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samedi 25 janvier 2025

Retour en Galilée

 

(Matthieu 4, 12 à 17)  

Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, amen. 

 

 

Aujourd’hui, notre sainte Eglise Orthodoxe, nous met en garde contre tous ceux qui comme pour le prophète Jean le Baptiste, voudraient nous livrer pieds et poings liés, entre les mains impures et cruelles des oppresseurs hypocrites de l’humanité.

 

L’Evangile de ce jour, nous dit : « Jésus se retira en Galilée… » que signifie cela pour notre existence orthodoxe en Dieu ? Le Christ qui est Dieu et Homme parfait, ne pouvait-il pas s’imposer à tous ces vautours, affamés et assoiffés de pouvoir, dont la seule raison de vivre est de séquestrer l’homme souffrant, en le rendant esclaves de leurs promesses vides et sans lendemain ? Mais si Dieu s’imposait, alors il ferait comme tous ceux qui dans le monde ne connaissent que la force brutale, psychique et physique pour aliéner l’autre.

 

Mais notre Seigneur Jésus, lui qui seul est vraiment « doux et humble de cœur », que fait-il ? Il commence par se retirer à l’écart, loin du miroitement trompeur des apparences mondaines du monde déchu, loin des fausses lueurs qui n’éclairent pas mais au contraire aveuglent ceux qui y croient. Pourquoi, se retire-t-il ainsi ? Pour que comme l’Evangile nous le dit : «  l’oracle du prophète Isaïe s’accomplisse ». Et quel est donc cet oracle ?  « qu’une grande lumière va éclairer ceux qui étaient confinés dans les ténèbres du monde », cette lumière est pour nous les Croyants la « Nativité de Jésus parmi nous », que nous venons de célébrer il y a quelques jours. Jésus qui est le Fils Unique du Dieu Vivant, va commencer à prêcher « Lui qui est la Lumière éternelle absolue » seule capable de nous illuminer et de faire de nous des dieux par la grâce divine.

 

Mais il existe une condition incontournable, pour que cette lumière puisse à nouveau resplendir en nous et nous illuminer, et c’est Jésus le Maître divin qui nous la dévoile en disant : « repentez-vous » et pourquoi faut-il se repentir ? Parce que dit le Seigneur le « Royaume des Cieux est tout proche », et qui parmi nous peut imaginer un seul instant que le péché puisse cohabiter avec la splendeur et la sainteté du Royaume de Dieu.

 

Que signifie, repentez-vous ? S’agit-il de se taper la tête contre les murs ou se mettre à se crier dessus comme un damné, au point de désespérer de son propre salut ? Non, se repentir sur un plan spirituel et religieux signifie, ne pas se sacrifier au bénéfice d’idoles inhumaines mensongères, car « Dieu hait le mensonge », le mensonge défigure l’homme et exploite la création. Satan dans le saint Evangile est appelé « menteur et père du mensonge », il cherche sans cesse à nous piéger et à nous empoisonner avec le fiel immonde du mensonge. Quel est d’une certaine manière le péché contre l’Esprit ? C’est que Satan veut nous faire croire que Dieu n’existe pas, et surtout qu’il serait lui le seul « dieu ».

 

Le Christ nous dit : « le Royaume des Cieux est tout proche », s’il est proche, pourquoi est-ce que je ne le vois pas encore ? Comment puis-je moi-aussi, ici et maintenant, toucher en esprit et en vérité ce Royaume des Cieux ? En venant dans la sainte Eglise qui est la plus belle icône du Royaume des Cieux,  dans l’Eglise nous sommes invités par Dieu lui-même, à vivre de manière divino-humaine. Puisque dans la sainte Eglise, nous sommes invités ensemble à concélébrer avec la Divine Trinité, avec la Mère de Dieu, les Saints et les Saints Anges. L’Eglise est ce lieu béni, saint et sacré où l’homme peut se revêtir à nouveau de la splendeur spirituelle des Dons de l’Esprit Saint, elle est le saint Mont Thabor où l’homme peut expérimenter la transfiguration de son être. N’est-ce pas dans l’Eglise que le Seigneur Jésus se donne à chacun par son Corps et son Sang divins, afin que nous devenions à nouveau par grâce, des fils et des filles du Père Céleste.

 

Dans les royaumes de ce monde où cohabitent toutes les tentations contraires à la vocation naturelle de l’humanité, qui est d’acquérir la sainteté, se répandent les malheurs comme des épidémies, avec leur cortège de mirages illusoires. Dans ce désert spirituel, aride et stérile d’un monde sans Dieu, l’Ecriture sainte nous montre : « des aveugles guidant d’autres aveugles », et tous finissent par chuter ensemble dans un même abîme ténébreux sans fond, là où s’entendent les pleurs et les grincements de dents.

«Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche », que signifie, le Royaume est tout proche ? Saint Paul nous enseigne que l’homme est le « temple de l’Esprit Saint », peut-on être plus proche de soi que soi-même ? Alors là où est le Saint Esprit, est donc aussi le Royaume des Cieux.  

Repentez-vous, c’est à dire, aimez et ne jugez pas !

Repentez-vous, c’est à dire, bénissez et ne maudissez pas !

Repentez-vous, c’est à dire, cultivez la paix et rejetez l’agitation stérile !

Repentez-vous, c’est à dire, ne vous laissez pas dicter votre existence par des fausses propagandes, qu’elles soient religieuses, politiques, scientifiques ou  philosophiques.

Repentez-vous, c’est à dire, demandez à Dieu le don de l’intelligence du cœur pour pouvoir contempler le véritable et seul fondement éternel, le Christ, sur lequel et avec lequel, je peux dans l’Eglise sainte construire ma vie dans ce monde et pour le monde à venir.

 

L’Evangile se termine en disant : « dès lors, Jésus se mit à prêcher », de même, sommes-nous invités, à prêcher non d’abord aux autres mais à nous-mêmes, la véritable foi orthodoxe. A mettre en œuvre, jour après jour, la pratique de la vie selon l’Evangile du Seigneur, afin d’apprendre à nous détourner, de toute pensée, parole ou acte qui voudrait nous séduire et finalement nous aliéner à travers les mensonges qui caricaturent et même défigurent la personne humaine. Le repentir est la porte sainte et royale, qui permet l’entrée dans la vie divine, et cette existence se réalise avec la recherche persévérante de la communion avec la Divine Trinité. Ainsi le repentir et le Royaume des Cieux sont unis indissolublement, et le saint Evangile tout entier est le témoin privilégié de cette enseignement spirituel donné par le Christ. Le repentir sincère et profond du cœur est la voie étroite mais très sûre, qui guide le pèlerin en quête de l’essentiel, qui est « sa » rencontre personnelle avec Dieu et avec lui-même.

