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mercredi 7 janvier 2026

La Nativité du Seigneur.

 


(Matthieu 2, 1 à 12)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, amen.

 

 


 

Aujourd’hui, l’Eglise nous montre comment la Lumière Divine qui s’incarne dans un petit enfant, est refusée par ceux qui préfèrent trafiquer dans les ténèbres et l’ombre de la mort. Saint Jean dans son prologue ne dit-il pas : « la Lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas reçue ». Hérode est Juif, il n’ignore rien de l’espérance messianique du peuple d’Israël. Mais Hérode le sanguinaire est possédé par le goût du pouvoir, et cette obsession le vide de toute humanité et de toute compassion, rien alors ne le retiendra plus pour ordonner après le départ des rois mages, le massacre des « saints innocents ».

 

L’Evangile nous dit : « Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d’Orient se présentèrent à Jérusalem en disant : Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile en Orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui ». Le Royaume de Dieu est le véritable et unique « Orient spirituel », qui aujourd’hui devant nos yeux, s’incarne pleinement dans l’orient de notre monde, par l’Enfant divin, Jésus le Fils béni de Marie.  

 

N’est-il pas étrange que Dieu nous envoie les rois mages, alors que les synagogues étaient les îlots lumineux qui avaient pour mission d’annoncer et d’accueillir la lumière éternelle, c’est à dire le « Messie » espéré? L’étoile qui guide les rois mages depuis l’Orient, symbolise dans l’homme la « lumière de l’intelligence » qui a pour vocation d’illuminer l’être humain afin de le guider vers le saint des saints qui est son propre cœur pour s’y prosterner et y adorer, l’Enfant Jésus. Offrir notre cœur à Dieu comme une grotte spirituelle, pour que l’Esprit Saint en fasse un sanctuaire, un lieu de vie aimant, vivant et liturgique, pour que notre personne entière puisse recevoir la grâce divine et accueillir l’Enfant Divin incarné. La Nativité est le commencement de notre salut selon cette parole de notre saint Père Athanase « Dieu s’est fait homme, pour que l’homme devienne dieu », l’univers entier ne peut être comparé à cette immense vocation humaine, « naître au ciel et devenir dieu ».

 

L’Ecriture poursuit : « le roi Hérode, ayant appris la naissance de Jésus, fut troublé, et tout Jérusalem avec lui ; il assembla tous les grands prêtres et les scribes du peuple et s’enquit auprès d’eux du lieu où devait naître le Christ ». Etre un roi mage, c’est être une lumière sur le chemin de l’humanité, qui a pour vocation de transmettre la grâce divine, c’est à dire la bonne nouvelle de la naissance du Roi des rois, l’humble Enfant divin, pour le salut de l’humanité.

 

Hérode lui, est un roi de pacotille et de comédie, une caricature misérable de la véritable royauté qui est spirituelle, un bouffon ridicule et insensé, affamé et assoiffé non de justice mais de pouvoir, en vérité il ne représente rien ni personne, car son royaume est celui des vaines apparences, du néant. Mais si Hérode n’est rien, qui alors lui donne un tel pouvoir sur nous et en nous? Hérode par analogie, c’est le vieil homme en nous, qui se trouble lui aussi, à chaque fois qu’il est visité par un envoyé de Dieu. Hérode, c’est sa majesté l’égo, qui hurle moi, moi et encore moi, qui ne connait d’autre dieu que lui même, d’autre œuvre que de faire sa volonté partout, toujours, en tout et avec tous. Il est l’homme entêté jusqu’à l’absurde, emmuré dans ses petites certitudes ridicules et stériles, et qui refuse de se convertir à la seule nouveauté absolue que représente l’Enfant qui vient de naître à Bethléem. Hérode, homme imbu de lui-même devient esclave et complice de Satan, le séducteur et prince des ténèbres, dont l’unique désir est la destruction totale de l’humanité. C’est pourquoi les hordes sataniques, se griment volontiers de masques qui caricaturent le visage de l’humanité, et s’associent avec tous les Hérode impies de ce monde, pour persécuter l’Eglise et massacrer celui qui est le Sauveur unique de l’humanité, « l’Enfant Dieu ».  

Les scribes et les prêtres en réponse à Hérode dirent : « l’enfant est né à Bethléem de Judée, car voici ce que le prophète a écrit : « et toi, Bethléem, pays de Juda, tu n’es certes pas le moindre parmi les clans de Juda, car de toi sortira un chef qui sera le pasteur de mon peuple Israël ». Voici donc que les prêtres et les scribes savent dire où naitra le Messie attendu, quant à y aller eux-mêmes, hélas, trois fois hélas, leur vanité et leur soumission aveugle à la lettre de la Loi, les empêche d’accéder à la vie en plénitude, à l’Enfant Divin annoncé, qui naît aujourd’hui ici parmi nous, et que pourtant ils prophétisent, espèrent et attendent tous. Mais nous savons que la soit disant sagesse de ce monde, incapable de reconnaître le « Sauveur incarné dans un nouveau-né », reste incrédule et incapable de s’émerveiller devant l’espérance que représente l’Enfant Jésus, cette non sagesse que saint Paul dénonce comme une folie aux yeux de Dieu.

