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samedi 23 mai 2026

Les saints pères et prière sacerdotale.

(Jean 17, 1 à 13)

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, Amen




Aujourd’hui, l’Eglise nous bénit à travers la divine prière sacerdotale que Jésus offre au Père en action de grâces, pour toute l’œuvre accomplie pour le salut de l’humanité.     L’Evangile nous dit : « Ainsi parla Jésus, et levant les yeux au ciel, il dit : « Père, l’heure est venue, glorifie Ton Fils afin que Ton Fils te glorifie et que, selon le pouvoir que tu lui as donné sur toute chair, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donné ».                                                                                                               

Que signifie, levant les yeux au ciel et dit ? Cela signifie que Jésus entre en lui-même et s’élève vers le ciel dans son esprit et contemple en plénitude d’amour Son Père. Le Père qui avait envoyé Son Fils dans le monde, ne connaissait-il pas déjà tout ce que ce même Fils a réalisé dans une totale obéissance et cela jusqu’à la mort injuste et ignominieuse sur la Croix salvatrice ? Pourquoi notre Seigneur retrace t-il en quelque sorte tout ce qu’il a fait pour nous ?                                                                 

La réponse est donnée dans le verset qui suit et qui est : « Or, la vie éternelle c’est qu’ils Te connaissent, toi, le seul véritable Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ ». Durant toute sa vie terrestre, le Christ n’a cessé d’enseigner qu’il ne faisait rien par lui-même, mais qu’il donnait ce qu’il avait reçu du Père céleste, aujourd’hui, ici et maintenant dans l’Eglise et à travers elle, il annonce à la face du monde, que la seule réalité digne de l’humanité, c’est la connaissance de Dieu qui donne la vie éternelle.                                                                                                

C’est pourquoi, ailleurs, le Christ peut dire à Philippe : « Celui qui m’a vu a vu le Père », ce qui signifie que le salut spirituel de l’humaine condition est suspendu à la connaissance du Père par Jésus-Christ et que de cette sagesse de vie, qui est la sainte et véritable intelligence du cœur, nait le fruit spirituel pour la vie éternelle.                      

Le Christ poursuit : « Et maintenant Père, glorifie moi auprès de Toi, de la gloire que j’avais auprès de Toi, avant que fût crée le monde ». Que signifie glorifie moi auprès de Toi ? Le Fils aurait-IL perdu la gloire qui était la sienne comme Dieu par son Incarnation ? Bien sur que non, mais ce qui est admirable, c’est qu’en vérité, Jésus demande cette gloire pour l’homme qu’Il est et comme la nature humaine est une et consubstantielle, Il demande cette gloire pour toute l’humanité sauvée et rachetée en Lui. Car autrement, comment cette même nature humaine pourrait-elle dans l’homme siéger dans le Royaume à la droite du Dieu Vivant ? La présence de l’homme dans le Royaume de Dieu est le témoignage, la preuve absolue et le fruit divino-humain de la parole du Seigneur : « Tout est accompli ».

L ‘Evangile poursuit : « J’ai veillé et aucun d’eux ne s’est perdu, sauf le fils de perdition, afin que l’Ecriture fût accomplie. Mais maintenant je viens vers Toi et je parle ainsi dans le monde, afin qu’ils aient en eux-mêmes ma Joie complète ». 

Ailleurs le Seigneur promet à ses disciples : « Je vous donnerais la Joie que nul ne pourra vous ravir » aujourd’hui, Sa promesse se réalise afin que cette joie divine s’intériorise au plus profond de l’être humain, de l’homme caché avec le Christ dans   le cœur du Père céleste, de l’homme devenu pleinement orthodoxe, c’est à dire un « christ » frère aimé du Christ et fils par pure grâce de Dieu notre Père.                                                                  

Mais si la nature humaine est consubstantielle, cela signifie qu’elle engendre toujours selon la libre volonté humaine les fruits de l’arbre du bien et du mal, c’est pourquoi la grâce qui donne la joie ou toute autre don spirituel, ne s’incarne dans l’homme que dans la mesure ou celui-ci fait œuvre de conversion en se nourissant de « l’arbre de vie » qui est le Christ lui-même. Sans cette participation ascétique réelle de l’homme en communion avec le Seigneur « se faire violence pour entrer dans le Royaume de Dieu », restera impossible et l’homme se retrouvera encore et encore pris dans les filets de la perdition d’un monde d’illusions et sans Dieu.                                  

Cette longue et magnifique prière sacerdotale que Jésus adresse au Père Céleste est un plaidoyer fervent et ardent en faveur de l’humanité, un cri d’amour divin pour l’homme Son bien-aimé, afin que s’accomplissent les noces spirituelles dans la Cana Céleste autour du banquet mystique, pacifique et joyeux, et sur l’autel d’en-haut, la célébration de la très Sainte Cène eucharistique trouve son couronnement dans cette prière du cœur pur : « Abba Père » ! 

Au Père céleste, au Fils notre Grand-Prêtre éternel et à l’Esprit Consolateur, soit la gloire dans les siècles des siècles, amen

+ Syméon 

 

 

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