 

Le repentir, c’est croire que dans le cœur du Père Céleste, la réalité la plus précieuse est « l’être humain », et donc de « veiller et de prier » sur ce que « je suis » en Dieu. Le repentir, c’est de me souvenir de ce que je suis, d’où je viens et où je veux aller, me prophétiser que je viens de Dieu par création et que je peux retourner à Dieu par pure grâce divine, reçue par le salut en Christ. « Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche », ce n’est pas un simple mortel qui nous parle, mais le Dieu vivant, le Dieu saint, le Dieu amour, qui nous donne non seulement le Royaume des Cieux, mais il se donne tout entier à l’homme tout entier. Notre sainte Eglise orthodoxe a reçu comme un trésor spirituel unique, la sagesse pratique pour devenir ce que nous sommes dans le cœur du Père Céleste, à savoir, des « fils et des filles très aimés de Dieu ».

 

Et pour que nous puissions accéder à cette conversion intérieure avec certitude, la divine providence a déposé au sein de l’humanité désorientée qui est ce « peuple qui demeurait dans les ténèbres et l’ombre de la mort, une grande lumière ». Cette grande lumière est notre splendide et humble Eglise orthodoxe très aimée de Dieu, qui telle une Mère très sage et très belle, guide ses enfants des ténèbres morbides du tentateur vers la lumière éternelle de la Divine Trinité. L’Eglise est le resplendissement de la sainte lumière de Dieu, parce que nous dit saint Paul, elle est « le Corps du Christ dont Il est la Tête », et cette lumière divine rayonne sur nous et le monde entier, par la grâce de la célébration liturgique et par la prière ascétique, aimante et humble de nos Pères et Mères saints.

 

La conversion spirituelle est le don de la grâce divine qui nous permettra d’apprendre à discerner la  volonté du Seigneur, afin d’acquérir peu à peu une plénitude de vie et d’être au cœur même de notre existence réelle, et cette sagesse pratique ne s’oppose en rien à notre présence concrète, éclairée et pragmatique dans la réalité de ce monde. Soyons attentifs et veillons sur nous avec simplicité et par  l’intelligence du cœur, et pour nous aider, méditons le conseil de saint Paul « n’écoutez pas tout esprit, mais discernez d’où il vient », car nombreux sont les électrons libres et autres prophètes auto-proclamés qui tout en n’appartenant à aucune Eglise orthodoxe, se permettent pourtant de les juger toutes, de ceux-là, l’Ecriture sainte et inspirée dit « vanité rien que vanité, rien de nouveau sous le soleil et « leur gosier est un sépulcre béant ».

 

A notre Père qui aime les tout-petits, au Fils qui les fait croître en taille, en beauté et en sagesse devant Dieu et parmi les hommes et à l’Esprit qui les console sans cesse, soient la gloire dans les siècles des siècles, amen.

 

+ Syméon

dimanche 19 janvier 2025

Théophanie du Seigneur

 

Dimanche 19 janvier 2025.


(Matthieu 3, 13 à 17)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, amen.

 


 

Aujourd’hui, l’Eglise nous invite à assister au baptême du Christ dans le Jourdain et à nous souvenir de notre propre baptême, l’Ecriture dit que le Christ arrive de Galilée qui signifie en hébreu « cercle » pour aller vers le Jourdain qui signifie « descendre » pour être baptisé par Jean qui signifie « grâce ». Etre baptisé suppose donc au moins trois étapes à franchir, la première consiste à s’extraire d’un ou de plusieurs cercles qui peuvent être nos pensées, nos paroles et nos actes non encore purifiées par l’Esprit de Dieu, purification qui se poursuit par la descente vers notre Jourdain intérieur et être plongé dans l’eau de l’humilité afin de recevoir la grâce du Père, du Fils et du Saint Esprit.

 

Cette purification de notre esprit est nécessaire, si nous voulons accomplir le volonté de Dieu, c’est pourquoi le Christ dit à Jean qui ne comprenait pas comment lui pouvait baptiser Celui qu’il a reconnu comme étant le Messie envoyé de Dieu, « laisse faire pour l’instant, car c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir toute justice » ce n’est pas Dieu qui se fait baptiser, mais Jésus qui se donne lui-même ce splendide nom de « fils de l’homme », c’est pourquoi le Seigneur dira « celui qui est baptisé, c’est à dire l’homme, sera sauvé ».

 

Dans Actes 10, 37 à 38 nous lisons comment « Dieu l’a oint de l’Esprit Saint et de puissance », ce baptême originel de Jésus est le même que celui qui nous est transmis et donné en plénitude dans l’Eglise orthodoxe selon la parole sainte du Seigneur « celui ou celle qui croit et qui sera baptisé sera sauvé ». Cette expérience spirituelle a été vécue par Saül/Paul nous est décrite en Actes 9, 18 « aussitôt, il lui tomba des yeux comme des écailles, et il recouvra la vue et sur le champ, il fût baptisé ».

 

Jean le Précurseur, prophète illuminé par l’abondance de la divine grâce passe du désert aride à l’expérience de l’oasis spirituel, lui que la Tradition appelle « ange terrestre et homme céleste », a connu le sens religieux du baptême de l’eau, de l’Esprit Saint et du feu en esprit et en vérité, mystère indicible de la miséricorde de Dieu envers l’homme.

 

Dieu bénissant, méditons ensemble et avec modestie sur le sacrement du baptême, voici que s’avance vers Dieu celui ou celle qui a demandé le saint baptême après un temps de préparation vécu dans le catéchuménat.

Aujourd’hui, au cœur même de notre sainte Eglise orthodoxe nous sommes  invités à accueillir et à accompagner le postulant au baptême dans l’allégresse spirituelle de ce jour lumineux et unique de son existence, jour très précieux où lui est donné le saint baptême au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Le saint baptême donne à tout baptisé le trésor religieux et spirituel inestimable que représentent les dons de l’Esprit de Dieu, ces dons sont « l’amour, la joie, la paix, la douceur », et les autres dons énumérés par saint Paul. Ces dons sont donnés et déposés dans la personne baptisée comme une grâce qu’il appartient ensuite à chaque baptisé de faire fructifier, et c’est dans l’Eglise du Christ, que le baptisé pourra apprendre comment entrer dans la pleine possession de ces dons pour nourrir et embellir sa vie et devenir ainsi, peu à peu, une personne orthodoxe par le désir continu de réaliser l’union de l’image divine avec celle de la ressemblance à Dieu.