 

Que signifient ici, les « clans de Juda » ? Seule la vie spirituelle inspirée par l’Esprit de Dieu peut emmener l’homme vers « Celui qui est la Voie, la Vérité et la Vie », c’est à dire, l’Enfant Jésus qui vient de naître pour illuminer justement tous les clans dont parle le saint Evangile ? Les clans sont toutes les tribus d’Israël et les Synagogues où est annoncée la parole divine et prophétique du Très-Haut. Parole qui ne cesse d’annoncer la naissance du Divin Rédempteur espéré par Israël, et que l’Israël de Dieu devait donner à l’humanité. C’est pourquoi plus tard, l’enfant Jésus devenu le « Serviteur Souffrant » contemplé par le prophète Isaïe, dira dans l’angoisse de son âme : « ô mon peuple que t’ai-je fait » et « qui a connu la pensée du Seigneur en esprit et en vérité » ?

 

Mais voici l’humble merveille, la bonne nouvelle, voici que le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob a élu parmi tous ces clans fiers et prestigieux, l’humble « Bethléem », qui deviendra l’Eglise très sainte et très aimée de Dieu. Bethléem la maison du Pain, qui annonce que cet Enfant qui vient de naître n’est plus la simple « manne céleste » reçue par les Israélites dans le désert, mais le « Pain Vivant descendu lui-même du Ciel », pour se donner comme nourriture à l’humanité affamée et assoiffée à cause du néant spirituel qui recouvre le monde de ténèbres. Bethléem, la maison du Pain, est le signe divin et prophétique de l’Eucharistie, du Corps et du Sang que l’Enfant Divin versera librement lorsque devenu adulte, IL accomplira pleinement le mystère de la Nativité, en donnant Sa vie pour le salut du monde.

 

L’Ecriture poursuit « Hérode alors appela les mages en secret et se fit préciser par eux la date de l’apparition de l’étoile, puis ils les dirigea sur Bethléem en disant : Allez prendre des informations précises sur cet enfant ; et, quand vous l’aurez trouvé, faites-le moi savoir, afin que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui ».

 

De nouveau, l’Evangile nous montre l’ambiguïté du fonctionnement mental de Hérode, qui tout comme le tentateur maudit dit des choses qui semblent bonnes et justes, mais comment agit-il ? Il agit en secret, en faisant semblant de bénir le voyage des rois mages, en leur faisant croire qu’il a le même projet qu’eux, qu’il veut le meilleur pour l’Enfant, qu’il a les moyens de combler tous leurs désirs, y compris spirituels. Et pour arriver à ses fins, il ne veut surtout pas d’autres témoins que des grands-prêtres et des scribes, ses complices incapables de discerner le saint et véritable sens prophétique et spirituel de l’Ecriture Sainte.

 

En vérité, c’est le Temple de Jérusalem qui devait accueillir l’Enfant Divin, il était par vocation la Grotte mystique que Dieu désirait illuminer par sa naissance. Mais Hérode va se détruire lui-même parce que son mensonge est pathétique, dans sa folie comme tant d’autres hommes, il pense pouvoir tromper Dieu lui-même, mais en réalité, son marchandage hypocrite avec les saints rois mages, ne lui rapportera rien, sinon faire de lui le « bourreau des innocents » et son propre bourreau.

 

L’Evangile poursuit : « sur ces paroles du roi, les mages  se mirent en chemin. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue en Orient se mit à les précéder jusqu’à ce qu’elle vînt s’arrêter au-dessus de l’endroit où était l’enfant ». Les mages se mettent donc en route sur les ordres du roi Hérode, et l’étoile qui ne pouvait briller en présence d’Hérode qui représente les ténèbres du monde sans Dieu, peut à nouveau resplendir de toute sa luminosité divine, pour accompagner et guider le saint voyage non seulement des rois mages, mais de toute personne qui décide de dire « amen », à l’appel providentiel de Dieu et de se prosterner devant Jésus, l’Enfant Dieu.

 

L’Ecriture poursuit : « la vue de l’étoile remplit les mages d’une grande joie ; ils entrèrent dans la grotte, trouvèrent l’enfant avec Marie, sa mère, et, le front contre terre, ils se prosternèrent devant lui ; puis ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Que signifie : « la vue de l’étoile les remplit d’une grande joie ? Cela signifie leur communion réelle  à la lumière incréée dont cette étoile est le signe manifeste dans la création, cela signifie que la lumière est le fruit de la vie en Dieu et que cette vie lumineuse engendre cette grande Joie dont le Seigneur dit : « Je vous donnerais la Joie que nul ne pourra vous ravir ». Seule la joie divine est la joie véritable, joie qui nous donne de danser intérieurement devant la Divine Trinité, joie vécue par les rois mages, joie que celui à qui le Seigneur donne de la goûter, même une seule fois, ne pourra plus jamais oublier ni dans ce monde ni dans l’autre.

