l’Esprit de gloire et de splendeur nous donne pour que chacun puisse se pencher humblement et avec une véritable compassion vers son frère blessé par les épreuves de la vie. Expérimentons de l’intérieur – du cœur de notre cœur – que la Divine Liturgie est la thérapie parfaite pour restaurer l’humanité blessée à mort dans l’homme et défigurée par la voracité du vieil homme et du Malin.

 

Voulons-nous connaître et surtout nous mettre à l’œuvre comme le bon samaritain pour obtenir de Dieu la guérison de notre être tout entier, et ne pas oublier si vite ce que ce même Dieu ne cesse de nous rappeler avec douceur et une infinie patience ? Cette œuvre de recréation de nous-mêmes passe par la mise en pratique des dons et des fonctions que Dieu a donnés sans retenue à chacun d’entre nous dans l’Eglise, et c’est à cette réalité concrète que nous sommes appelés à répondre, car elle est la condition sine qua non pour engendrer les bénédictions divines pour la guérison de notre âme, et au-delà de la restauration progressive de la Création dans sa véritable vocation paradisiaque.

Prions Dieu de nous accorder de réaliser au mieux notre vocation spécifique, car c’est ainsi que chacun participe au salut de chacun, autrement dit, que le prêtre le soit pleinement, que le chef de Chœur le soit pleinement, que chaque Choriste le soit pleinement, que le peuple Royal le soit pleinement. Si chacun est ainsi présent à sa vocation, comment ne pas espérer alors une célébration de la Divine Liturgie dans toute sa plénitude et avec naturellement les grâces qui y sont offertes.

 

Ne mettons pas nos états d’âme ailleurs qu’à leur juste place, c'est-à-dire dans la confession de nos péchés devant Dieu. Donnons le meilleur de nous-mêmes comme offrande à la Divine Trinité, en célébrant la Divine Liturgie ensemble dans l’amour et la vérité devant Dieu et parmi les hommes, et dans ce même mouvement spirituel donnons aussi le meilleur à notre prochain. Vous comprenez sans peine que pour aimer Dieu de tout son être, il faut cultiver par la prière et l’ascèse évangélique la communion avec Dieu dans l’espérance de l’union parfaite à venir dans le Royaume, refuser la division et la séparation en nous et entre nous pour ne pas engendrer la mort spirituelle et parfois la haine de Dieu et de l’Eglise. 

 

Le Christ dit clairement au légiste ce qu’il doit faire pour recevoir en partage la vie éternelle, mais nous qui nous disons Chrétiens et orthodoxes, quelle responsabilité que la nôtre devant Dieu et l’humanité. Nous sommes élus pour vivre comme des êtres liturgiques et des précurseurs qui savent montrer le chemin qui mène à la vie éternelle et qui est la seule réalité désirable pour un Chrétien orthodoxe. Ne savons-nous toujours pas combien le temps nous est compté, combien les modes du monde sont éphémères, que rien de ce monde ne nous accompagnera dans le Royaume de Dieu, sinon ce que nous aurons semé et récolté spirituellement dans notre vie personnelle et ecclésiale.

 

Nous savons que l’Eglise terrestre représente les portes saintes qui donnent accès à l’Eglise céleste dont Marie est la porte spirituelle, tout comme notre cœur est la porte sainte et sacrée qui permet le passage vers le saint des saints de notre temple intérieur qui se trouve au cœur de notre cœur, et c’est là que se trouve l’Epoux pour nous unir à lui, en présence des deux Témoins que sont le Père et l’Esprit. Mais ces noces célestes se préparent par des fiançailles terrestres que nous scellons avec notre Bien-Aimé dans l’Eglise orthodoxe, ce qui nécessite aussi que nous nous unissions spirituellement entre nous, mais aussi avec les anges et les saints pour construire cette unité en Dieu, avec Dieu et pour Dieu.

 

Cet homme parterre à demi-mort, c’est une image de l’Eglise martyrisée par toutes les tyrannies politiques, mais c’est encore plus le témoignage des blessures que reçoit le Corps du Christ qui est aussi le Temple de l’Esprit Saint comme l’enseigne l’apôtre Paul, blessures cruelles que peuvent lui infliger ses propres enfants, lorsqu’ils oublient qu’ils sont fils et filles de la Lumière divine. Si nous laissons nos états d’âme prendre le dessus, alors le risque est réel que l’Eglise devienne un lieu de ténèbres psychiques qui s’opposent consciemment et inconsciemment à la volonté de Dieu. Alors la nouveauté de l’Esprit de Dieu est occultée ou défigurée, et les esprits mondains viennent non seulement se délecter de nos blessures, mais accusent l’Eglise d’être un repaire de démons et de marchands du temple.

 

Voilà ce que l’Esprit Saint nous donne à méditer aujourd’hui pour le mettre en œuvre ici et maintenant, sans attendre que nous nous estimions être enfin prêts à nous soumettre à l’inspiration divine. Pardonnez-moi, mais s’il avait fallu attendre que l’humanité donne un « accord » unanime et d’une seule voix à la venue de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, celui-ci ne serait toujours pas là. Alors disons amen à la volonté de Dieu et venons à l’Eglise pour le rencontrer avec nos frères et sœurs, secouons-nous pour ne plus accepter les pensées psychiques qui nous mentent et nous donnent des faux arguments pour ne pas venir à l’Eglise, assumons pleinement notre désir religieux, car « être orthodoxe, c’est le devenir » dans la persévérance spirituelle quotidienne malgré nos états d’âme.

 

Au Père de l’Epoux, au Fils qui est le véritable Epoux de l’humanité et à l’Esprit qui bénit et sanctifie pour l’éternité cette union divino-humaine, soit la Gloire dans les siècles des siècles, amen.

 

+ Syméon