 

Nous sommes dans le temps de la célébration liturgique et l’Esprit de toute sainteté est à l’œuvre dans la vie de tout chrétien qui le désire, et tout comme il couvait à l’origine toute la Création, il couve aujourd’hui l’Eglise ainsi que tout catéchumène de sa lumineuse présence, et lui infuse grâces et bénédictions en surabondance. L’Eglise orthodoxe confirme par le saint baptême à travers le sceau de l’Esprit Saint, que la personne humaine telle que créée et sortie des mains de Dieu est une œuvre absolument unique, oui, l’homme est appelé à être par grâce ce que Dieu est par nature. L’homme est par adoption d’origine divine, et c’est pour cela que Dieu seul en s’incarnant dans le temps et dans l’histoire de l’humanité pouvait sauver son chef-d’œuvre.

 

Le baptême s’enracine dans la Divine Trinité par la médiation de l’Eglise du Christ, c’est pourquoi les enfants de l’Eglise, connaissent de l’intérieur, par l’intelligence du cœur, que le Christ est le Fils unique du Dieu vivant. L’Esprit de Dieu qui aujourd’hui pénètre dans cette chapelle et dans notre être entier, nous donne la grâce de témoigner de cette vérité au milieu du monde qui nous entoure, non par des discours pompeux ou intellectualisés, mais par la vie orthodoxe qui est une icône des Personnes Divines.

 

Le baptême a pour vocation de faire de nous des êtres liturgiques, qui ont reçu le don de convertir peu à peu leur existence, afin que notre vie soit une vraie célébration qui puisse réjouir et embellir notre quotidien. Le baptême a aussi comme vocation de faire de nous des êtres eucharistiques, c’est à dire, des êtres de communion avec Dieu et avec le prochain.

 

L’Esprit Saint qui est infusé au baptisé par le saint Chrême au cours du baptême, devient notre maitre spirituel infaillible, c’est Lui seul qui peut accomplir avec nous et en nous, le retournement intérieur qui fait de nous des amis de la Divine Trinité. L’Esprit Saint est la plénitude absolue de la vie et de l’être, et lorsqu’il s’unit à l’esprit de l’homme, celui-ci acquiert une qualité spirituelle divino-humaine qui lui donne une contemplation divine des êtres et des créatures, l’homme voit la Création telle que le Père céleste l’a créée par le Verbe et l’Esprit.

 

Nous sommes témoins engagés du baptisé qui a été immergé dans les eaux vives et vivifiantes contenues dans le baptistère. Dans le baptême, toute la Création s’associe à notre joie, l’eau pure et simple, l’huile douce et sanctifiée, les cierges lumineux, l’encens qui parfume le lieu saint, le saint Chrême qui donne l’onction de l’Esprit Saint, comment dire l’indicible que représente le saint baptême reçu aujourd’hui par le baptisé bienheureux et qui fait de lui une  pierre vivante de la sainte Eglise orthodoxe.

 

En vérité, lorsque l’Esprit Saint s’immerge pour ainsi dire dans l’être qui est baptisé, ce baptisé devient lui-même en vérité un saint baptistère vivant et vivifiant, et vraiment des sources d’eaux vives ne cessent de couler en lui et à travers lui pour irriguer d’amour et de bénédiction l’humanité et toute la création.

 

En vérité, nous ne pouvons que balbutier comme des enfants immatures pour essayer de dire quelque chose de l’Esprit éternel et du sens divino-spirituel du baptême qui est un des plus grands mystères de la sainte Eglise de Dieu. Le saint baptême est un abîme dont la profonde simplicité échappe à toute tentative de le cerner par nos seuls moyens intellectuels. C’est en mettant en œuvre, jour après jour l’enseignement évangélique, que nous sera donné le sens personnel du baptême, que nous recevrons peu à peu la sagesse créatrice et l’intelligence du cœur, qui fait de chacun d’entre nous un dieu par la grâce, capable d’une réelle communion en esprit et en vérité avec Dieu, avec notre communauté ecclésiale et notre prochain.

 

La personne humaine est par nature sainte et sacrée, mais cet être spirituel ne peut se réaliser en plénitude que s’il donne librement la première place à l’essentiel, à ce qui l’enracine dès ici-bas dans sa dimension fondamentale et qui est sa relation personnelle et unique avec la Divine Trinité, par la médiation de notre sainte Eglise très aimée de Dieu.

Cette relation avec Dieu, nous prépare à plonger au temps prévu par la providence divine, dans le véritable et en vérité le seul Baptistère éternellement vivifiant, dans lequel coulent à profusion les eaux vives et spirituelles et toutes les grâces et bénédictions divines, ce baptistère c’est le Royaume de Dieu lui-même. Cette immersion dans le Royaume de Dieu est l’étreinte en plénitude de l’amour et de la vie éternelle, de la personne déifiée avec la Divine Trinité.

 

C’est pourquoi, l’Eglise espère pour le baptisé une vie bénie et sanctifiée, une vie qui prenne sa source en Dieu et dans l’Eglise, et dans cette communion divino-humaine sans aucune contrainte, car Dieu ne s’impose jamais, elle pourra jour après jour, se construire comme une personne libre et se découvrir aimée de Dieu, de ce Dieu au Visage si humain et qui sera toujours là pour l’écouter et pour exaucer ses prières pour son salut dans la joie et la paix.

 

 Que Dieu bénisse tout baptisé, toute baptisée, ainsi que leurs parents, parrains et marraines, famille, amis et amies, je regarde le baptisé, la baptisée, je nous regarde, je regarde l’Eglise et je vois combien grande, belle et très réelle est notre responsabilité, puissiez-vous, compter sur nous dans ce chemin de vie que vous commencez aujourd’hui, par la grâce de la Divine Trinité.

 

Au Père qui nous aime, au Fils qui nous a transmis cet amour et à l’Esprit Saint qui accomplit l’amour, soit la gloire dans les siècles des siècles, amen.

 

+ Syméon

 

 

 

 

 

 

samedi 11 janvier 2025

La fuite en Égypte Dimanche après la Nativité

 

 

Homélie prononcé par Père Panagiotis le 4 janvier 2009 

   

Mes chers frères,

 

Ces jours-ci nos pensées sont tournées vers ces lieux saints où est né Notre Seigneur Jésus Christ. Nous louons et glorifions nous aussi avec les anges, la divine naissance. Nous nous prosternons avec les bergers devant l'enfant divin et offrons avec les mages nos présents : la foi, l'espérance et notre amour pour Notre Seigneur Jésus Christ.

La fuite de Jésus en Égypte et les persécutions qui s'ensuivirent au cours de sa vie, avec comme aboutissement sa crucifixion, sont une sorte de guerre éternelle qui a lieu, depuis l'époque de la chute, entre Satan et Dieu. Entre les forces des ténèbres et la Lumière, entre le dragon et l'Agneau. De cette guerre, Jésus sortira vainqueur. Il brisera l'antéchrist et ses serviteurs. Les hommes des ténèbres le cloueront sur la croix, mais de la colline du Golgotha va briller le soleil qui éclairera la terre entière. Son Église subira le même sort. Elle sera colorée du sang des martyrs, elle sera persécutée mais ne sera pas brisée. Elle triomphera dans la douleur, l'humilité et le martyre.