 

Que signifie, « ils entrèrent dans la grotte et la suite »…cette grotte est l’Eglise intérieure, spirituelle et mystique, icône de la grotte de Bethléem, c’est le lieu de Dieu dans l’homme, la rencontre personnelle de l’homme avec Dieu, là où tout naturellement, l’homme se prosterne au cœur de son cœur, dans l’adoration en esprit et en vérité de la Divine Trinité. Que signifie encore, ils Lui offrirent de l’or, de l’encens et de la myrrhe ? Cela signifie que l’homme, roi, prêtre et prophète, a retrouvé par la grâce de Dieu sa vocation divino-humaine, et peut réaliser le grand œuvre d’amour, les signes de cet état spirituel retrouvé sont ceux de la nature divine elle-même, offrir l’or c’est confesser que la nature de Dieu est Lumière, offrir l’encens c’est confesser que la nature de Dieu est la Sainteté, offrir la myrrhe c’est confesser que la nature de Dieu est en vérité l’Immortalité. Alors Dieu, le Roi Mage Divin, à son tour offre à l’homme non l’or, l’encens ou la myrrhe, mais la « déification », l’adoption filiale, la communion sans confusion ni aucune séparation avec la Divine Trinité, qui est la vie éternelle dans le Royaume de Dieu.

 

L’Ecriture dit : « ensuite, avertis en songe de ne pas retourner auprès d’Hérode, les rois mages  regagnèrent leur pays par un autre chemin ». L’Evangile de ce jour nous révèle ainsi le pèlerinage religieux et spirituel proposé à l’être orthodoxe, cette ascèse de vie qui doit transformer peu à peu l’homme, et faire de lui un être liturgique qui célèbre son Seigneur à travers toute son existence quotidienne. Cette vie en Dieu est d’abord une vie en soi avec Dieu, parce que la relation à Dieu est toujours personnelle, mais aussi une vie avec l’autre, c’est-à-dire une vie en Eglise. Alors nous aussi, nous « regagnerons notre pays par un autre chemin », c’est à dire, non plus par les sentiers de perdition du monde hérodien ou ceux chaotiques du vieil homme, mais par le « chemin unique qui est le Christ », pour arriver par grâce dans notre pays réel qui est le Royaume de Dieu.

 

Au Père Roi de l’Univers, au Fils qui nous veut cohéritiers de Son Royaume et à l’Esprit Saint qui nous intronise dans le Royaume, soit la gloire dans les siècles des siècles, amen.

 

+ Syméon

 

samedi 13 décembre 2025

La femme courbée.

 


(Luc : 13,10 à 17)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen 

 

 

Aujourd’hui, l’Église orthodoxe nous invite à être les témoins vivants, de la miséricorde infinie du Dieu Amour envers sa créature souffrante, le Maître Céleste, ému de compassion envers cette femme courbée sous le joug de Satan depuis dix-huit ans, décide de la délier des chaînes sataniques et de la dureté pleine d’hypocrisie de prêtres de la Synagogue.

 

L’Évangile nous dit : « en ce temps-là, Jésus enseignait dans une Synagogue le jour du Shabbat. Or il y avait là une femme possédée depuis dix-huit ans d’un esprit qui la rendait infirme : elle était toute courbée et ne pouvait aucunement se redresser ». Jésus est là et il enseigne un jour de saint Shabbat, de quoi parle t-il ? Il parle de la Bonne Nouvelle que proposent la « Thora et les saints Prophètes », et qui est la présence de Dieu parmi les hommes pour le salut de l’humanité. La parole du Seigneur est créatrice et peut renouveler notre être et notre vie, mais pour qu’elle soit pleinement efficace, il est indispensable de lui ouvrir notre cœur pour que la grâce puisse engendrer en nous et avec nous, la vie divino-humaine.

 

Combien d’humiliations cette femme a-t-elle subie de la part de prêtres ou du regard de tant de gens indifférents à son sort, combien sont prompts à penser que ce qui lui arrive est sans doute mérité à cause de ses péchés. Mais voilà que le Seigneur Jésus va vers elle, avec un cœur aimant et pose sur elle, ses mains saintes, car elle aussi est une fille d’Abraham, elle aussi est appelée à recevoir le « Messie » promis par les Prophètes. Que se passe t-il alors ? Jésus en la délivrant, la relève et la voilà debout, face à face avec lui le Dieu-Homme, il la restaure dans sa pleine beauté et pleine liberté des enfants de Dieu. Il lui donne à nouveau toute sa place dans l’espérance d’Israël, dans la Synagogue et dans la vie. Et voici que cette femme, qui peut regarder Jésus dans les yeux, se voit telle que Dieu lui-même la voit, elle y découvre l’amour de Dieu envers elle et se met à rendre gloire à Dieu. 

 

« Mais le chef de la Synagogue, indigné de ce que Jésus eût opéré une guérison le jour du Shabbat, prit la parole et dit à la foule : il y a six jours pour travailler ; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du  Shabbat ».

 

Le saint Shabbat, que ce soit dans la Synagogue ou dans l’Église consiste à donner l’hospitalité à Dieu, que signifie donner l’hospitalité à Dieu ? Cela signifie accomplir la parole du Christ : « ce que vous aurez fait à l’un de vos frères, c’est à Moi que vous l’avez fait », accueillir Dieu, c’est d’abord accueillir l’homme. Le Shabbat est aussi une icône du repos de Dieu après la Création, d’où cette invitation de Dieu lui-même à nous arrêter après une semaine de travail, car le Shabbat spirituel sera le repos éternel et vivifiant dans le Royaume de Dieu au sein de la Divine Trinité.

 

Le Shabbat religieux, ce repos si précieux en Dieu, est un mystère ecclésial qui touche au plus profond de la vie humaine et nous prépare dans l’Église à la rencontre de Dieu avec l’homme. Mais nous savons que le Shabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le Shabbat, ceci signifie que la « personne », telle que créée par Dieu à l’origine est supérieure à toutes les fonctions, y compris religieuses et rituelles, et c’est le sens de cette autre parole du Seigneur : « Je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis ».

 

En vérité, Dieu s’est incarné pour relever l’humanité courbée, tentée, tombée et asservie par la malice satanique? La nostalgie divine envers l’homme son bien-aimé est toujours actuelle depuis la chute et l’expulsion de nos ancêtres du Paradis, notre Père Céleste espère toujours le retour de l’humanité prodigue. C’est pourquoi, la Divine Trinité engendre la sainte et si précieuse Église orthodoxe-Corps du Christ, afin qu’en elle, la parole créatrice du Seigneur retrouve tout son sens.

 

De même que Satan persécute cette femme jusqu’à la courber et la déformer, de même fait-il avec notre âme pour nous détourner de Dieu, il essaye de nous séduire sans cesse par des nuées de pensées troubles, de nous faire parler encore et encore de tout et de rien et surtout de rien car il ne sait que mentir, de nous agiter dans tous les sens pour nous désorienter et nous éloigner de Celui qui nous dit « Je suis le chemin, la vérité et la vie », il nous faut donc cultiver la vigilance spirituelle avec un esprit éveillé.

 

 C’est pourquoi Dieu nous a donné l’Église, pour que par la grâce du Fils et de l’Esprit, l’humanité se redresse peu à peu, retrouve sa vocation à la déification, et se dirige vers la vie éternelle à venir dans le Royaume de Dieu. Alors venons dans l’Église pour célébrer, louer et adorer Dieu, le prier encore et encore, de nous donner de cultiver le repos spirituel intérieur, afin que nous puissions vivre et être à même d’incarner en nous l’enseignement de Jésus, notre unique Seigneur et Maître.

 

Au Père de l’humanité, au Fils médecin de nos âmes et de nos corps, au Saint-Esprit notre baume spirituel, soit la gloire dans les siècles des siècles, amen.

 

+ Syméon

 

 

 

 

samedi 6 décembre 2025

Le Thésauriseur


(Luc 12, 16 à 21)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen.

 

 

Aujourd’hui, L’Évangile nous donne de méditer sur l’attitude immature d’un thésauriseur et d’en tirer un profit spirituel pour éviter de sombrer dans la même attitude qui ne porte aucun fruit spirituel dans ce monde où les divers avoirs prennent la place au détriment de l’être créé

par Dieu. Le Seigneur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche dont les terres avaient beaucoup rapporté, et il se demandait en lui-même : Que vais-je faire ? Car je n’ai pas d’entrepôt où loger ma récolte ».

 

Saint Paul dit dans l’épître de ce jour: «  Jadis vous étiez ténèbres, mais aujourd’hui vous êtes lumière dans le Seigneur », l’homme de cette parabole est toujours enlisé dans les ténèbres, pourquoi ? Parce que son âme est attachée passionnément à la terre, Il s’ampute ainsi de sa dimension spirituelle et en oublie sa vocation contemplative qui pourrait le relier à Dieu et à sa propre et véritable humanité. Il reproduit à sa manière l’antique adoration du veau d’or dans le désert. Quel est en vérité, le péché engendré par le veau d’or ? C’est l’adoration des idoles sans vie de ce monde, la quête exagérée de l’argent et des plaisirs éphémères qui s’opposent à la rencontre de l’homme avec Dieu, de l’homme avec l’Eglise, et par extension de l’homme avec lui-même. 