Dès les premiers pas de sa vie terrestre, Jésus goûte à la coupe amère des persécutions qui l'obligent à fuir, mais simultanément la force et la protection de Dieu le soutiennent.

Le tyran Hérode veut faire mourir l'enfant Jésus et l'Ange de Dieu conseille au protecteur Joseph, de partir avec l'enfant et sa mère en Égypte. Et tandis qu'Hérode, ayant ordonné la tuerie inhumaine des nouveau-nés de Bethléem croit s'être débarrassé de Jésus, Jésus qui a échappé à la tuerie, grandit silencieusement en pays étranger (l'Égypte) où Il s'est réfugié avec ses parents, afin de retourner, plus fort, en Judée, après la mort d'Hérode, pour prêcher le Royaume des Cieux. Lorsqu'Il commence son œuvre de salut, Il est calomnié, qualifié de mage, d'ivrogne, d'ami des débauchés et des publicains. Il est poursuivi dans son propre pays et enfin Il est livré par l'un de ses disciples. Il est flagellé, emprisonné, et crucifié par ceux dont Il a été le bienfaiteur.                                                                                                                                                                                         Les persécutions continuent même après sa Résurrection, envers son Église, ses disciples et ses apôtres et de façon continue envers tous les Chrétiens qui vivent son Évangile dans la foi et la dévotion.

Durant les trois premiers siècles de notre ère, l'Église est appelée Église des martyrs. Ils sont des millions mes martyrs connus et inconnus qui ont versé leur sang pour leur foi en Christ. Ils ont rempli les prisons, rassasié de leur chair les bêtes féroces, coloré la terre entière de leur sang précieux. Cependant plus elle est combattue, plus l'Église du Christ se consolide et excelle.

Après les premières persécutions vinrent d'autres persécutions émanant cette fois de l’intérieur de l'Église. Schismes et hérésies ébranlent son unité. Des Chrétiens persécutent d'autres Chrétiens, des frères tuent d'autres frères. L'Église du Christ est bouleversée et sombre dans une grande tristesse qui malheureusement se manifeste encore de nos jours.                                    Dans les temps nouveaux apparaissent les athées qui avec l'arme de la science, tentent de déraciner la foi des Chrétiens et remplace Dieu par leurs propres dieux. Ce sont des idolâtres. Ils insultent et calomnient l'Église et ses officiants, ridiculisent le sacré et s'efforcent d'instaurer à la place de l'Église une religion idolâtre.

Ainsi nous arrivons à notre époque contemporaine où la persécution de Jésus et de son Église prend une forme particulière. La société d'hyperconsommation avec l'hyper suffisance des biens matériels entretient une indifférence vis-à-vis de tout ce qui concerne la vie au-delà de la mort. Les gens aujourd'hui s'intéressent davantage à leur propre corps et très peu à leur âme. Par tous les moyens dont dispose aujourd'hui la société, se développe une redoutable propagande anti chrétienne, anti spirituelle, laquelle a pour nous tous des retombées catastrophiques. Le corps est divinisé, les valeurs morales sont piétinées, les idéaux s'écroulent et une nouvelle religion est prêchée qui a pour centre non pas Dieu, mais l'homme...

Aujourd'hui les persécuteurs du Christ et de son Église portent le masque du "civilisé", du moderne, de l'affranchi, du progressiste et sournoisement œuvrent dans le sens de la division de l'Église et bouleversent son fonctionnement.                      Il est vrai qu'aujourd'hui aussi le Christ est persécuté de même que tous ceux qui croient en Lui. "Ceux qui me persécutent, vous persécutent aussi" a dit le Seigneur à ses disciples, et cela s'applique à tous les croyants. Mais nous, nous ne devons pas désespérer et avoir peur car après la tristesse vient la joie, après le martyre la gloire, après le Golgotha la Résurrection.Mes frères, Le Christ ne nous a promis dans ce monde gloire, honneurs et richesses. "Dans ce monde, vous éprouverez de la tristesse, mais soyez confiants, moi j'ai vaincu le monde"

Le Christ avec son Église vaincra de nouveau.   Avec cette foi et cette espérance, contemplons notre avenir en Chrétiens. L'Emmanuel est avec nous !  Amen.      Père Panagiotis

 

Commentaire patristique par Eusèbe le Gallican (Ve siècle) 

 

"Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?" (Mt 2,2)

Le roi traître Hérode, trompé par les mages, envoie ses sbires à Bethléem et dans tous les environs pour tuer les enfants de moins de deux ans... Mais tu n'as donc rien obtenu, barbare cruel et arrogant : tu peux faire des martyrs, tu ne peux pas trouver le Christ. Ce tyran malheureux croyait que l'avènement du Seigneur notre Sauveur le renverserait de son trône royal. Mais il n'en est pas ainsi. Le Christ n'était pas venu pour usurper la gloire d'autrui, mais pour nous faire don de la sienne. Il n'était pas venu pour s'emparer d'un royaume terrestre, mais pour accorder le Royaume des cieux. Il n'était pas venu pour voler des dignités, mais pour souffrir des injures et des sévices. Il n'était pas venu pour préparer sa tête sacrée à un diadème de pierreries, mais à une couronne d'épines. Il n'était pas venu pour siéger glorieusement au-dessus des sceptres, mais pour être bafoué et crucifié.

À la naissance du Seigneur, "Hérode a été troublé et tout Jérusalem avec lui" (Mt 2,3). Quoi d'étonnant, si l'impiété est troublée par la naissance de la bonté ? Voici qu'un homme en armes s'effraie de celui qui est couché dans une mangeoire, un roi orgueilleux tremble devant l'humble, "celui qui est revêtu de pourpre redoute le tout-petit enveloppé de langes... Il feignait de vouloir adorer celui qu'il cherchait à faire périr" (Mt 2,8). Mais la Vérité ne craint pas les embûches du mensonge... La traîtrise ne peut pas trouver le Christ, car ce n'est pas par la cruauté mais par la foi que l'on doit chercher Dieu, qui vit et règne pour les siècles des siècles. Amen.

 

dimanche 5 janvier 2025

La Nativité du Seigneur.

 

                                                                                                                                                                              7 janvier 2025.

(Matthieu 2, 1 à 12)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, amen.