 

Il nous faudra donc si nous voulons vivre selon l’esprit de l’Orthodoxie, apprendre à discerner avec l’intelligence du cœur quelle richesse nous devons cultiver sans jamais nous lasser, et cette richesse divino-humaine, ce trésor de grâce éternelle, c’est de cultiver « l’amour de Dieu et du prochain ». Acquérir la « grâce d’aimer », personne ne dira que c’est facile, mais telle est pourtant l’œuvre spirituelle et existentielle de « l’être orthodoxe ». Ouvrage à remettre sans cesse sur le métier de l’humaine condition comme une icône de la vie du Christ, car nous ne serons jamais plus grand que « L’Amour, c’est à dire la Divine Trinité ». Non, les richesses de ce monde ne sont pas du tout maudites mais bien bénies, si elles sont mises au service de notre humanité au nom de Dieu, et non perverties par des pensées insensées, soumises aux peurs et réactions irrationnelles de nos âmes désorientées et de nos désirs impératifs et insatiables.

 

Mais la véritable et unique richesse que Dieu lui-même désire, n’est-ce pas tout simplement « l’homme lui-même », aussi unique que Dieu lui-même, notre vocation n’est-elle pas de devenir par grâce ce que Dieu est par nature, à savoir une « personne déifiée » ! La très sainte nativité approche, alors  préparons-nous à apporter à « L’Enfant Divin, non seulement la myrrhe, l’encens et l’or », mais offrons lui notre corps pour qu’il en fasse son temple, notre âme pour qu’il en fasse sa prière, notre esprit pour le contempler et notre cœur pour l’aimer. Voilà les richesses qui ne seront perdues ni en ce monde ni dans le Royaume de Dieu.

 

Le Seigneur nous dit encore et encore que « celui qui a des oreilles pour entendre, entende » pour entendre en esprit et en vérité, il faut commencer par appendre à écouter vraiment ce que l’Esprit de Dieu dit à l’Eglise, à quel moment l’Esprit-Saint nous parle t’il ? Dans la sainte célébration de la Divine Liturgie qui contient tous les mystères du Royaume des Cieux, mais pour écouter il nous faut faire silence dans nos pensées et participer avec concentration à l’œuvre liturgique. Être présent dans l’Église sans tension ni laxisme, cultiver un esprit de prière communautaire et personnel pour glorifier la sainteté absolue de Dieu qui est avec nous et au milieu de nous et qui se donne pleinement à chacun et chacune par « son Corps et son Sang divino-humain » comme nourriture essentielle et éternelle.  

 

L’Eglise est la plus belle icône du Royaume de Dieu, rien ne peut lui être comparé, elle est la  grande grâce proposée à l’humanité aujourd’hui comme elle l’était par le passé et comme elle le sera pour l’avenir, prions Dieu de nous donner l’expérience concrète de cette immense et sainte réalité, afin que nous connaissions l’œuvre salutaire du Seigneur Jésus.

 

Mais notre saint Dieu, que dit-il à cet homme sans intelligence spirituelle : « insensé, cette nuit même, tu vas mourir et ce que tu as amassé, qui l’aura » ? Le Seigneur nous montre ici, que celui qui est riche à l’image de cet homme, est en vérité dans une grande misère et déjà près de la mort, que son âme est malade et déjà agonisante, pourquoi ? Parce que ce qui nourrit un tel « individu », ce sont de fausses nourritures incapables de le préparer à la vie éternelle, afin que Dieu le sauve. Ainsi se vérifie cette autre parole du Christ : « à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il croyait avoir », à sa mort cet homme aura tout perdu en se perdant lui-même, seul ce qui est donné par Dieu durera et ce « Don », n’est ce pas Dieu lui-même, Dieu seul ? Et où Dieu se donne t’il ? Je le répète encore et encore, IL se donne dans l’Église, alors soyons  avec Lui dans l’Église.

 

C’est pourquoi saint Paul nous écrit : « éveille toi, toi qui dors, lève toi d’entre les morts, et sur toi resplendira le Christ ». C’est à dire, sors de tes modes de fonctionnement morbides et mortifères, cesse de te complaire dans tes richesses matérielles ou faussement spirituelles, libère-toi de tes illusions infantiles et va vers l’unique source de la vie notre Seigneur Christ qui t’illuminera de sa beauté et de sa vérité.

 

Au Père Créateur de l’Univers, au Fils qui nous fait cohéritiers de tous ses biens divino-humains et au Saint Esprit qui fait fructifier en nous les richesses célestes, soit la gloire dans les siècles des siècles, amen.

 

+ Syméon

 

vendredi 21 novembre 2025

La Fille de Jaïre.

 

(Luc 8, 41 à 56).

Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, amen.

 

 


Aujourd’hui, notre sainte Église orthodoxe nous invite à être les témoins vivants et vivifiants de la Grâce divine qui habite le saint prophète Jésus devenu par son incarnation, l’un d’entre nous. Cette grâce est accessible pour nous, il nous suffit de la demander avec une foi juste sans nul besoin d’être théologien ou philosophe, nous n’avons pas à prouver à Dieu combien nous sommes cultivés. Ce que notre Seigneur doux et humble de cœur nous propose, c’est de cultiver la Foi en Lui et son corollaire indispensable la confiance en nous, car depuis toujours et pour toujours Dieu aime l’homme avec comme seule condition, l’amour réciproque.

 

Dans l’Evangile de ce jour quelqu’un dit au chef de la Synagogue : ta fille est morte, n’ennuie plus le Maître », mais le Maître répond « sois sans crainte, crois seulement et elle sera sauvée », c'est-à-dire que le Christ nous invite à ne pas écouter les discours pessimistes du monde déchu, à ne pas nous laisser détruire par des paroles sans issue possible, mais à nous tourner encore et encore vers la Vie, c'est-à-dire vers Dieu qui peut l’impossible. L’Église à travers le récit de la fille de Jaïre, nous invite chacun et chacune, à questionner notre foi, est-elle proche de celle que le Seigneur espère en nous invitant à croire que « celui qui croit en Lui, fera les mêmes choses que Lui et même de plus grandes ». Nos savons que notre manque de foi est plus ou moins fluctuant et déjà le prophète Isaïe proclamait en 53, 1 « qui a cru à ce que nous avons annoncé » ? La foi en Dieu nourrit l’espérance de notre résurrection, qui commence déjà en ce monde, c’est ce dont témoigne aujourd’hui pour nous le récit concernant la fille de Jaïre.

 

La fille de Jaïre est aussi une icône de l’âme et de la vie qui est unique, perdre son âme s’oppose à la vie dont saint Jean dit : « que dans le Verbe était la vie et que la vie est la lumière des hommes », le refus de la vie lumineuse engendre alors les ténèbres qui voilent tout discernement spirituel. Perdre son âme, revient à expérimenter cette parole du Seigneur « à quoi bon posséder le monde entier si tu perds ton âme », dans cet état contre nature, la vie évangélique devient inaccessible et s’oppose à toute expérience spirituelle qui pourrait transformer vraiment notre existence et nous libérer des désirs matériels non indispensables.

 

Nous sommes, chacun et chacune « Jaïre » qui avons vocation à laisser Dieu rayonner en nous, nous avons reçu pour cela un talent unique un temple saint et sacré, c’est à dire nous-mêmes, dont nous sommes les responsables liturgiques, dans lequel habite notre fille, c’est à dire notre âme, afin qu’elle puisse y être restaurée et ressuscitée pour le Royaume de Dieu. C’est pourquoi saint Paul dans l’épître de ce jour nous rappelle que « nous avons comme fondations les apôtres et les prophètes et pour pierre d’angle le Christ lui-même…afin de devenir une demeure de Dieu dans l’Esprit ».

 

Le Seigneur notre Dieu, le saint Christ Jésus, nous révèlera pleinement qui Il est comme Homme parfait et Dieu parfait en nous faisant comme Il le montre avec la résurrection de la fille de Jaïre, passer de la mort totale à ce monde à la vie éternelle du Royaume de Dieu. IL nous révèlera aussi pleinement à nous-mêmes dans Sa grâce divine et cela engendrera la contemplation émerveillée de la Divine Trinité par l’humanité sauvée. Alors à nouveau, l’homme sera rempli non seulement du rayonnement divin et restauré dans la beauté éternelle qui était celle de sa création originelle, mais il sera aussi un « christ et recevra de Dieu un nom nouveau » connu seulement de celui qui reçoit ce nom, et ce nom sera unit indissolublement avec le Nom de Dieu, pour des siècles et des siècles de vie éternelle.

Cultivons l’humilité qui attire à elle la Divine Trinité, qui nous fait amis intimes de Dieu, qui permet la communion spirituelle avec la Théotokos, les Saints et les Saints Anges, mais qui permet aussi la communion fraternelle, sortons des illusions mortifères et morbides distillées par les esprits sous ciel et dont le vieil homme en nous se fait le complice pour nous susurrer « n’ennuie pas le Maître ». Au contraire, ne nous lassons pas de prier et supplier le Maître d’être sans cesse à notre côté, et de nous guider lui-même dans la voie de la résurrection telle qu’Il la désire pour chacun et chacune d’entre nous.

 

« Dieu sera tout en tous », à Notre Père Céleste, qui nous bénit par le Christ notre unique Grand-Prêtre et nous donne de concélébrer la Divine Liturgie dans l’Esprit de Sainteté, soit la Gloire dans les siècles des siècles, amen.

 

+ Syméon

 

 

 

samedi 15 novembre 2025

Le possédé gérasénien.

 

(Luc 8, 26 à 39)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen.