 

 

Aujourd’hui, l’Eglise nous montre comment la Lumière Divine qui s’incarne dans un petit enfant, est refusée par ceux qui préfèrent les ténèbres et l’ombre de la mort, l’Evangile témoigne de la lutte impitoyable que Satan et ses serviteurs mènent contre Dieu, l’Humanité et l’Eglise. Saint Jean dans son prologue ne dit-il pas : « la Lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas reçue ». Hérode est Juif, il n’ignore rien de l’espérance messianique du peuple d’Israël, mais Hérode le sanguinaire est possédé par le Malin, et cette possession le vide de toute humanité, étant comme vidé de lui-même, rien ne le retiendra plus pour ordonner après le départ des rois mages, le « massacre des innocents ».

 

L’Evangile nous dit : « Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d’Orient se présentèrent à Jérusalem en disant : Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile en Orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui ». Que signifie, ils sont venus d’Orient ? Le prophète Ezéquiel ch. 43, 2 écrit : « la gloire du Seigneur s’avance de l’Orient », Orient est un des noms donnés au Seigneur, ainsi nous est signifié que les mages sont les inspirés et les envoyés de Dieu lui-même et de Son Royaume, de Dieu qui est l’Orient de la Lumière absolue qui va s’incarner par l’Enfant divin.  N’est-il pas étrange que Dieu nous envoie les rois mages, alors que les synagogues étaient les îlots lumineux qui avaient pour mission d’annoncer et d’accueillir la lumière éternelle, c’est à dire le Messie ? Les trois rois mages sont bien réels, et ce que l’Ecriture dit d’eux est parfaitement vrai, mais ils sont aussi une métaphore de ce qui se passe dans  l’homme, ce que les mages montrent dans leur cheminement extérieur, est par analogie ce que l’homme est appelé à vivre à l’intérieur.

 

L’étoile est ici une icône spirituelle de l’esprit de l’homme qui le guide depuis l’Orient, c’est à dire depuis la lumière de l’intelligence qui illumine l’être humain, afin de le guider vers le saint des saints qui est son propre cœur pour s’y prosterner et y adorer, l’Enfant Divin, notre Seigneur. Nous sommes donc appelés à offrir notre corps pour que l’Esprit Saint en fasse son temple, notre âme pour que l’Esprit Saint en fasse sa prière, notre esprit pour que l’Esprit Saint en fasse sa contemplation, pour que notre personne entière puisse recevoir la grâce d’accueillir la Divine Trinité.

 

L’Ecriture poursuit : « le roi Hérode, l’ayant appris, fut troublé, et tout Jérusalem avec lui ; il assembla tous les grands prêtres et les scribes du peuple et s’enquit auprès d’eux du lieu où devait naître le Christ ». Que signifient ici les innocents sur un plan spirituel et intérieur? Eh bien, ce sont toutes les pensées, toutes les paroles et toutes les actions divines et saintes inspirées par l’Esprit Saint et qui nous sont envoyées par la médiation de l’Eglise, pour faire de chacun d’entre nous un roi mage, qui a pour vocation de transmettre la grâce divine, c’est à dire la bonne nouvelle de la naissance du Roi des rois, pour le salut de l’humanité. Mais si les personnages évangéliques existent aussi en nous, le roi Hérode, qui est-il, que représente t-il dans l’être humain ? Hérode est un roi de pacotille et de comédie, une caricature misérable de la véritable royauté qui est spirituelle, un bouffon ridicule et insensé, affamé et assoiffé non de justice mais de pouvoir, en vérité il ne représente rien ni personne, car son royaume est celui des apparences, du néant. Mais s’il n’est rien, qui alors lui donne un pouvoir sur nous et en nous?

 

Hérode par analogie, c’est le vieil homme en nous, qui se trouble lui aussi, comme Hérode à chaque fois que l’homme est visité par la vérité de Dieu, Hérode, c’est le vieil homme, sa majesté l’égo, qui hurle moi, moi et encore moi, qui ne connaît d’autre dieu que lui même, d’autre œuvre que de faire sa volonté partout, toujours, en tout et avec tous. Le vieil homme qui refuse de se convertir à la nouveauté absolue que représente l’Enfant qui vient de naître à Bethléem, il est le serviteur et le complice de Satan, le séducteur et prince des ténèbres, dont l’unique désir est la destruction totale de l’humanité. C’est pourquoi les hordes sataniques s’associent avec tous les Hérodes de ce monde, pour persécuter l’Eglise et massacrer celui qui est le Sauveur unique de l’humanité, « l’Enfant Dieu ».  

 

 

 

 

 

L’Evangile poursuit : « Ils dirent à Hérode : l’Enfant est né à Bethléem de Judée, car voici ce que le prophète a écrit : et toi, Bethléem, pays de Juda, tu n’es certes pas le moindre parmi les clans de Juda, car de toi sortira un chef qui sera le pasteur de mon peuple Israël ». Voici donc que les prêtres et les scribes savent dire où naitra le Messie espéré, quant à y aller eux-mêmes, hélas, trois fois hélas, leur vanité et leur soumission aveugle à la lettre de la Loi, les empêche d’accéder à la vie en plénitude, c’est à dire, l’Enfant-Messie  annoncé, que pourtant ils prophétisent, espèrent et attendent tous.

 

Que signifient ici, les « clans de Juda » ? Seule la vie spirituelle inspirée par l’Esprit de Dieu peut emmener l’homme vers Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie, c’est à dire, l’Enfant Jésus qui vient de naître pour illuminer justement tous les clans dont parle le saint Evangile ? Les clans sont toutes les tribus d’Israël et toutes les Synagogues où est annoncée la parole prophétique du Très-Haut, cette parole qui ne cesse d’annoncer la naissance du Divin Rédempteur espéré par Israël, et que l’Israël de Dieu devait donner à l’humanité. C’est pourquoi plus tard, l’enfant devenu le « Serviteur Souffrant » contemplé par le prophète Isaïe, dira dans l’angoisse de son âme : « ô mon peuple que t’ai-je fait » ? Et ailleurs « qui a connu la pensée du Seigneur » ?

 

Mais voici l’humble merveille, la bonne nouvelle, voici que le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob a élu parmi tous ces clans fiers et prestigieux, l’humble « Bethléem », qui deviendra l’Eglise très sainte et très aimée de Dieu, Bethléem la maison du Pain, qui annonce que cet Enfant qui vient de naître est non plus la Manne reçue par les Israélites dans le désert, mais le Pain Vivant descendu lui-même du Ciel, pour se donner comme nourriture vivifiante à l’humanité. Bethléem, la maison du Pain, est le signe prophétique de l’Eucharistie, du Corps et du Sang que l’Enfant Divin versera librement lorsque devenu adulte, il accomplira pleinement  le mystère de la Nativité, de l’Incarnation, en donnant sa vie pour le salut du monde.

 

« Hérode alors appela les mages en secret et se fit préciser par eux la date de l’apparition de l’étoile, puis ils les dirigea sur Bethléem en disant : Allez prendre des informations précises sur cet enfant ; et, quand vous l’aurez trouvé, faites-le moi savoir, afin que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui ». De nouveau, l’Evangile nous montre l’ambiguïté du fonctionnement mental de Hérode le vieil homme, Hérode tout comme le tentateur dit des choses qui semblent bonnes et justes, mais comment agit-il ? Il agit en secret, par l’intermédiaire du vieil homme, en faisant semblant de bénir le voyage des rois mages, en leur faisant croire qu’il a le même projet qu’eux, qu’il veut le meilleur pour eux et pour l’Enfant, qu’il a les moyens de combler tous les désirs, y compris spirituels. En vérité, c’est le Temple de Jérusalem qui devait accueillir l’Enfant divin, il était par vocation la Grotte mystique que Dieu désirait illuminer par sa naissance.

 

L’Evangile dénonce toute pratique religieuse qui serait tramée en secret, toute décision qui serait prise par une seule personne au nom de l’Eglise, la justesse spirituelle est dans la réalisation conciliaire et fraternelle de la volonté divine. Le Seigneur nous averti de ne pas œuvrer seuls en nous-mêmes et avec comme seuls témoins nous-mêmes, c’est à dire nos pensées du cœur non purifiées. Hérode va se détruire lui-même parce que son mensonge est pathétique et tragique, dans sa folie, il pense pouvoir tromper Dieu lui-même, mais en réalité, son marchandage hypocrite avec les saints rois mages, ne lui rapportera rien, sinon faire de lui le monstrueux bourreau de l’enfance innocente.

 

L’Evangile poursuit : « sur ces paroles du roi, ils se mirent en chemin. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue en Orient se mit à les précéder jusqu’à ce qu’elle vînt s’arrêter au-dessus de l’endroit où était l’enfant ».

L’Esprit Saint nous initie au véritable discernement spirituel en nous invitant à vivre en nous mêmes le saint Evangile, les témoignages que les divers personnages y manifestent nous représentent plus ou moins, d’une manière ou d’une autre. Les mages se mettent donc en route sur les ordres du roi Hérode, et l’étoile qui ne pouvait briller en présence d’Hérode qui représente les ténèbres du monde sans Dieu, peut à nouveau resplendir de toute sa luminosité divine, pour accompagner le voyage intérieur et extérieur non seulement des rois mages, mais de toute personne qui décide de dire amen, à l’appel providentiel de Dieu. 

 

 

L’Ecriture poursuit : « la vue de l’étoile les remplit d’une grande joie ; ils entrèrent dans la grotte, trouvèrent l’enfant avec Marie, sa mère, et, le front contre terre, ils se prosternèrent devant lui ; puis ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe ». Que signifie : « la vue de l’étoile les remplit d’une grande joie ? ». Cela signifie leur communion réelle à la lumière incréée dont cette étoile est le signe manifeste dans la création, cela signifie que la lumière est le fruit de la vie en Dieu et que cette vie lumineuse engendre cette grande Joie dont le Seigneur dit : « Je vous donnerais la Joie que nul ne pourra vous ravir ». Seule la joie divine est la joie véritable, joie qui nous donne de danser intérieurement devant la Divine Trinité, joie vécue par les rois mages, joie vécue par les humbles bergers, joie de toute la création qui unit le ciel et la terre, joie que celui à qui le Seigneur donne de la goûter, même une seule fois, ne pourra plus jamais oublier ni dans ce monde ni dans l’autre.

 

Que signifie, ils entrèrent dans la maison et la suite…cette maison est l’Eglise intérieure, spirituelle et mystique, icône de la grotte de Bethléem, c’est le lieu de Dieu dans l’homme, la rencontre personnelle de l’homme avec Dieu, là où tout naturellement, l’homme se prosterne au cœur de son cœur, dans l’amour et l’adoration en esprit et en vérité devant l’Enfant éternel avec lequel l’homme peut lui aussi grandir en toute grâce et s’élever vers la Divine Trinité.

 

Que signifie encore, ils Lui offrirent de l’or, de l’encens et de la myrrhe ? Cela signifie que l’homme, roi, prêtre et prophète, a retrouvé par la grâce de Dieu son origine divine, et peut réaliser le grand œuvre d’amour, et les signes de cet état spirituel retrouvé sont ceux de la nature divine elle-même, offrir l’or c’est confesser que la nature de Dieu est Lumière absolue, offrir l’encens c’est confesser que la nature de Dieu est le parfum de la Sainteté absolue, offrir la myrrhe c’est confesser que la nature de Dieu est en vérité l’Immortalité absolue.  Alors Dieu, le Roi Mage Divin, à son tour offre à l’homme non pas l’or, l’encens ou la myrrhe, mais la « déification, l’adoption filiale, la communion sans confusion ni séparation avec le Père éternel, qui est la vie éternelle dans le Royaume de Dieu ».

 

L’Ecriture poursuit : « ensuite, avertis en songe de ne pas retourner auprès d’Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin ».

 

L’Evangile de ce jour nous révèle ainsi le pèlerinage religieux et spirituel proposé à l’être orthodoxe, cette ascèse de vie qui doit transformer peu à peu l’homme, et faire de lui un être liturgique qui célèbre son Seigneur à travers toute son existence quotidienne, cette vie en Dieu est d’abord une vie en soi avec Dieu, parce que la relation à Dieu est toujours personnelle, mais aussi une vie avec l’autre, c’est-à-dire une vie en Eglise. Alors nous aussi, nous « regagnerons notre pays par un autre chemin », c’est à dire, non plus par les sentiers de perdition du monde hérodien ou ceux chaotiques du vieil homme, mais par le « Chemin unique qui est le Christ, pour arriver dans notre pays réel qui est le Royaume de Dieu ».

 

Au Père Roi de l’Univers, au Fils qui nous veut cohéritiers de Son Royaume et à l’Esprit Saint qui nous intronise dans le Royaume, soit la gloire dans les siècles des siècles, amen.

 

+ Syméon

 

 

samedi 28 décembre 2024

INTRODUCTION A LA TRADITION ORTHODOXE :

 

 

INTRODUCTION A LA TRADITION ORTHODOXE :

L’EGLISE

« Je crois en l’Eglise Une, Sainte, Catholique et Apostolique. »

 


La contemplation du Mystère de l’Eglise de Dieu est vitale pour le Chrétien parce qu’elle est aussi son propre « mystère », lieu de sa libération de tout esclavage en Jésus-Christ. Nul ne peut confesser que Jésus est Seigneur sans l’Esprit-Saint, de même, nul ne peut méditer le Mystère de l’Eglise et le vivre réellement sans ce même Esprit-Saint.