 

 

 

Aujourd’hui, l’Évangile nous parle d’un homme possédé par plusieurs démons, il était nu et survivait au milieu des tombes d’un cimetière. Là voyant Jésus, il poussa de grands cris à voix forte : « Que me veux-tu, Jésus, Fils de Dieu du Dieu très-haut ? Je t’en prie ne me tourmente pas » ce n’est pas le démoniaque qui hurlait vers Jésus mais bien la horde des démons qui le hantaient.

 

Voici l’homme possédé, l’un d’entre-nous dont l’humanité est broyée par des forces opposées à la volonté divine, homme déshumanisé en proie à une agitation intérieure et extérieure fomentée par les « esprits sous ciel » dont parle saint Paul, qui peut à part le Christ connaître l’état de cet homme transformé en énergumène incontrôlable soumis à la haine démoniaque ?

 

L’Évangile précise que « les Géraséniens priait Jésus de s’éloigner d’eux, car ils étaient en proie à une grande peur », que ferions-nous si nous étions témoins d’une scène identique, dans cette parabole décrite par saint Luc, la possession est extrême et diabolique, mais il est permis de penser que toute possession, qu’elle le soit par des esprits impurs, par des possessions matérielles ou intellectuelles est générée par des pulsions de nature contraire à la dignité humaine.

 

Si nous nous laissons lier par des désirs insensés au point de ne plus savoir qui nous sommes ni où nous en sommes, si nous n’avons plus de discernement suffisant pour nous regarder avec l’intelligence du cœur, alors qui d’autres que notre Seigneur Jésus-Christ pourra nous désaliéner de ce qui nous entrave et nous empêche de vivre selon la beauté et la vérité de l’Orthodoxie.

 

Le cimetière où erre ce « possédé » est une métaphore de ce qui en nous est de l’ordre des ombres mortifères, une image de notre âme désorientée par manque d’expérience spirituelle et confrontée à ce que le langage populaire appelle « nos démons intérieurs » qui nous éprouvent au quotidien dans nos colères, frustrations, etc.

Le cimetière est certes le lieu de notre retrait des êtres et des choses de ce monde, l’Écriture sainte nous rappelle « que nous sommes nés de la terre et que nous retournerons à la terre ». Pourtant, le royaume des tombes est aussi l’antichambre dans laquelle nous reposons dans l’espérance de la résurrection de nos corps et de notre naissance à la vie éternelle par la puissance du Verbe créateur qui comme pour Lazare nous criera « Je te l’ordonne, sors du tombeau ».

 

Au Père créateur de l’homme et de la création, au Fils issu de Marie la toute sainte et à l’Esprit qui conserve l’univers, soit la gloire dans les siècles des siècles, amen.

 

+ Syméon

 

 

 

samedi 8 novembre 2025

Le mauvais riche et le pauvre Lazare.

  

(Luc 16, 19 à 31)

Au Nom du Père, du fils et du Saint-Esprit, amen.

 


Aujourd’hui, le saint Évangile nous parle d’un « mauvais riche qui se revêtait de pourpre et de lin fin et faisait chaque jour un brillant festin » et du pauvre Lazare qui gisait au portail du riche couvert d’ulcères, affamé et assoiffé.

 

Portail signifie ici « autour de nous », si donc nous voulons festoyer et que nous connaissons « un pauvre proche » pourquoi ne pas l’inviter à notre table pour partager ensemble un bon repas et surtout cultiver une relation naturelle conforme à l’enseignement évangélique qui en même temps rends grâce à Dieu et béni l’homme.

 

Voici donc le « mauvais riche », le monde appelle un tel individu celui qui sait faire la « fête » çà rigole, çà chante et danse, çà mange des plats délicieux en buvant de bons vins, çà se met en représentation chez soi et dans « l’entre soi familial et amical », le monde extérieur est loin et le monde intérieur à l’âme est soumis au refoulement.

 

Voici maintenant le « Bon Riche » notre Père céleste qui invite tous les vrais pauvres, appelés « bienheureux les pauvres en esprit », pauvreté qui n’est pas d’abord ni seulement celle des conditions matérielles, et qui passe par le chemin spirituel des Béatitudes et qui trouve sa vie, sa nourriture et sa boisson dans la très « Sainte Cène » qui seule peut combler le désir essentiel qui palpite au fond de la personne pour une plénitude de « vie, de mouvement et d’être ». Le mauvais riche n’invite personne d’étranger à sa table, Dieu invite tout homme et femme sans

discrimination au festin spirituel avec Lui, mais très peu acceptent d’y participer car beaucoup préfèrent comme le mauvais riche rester chez eux sans se soucier véritablement de l’invitation divine et encore bien moins de tous ces « Lazare » qui errent dans les rues ou sont assis devant nos portails.

 

 

Voici donc le mauvais riche, petit roitelet, enivré par ses « pauvres petites richesses matérielles » qui se fait servir et le véritable riche, notre saint Christ qui se fait  « Serviteur du pauvre » et le comble de toutes ses richesses divino-



humaines afin de le délivrer de toutes les servitudes qui asservissent l’humanité.  