 

L’Eglise est au cœur du monde, elle est le cœur du monde, elle contient le monde et transcende le monde, qualités que nous reconnaissons à Dieu lui-même, ce faisant, nous confessons la grandeur de l’Eglise. L’Eglise de Dieu est Icône de l’économie divine dans le monde, miroir où chacun  peut acquérir la grâce de voir la Face de Dieu sans mourir. Ce don nous est accessible d’abord en Christ, par la médiation de Marie Mère de Dieu, des Apôtres et de tous les Saints à travers l’œuvre liturgique qui engage tout l’homme. L’Eglise est le lieu vivant où avec Moïse, nous devons nous déchausser, Terre Sainte où tout l’univers retrouve son unité. Elle est l’Epouse du Christ et notre épouse, Corps du Christ et notre corps, et nul ne hait son propre corps.

 

Rien ne peut s’incarner sans exister d’abord en Dieu, ne disons-nous pas que « Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel », ainsi l’Eglise terrestre est dans sa nature spirituelle semblable à l’Eglise céleste, construite non selon une vision  humaine limitée, mais selon le modèle révélé par Dieu dans le Christ et l’Esprit. Tout ce qui a vie reçoit son être de Dieu et l’existence est d’amener cette vie divino-humaine à sa perfection dans le respect et la vocation reçue à incarner à  en vue de sa déification ultime par la grâce de Dieu.

 

Il est inscrit dans l’homme créé par Dieu une économie spirituelle qui lui permet d’aller librement vers la réalisation parfaite de sa vocation qui est d’être déifié et de s’unir à la Divine Trinité. De même, le cosmos est appelé à être transfiguré et spiritualisé mais non déifié. Autrement dit, chaque créature créée par Dieu a une vocation spécifique selon son essence, sa semence et son espèce qui consiste en ce que cette « tout ce qui existe loue le Seigneur » car vivre c’est louer la Divine Trinité. (Ps. 103)..

 

 Je crois en l’Eglise :

Cet acte de foi  que nous confessons concernant l’Eglise procède du même Esprit avec lequel nous confessons au début du Credo : Je crois en Dieu le Père, en Jésus-Christ, en l’Esprit -Saint… Il est donc aussi essentiel de croire en l’Eglise qu’en Dieu lui-même, car nous ne pouvons pas vivre l’un sans l’autre. Certes, il y a une hiérarchie dans notre confession puisque nous commençons par le Père, le Fils et l’Esprit Saint ...mais le Credo est un tout indissociable.

 

La première attitude qui nous est demandée est de croire en l’Eglise. Nous ne disons pas « nous croyons », mais «  je crois ». Il s’agit là d’une responsabilité personnelle à assumer, dans un même esprit que celui dans lequel nous nous donnons le baiser de paix et disons « paix à toi et à l’Eglise », mais en ayant toujours présent à l’esprit l’inséparabilité de l’homme et de la communauté.

 

Nous confessons par l’Eglise une réalité qui est d’abord spirituelle mais qui désire s’incarner selon la bénédiction du Christ dans l’histoire du monde et dans l’humanité. L’Eglise d’invisible est devenue visible, elle est créée, là et à venir dans le devenir liturgique divino-humain. L’Eglise est le Corps du Christ mais ce corps contient la plénitude de la divinité en Lui. C’est pourquoi nous affirmons que l’Eglise peut être contemplée comme incréée selon la divinité du Christ et créée selon l’humanité du Christ.

 

Ce « Je crois » pour confesser véritablement doit être l’Icône du « Je Suis » par lequel le Christ affirme son antériorité et sa supériorité par rapport à Abraham devant les Pharisiens et les Juifs. Est-il nécessaire de confesser et de croire en une réalité qui serait déjà pleinement présente ? Nous croyons donc en une réalité certes palpable et expérimentable dans l’Eglise incarnée, puisque nous chantons « goûtez combien le Seigneur est doux », signe réel et précurseur du monde à venir.

 

 Une

La première qualité que nous reconnaissons à cette Eglise que nous confessons est qu’elle est « Une », ce qui est tout simplement un des noms attribués à Dieu. Concernant l’Eglise historique, nous voyons bien qu’elle est non pas Une mais multiple, non pas unie mais désunie.

Dans l’unique Eglise du Christ, sont contenues des églises particulières qui ne reçoivent pas leur unité d’elles-mêmes  mais de leur confession orthodoxe fixée au sein de la Tradition et des Conciles et proclamée dans les Actes des Apôtres sous la forme de : « L’Esprit- Saint et nous… », elle est donc Une dans l’unité de la Foi. Toute Eglise locale, quelle que soit son importance, qui ne confesse  pas la Foi de l’Eglise « Une  et Universelle » s’exclue elle-même du Corps du Christ ce qui est vrai aussi pour tout Chrétien.

 

Nous devons confesser l’Eglise par la foi et les œuvres, « en vérité, en vérité, je vous le dis : celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais et même de plus grandes ». La Vérité qui est le Christ lui-même nous enseigne ici que la foi et les œuvres doivent êtres unies et présentes dans la vie de l’homme comme un témoignage à la Vérité et à la Lumière et comme étant faites en Dieu.

 

Sainte :

 

L’Ecriture témoigne tout particulièrement de la Sainteté de Dieu et l’Eglise incarnée est appelée à témoigner de celle-ci par le Christ dans l’Esprit -Saint et au sein des chrétiens. Lorsque nous pénétrons dans l’Eglise de Dieu, Corps du Christ, nous entrons dans la Vie en Dieu, nous sommes en contact de manière immédiate avec Sa Sainteté que nous le voulions ou non, que nous en soyons conscients ou non.

 

Dans la confession de la Sainteté de Dieu, nous ne pouvons trouver de meilleur témoignage que celui de l’Eglise lorsque nous chantons en son sein : « Saint, Saint , Saint est le Seigneur Tout – Puissant, le ciel et la terre sont remplis de Ta gloire, Hosanna au plus haut des cieux. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Hosanna au plus haut des cieux  ».

 

A ce chant magnifique répond en unisson celui des chœurs célestes qui proclament : «  Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout- Puissant, celui qui était, qui est et qui vient ! », de la terre au ciel et du ciel à la terre, de ce monde au monde à venir est proclamée la Sainteté de Dieu.

 

Catholique :

 

L’Eglise est catholique c’est à dire  universelle au sein de laquelle naissent toutes les Eglises historiques en leur temps et lieu par l’œuvre de l’Esprit-Saint et des hommes. L’universalité de l’Eglise réside et prend sa source dans la réalité spirituelle qui est le Christ lui-même, ce qui s’exprime premièrement dans l’unité de la Foi de laquelle découlent les pratiques rituelles particulières.