 

Le saint Évangile du Seigneur Jésus nous interpelle à travers la parabole du mauvais riche tout comme il le fait dans toute l’Écriture Sainte, pour nous encourager à choisir sans cesse entre l’essentiel et l’accessoire, pourquoi ? Pour que notre existence aboutisse plutôt dans le Royaume de Dieu et non là où nous dit le Christ seront « les ténèbres extérieures, les pleurs et les grincements de dents », dans une vie éternelle sans Dieu, qui s’appelle « l’enfer éternel» où ne resplendit aucune lumière, où ne rayonne aucune célébration spirituelle, là règne le morbide, le mortifère et l’inhumain.

 

Au Père Créateur, au Fils Unique de Dieu et à l’Esprit de lumière et de vérité soit la gloire, dans les siècles des siècles, amen.

 

+ Syméon

 

 

samedi 1 novembre 2025

Le Semeur.

 

(Luc 8, 5 à 15)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen.

 

 

Aujourd’hui, le saint Évangile nous donne à méditer la parabole du Semeur et d’en faire notre nourriture spirituelle pour notre ascèse en vue de notre salut.

 

Les disciples s’étonnent du fait que le Seigneur leur dise à vous « il est donné de connaître les mystères du Royaume des Cieux, mais pour les autres, c’est en paraboles », pourquoi ? « Afin qu’ils voient sans voir et entendent sans comprendre ». Parole qui peut sembler étrange à tous les individus dont la pensée reste accrochée à leur compréhension  superficielle des êtres et des choses de la vie.

 

Mais les mystères divins peuvent également restés fermés même aux croyants qui viennent dans l’Eglise, pourquoi, parce que leur esprit  reste absent à l’expérience liturgique, ils ne sont pas éveillés par manque de vigilance à la beauté et à la profondeur religieuse et spirituelle de la Divine Liturgie, l’habitude a aveuglé leur regard et a rendu sourde leur écoute et cette attitude ne permet pas d’engranger les fruits que donne la célébration liturgique.

 

Dans cet état d’absence à l’essentiel, le Semeur divin ne trouve aucune terre intérieure à féconder pour renouveler en nous la vie selon la sagesse de la voie orthodoxe. La sècheresse spirituelle et la routine finiront par nous décourager et la grâce non accueillie se retirera dans l’attente que nous nous reprenions en main par la prière personnelle et liturgique persévérante.

 

Le Semeur céleste voyant notre bonne volonté reviendra vers nous et sèmera à nouveau avec abondance en nous les trésors contenus dans l’Esprit-Saint. L’ascèse orthodoxe n’est pas le fruit d’actes magiques, mais la décision librement mûrie de pratiquer l’obéissance envers la sagesse divino-humaine de l’Eglise orthodoxe. L’icône de cette vraie obéissance est sertie dans cette parole du Seigneur lui-même « celui qui m’aime c’est celui qui garde mes commandements et les mets en pratique ».

Le Semeur céleste, notre Père continue à demander dans l’Eglise comme il le faisait dans le Paradis « Adam, où es-tu, Eve où es-tu » ? La pratique spirituelle reçoit toute sa grâce dans la célébration sainte de la Divine Liturgie, sans cette prière liturgique qui culmine dans la communion au « Corps et Sang du Seigneur » notre spiritualité et notre prière personnelle sera stérile comme un arbre sec.

 

Adam et Eve se cachaient devant la présence divine au Paradis, si nous nous cachons dans les folies et les actions superficielles mondaines, si nous étouffons en nous l’appel divin à venir dans l’Eglise, comment pourrons-nous répondre à Dieu « me voici Seigneur, apprends-moi à t’écouter enfin et à te répondre » donc « que celui qui a des oreilles pour entendre entende », ne savons-nous pas combien le temps qui nous est offert dans ce monde est court ?

 

Voici le Semeur divino-humain, oui le Christ Dieu, là au milieu de nous, en nous et dans l’Eglise, allons-nous, nous laisser ensemencer par la semence spirituelle qui est l’Esprit de Dieu lui-même ou allons-nous continuer à nous laisser séduire par le fameux « j’aimerais bien, mais j’ai ceci ou cela à faire », il appartient à ma responsabilité personnelle de « choisir la meilleure part » dont je vais devoir rendre compte à Dieu puisque je me revendique comme « orthodoxe », à l’évidence la meilleure part ne peut être que « Dieu lui-même », l’essentiel de la vie spirituelle a été déposé uniquement dans l’Eglise qui possède comme un trésor la plénitude des Dons de l’Esprit-Saint. 

 

Au Père qui sème encore et encore en nous sa grâce, au Fils qui nous guide et à l’Esprit-Saint qui veut faire fructifier en nous la sainte vie divino-humaine, soit la gloire dans les siècles des siècles, amen.

 

+ Syméon