 

La catholicité répond à la parole du Christ que les vrais adorateurs du Père, voulus par Lui, L’adorent en esprit et en vérité  fondement de l’incarnation de la Foi. Dans cette optique, le mono ritualisme que parfois on entend exiger pour toute la chrétienté, apparaît non seulement utopique mais encore comme une déformation hérétique de l’esprit des Conciles œcuméniques.

 

L’Eglise n’est pas catholique parce qu’elle serait prêchée dans le monde entier, mais elle le devient dans l’unité de la Foi, reçue et transmise par le Christ et dans l’Esprit-Saint au sein de la Tradition apostolique.

 

L’Eglise est catholique-universelle également dans le sens où le Corps du Christ qui comprend premièrement tous les Chrétiens, contient aussi en lui toute l’humanité. La catholicité du salut est proposée à tout homme, bien que non imposée, car en Christ nous sommes affranchis de toute servitude et appelés à lui répondre en homme libre.

 

Ainsi, au sein même du Corps du Christ, le Chrétien est co-responsable du devenir de toute l’humanité et de toute la création, ce qui est  souligné tout particulièrement par la parole du Christ : « vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde »

 

Apostolique.

 

L’Eglise possède toutes les qualités divines précitées, mais il est indispensable qu’elle soit reconnue et reçue à travers la Tradition Apostolique, ces hommes qui ont confessé et témoigné par leur vie et leur mort que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. Depuis vingt siècles, les Chrétiens confessent la Foi reçue par le Christ  à travers les Apôtres, les Pères de l’Eglise, la succession ininterrompue des Evêques. C’est pourquoi notre Credo commence par : « Je crois ».

 

Cette Tradition Apostolique est indispensable et incontournable au point où Saint Paul nous prévient que même si un ange nous apparaissait pour nous annoncer un autre Evangile, nous devrions le refuser. La Tradition Apostolique par son enseignement nous rend conforme si nous la vivons à la réalité spirituelle dont elle est issue elle-même et qui remonte toujours au Christ.

 

Les douze Apôtres représentent douze voies de réalisation spirituelle par lesquelles le Chrétien peut expérimenter concrètement, ici et maintenant le Royaume des cieux. Marie, Mère de Dieu, peut-être appelée Apôtre des Apôtres car elle représente la synthèse en plénitude des Douze.

 

Il n’existe pas d’autre Nom sous le ciel… Tout nom reçu dans une tradition religieuse est une icône de ce Nom unique qui nous sauve et nous fait participer à Lui. Citons simplement sans les développer deux exemples concernant le don d’un nouveau nom en vue d’une réalisation spirituelle : 1 : Celui que l’on reçoit ou demande lors de la confession de la Foi orthodoxe. 2 : Celui que l’on reçoit lors de l’engagement monastique ou de la prêtrise. Pour conclure brièvement, citons le Christ  qui dit : «  et, sur le caillou, un nouveau nom écrit, que nul ne connaît sinon celui qui le reçoit. »

 

Pour terminer cette très sommaire étude sur le  Mystère de l’Eglise, nous pouvons contempler l’Eglise comme au cœur du monde. En elle l’homme comme son cœur et au cœur de l’homme la Divine Trinité par Qui tout a été fait, par Qui tout subsiste et en Qui tout s’accomplit.

 

 

LA TRADITION

 

La Tradition authentique est une et vivante et porte en elle toutes les traditions particulières. Nous nommons la nôtre chrétienne parce qu’elle est spécifique et par excellence le lieu où tout s’accomplit selon le Christ qui est la Tradition en chair et en os.

 

La Tradition chrétienne s’enracine dans la Divine Trinité et c’est de  là qu’elle nous est transmise à travers la Révélation dans l’Eglise de Dieu. Certainement, le Christianisme ne peut d’aucune manière récuser ce qu’il reçoit du Judaïsme en tant que  celui-ci est le précurseur qui annonce la venue et l’œuvre du Messie.

 

En remontant toujours plus vers la source de toute vie et par là de toute tradition, nous nous retrouvons en Adam qui est le Prototype créé de la Tradition originelle. Et par le Nouveau Adam, nous sommes tournés vers la Face de Dieu.

 

Ainsi la Tradition ne se limite pas au peuple chrétien, mais contient la totalité principielle des existences passées, présentes et à venir. Autrement dit, il n’existe de Tradition qu’en Dieu et toute  tradition dont le principe serait ailleurs est fausse et limitée.

 

Nous devons contempler et vivre la  Tradition, l’Eglise et la Révélation comme un être unique. On peut dire qu’il y a là une Icône de la Divine Trinité où chacune est tournée vers l’autre tout en gardant sa totale valeur personnelle. La Tradition est le Christ lui-même, l e Verbe créateur qui se prononce sans cesse avec l’Esprit au sein de l’Eglise, de la Création et de l’homme.

 

L’Eglise reçoit sa légitimité par le témoignage de la Tradition mais aussi par tous ceux qui la confessent et la vivent en Elle au Nom de la Divine Trinité.

 

Dans ce sens, ce qui est dit hors de l’Eglise est également dit hors du Christ, c’est à dire hors de la Tradition. En réalité, on peut nuancer un peu, car si le Corps du Christ comprend toute l’humanité, celle-ci par là-même se trouve au sein de l’unique Tradition. La seule question qui se pose alors est au fond celle de la confession et de la reconnaissance de l’identité entre le Christ et la Tradition.

 

La Tradition n’est pas seulement pour les hommes mais elle est aussi le lieu de vie du monde angélique, de la communauté des Saints, la synthèse du monde visible et invisible, des morts et des vivants et même de toute la création.

 

Mais il ne suffit pas que tout ce qui existe soit inclus dans le corps vivant de la Tradition de manière passive, il est indispensable que l’homme vive celle-ci consciemment en y accomplissant ce qui y est donné par la Révélation du Seigneur.

 

Cette nécessité de vivre en conformité avec l’enseignement de la Tradition n’enlève ni n’infirme la liberté de l’homme. Au contraire, il reçoit là tous les moyens pour acquérir la liberté authentique en esprit et en vérité.

 

Ainsi à chaque instant nous recevons au sein de la Tradition, dans l’Eglise et dans la vie, la révélation qui nous est personnellement proposée pour réaliser notre vocation de fils de Dieu. Cela ne doit pas nous isoler mais au contraire fortifier et cimenter notre communion avec les hommes et la création en Dieu.

 

La Tradition ne justifie en rien l’existence individuelle mais elle pousse vers l’universalisme des personnes qui est l’union de tous en Dieu. La Tradition n’est pas un passé mort ou devenu inopérant mais un passé-présent qui nous actualise dans notre vie en Christ, dans l’Eglise et dans le monde.

 

La Tradition chrétienne est comme le cri de Dieu : Souviens-toi qui tu es et ce à quoi tu es appelé, ô homme ! Au fond, ce cri que chaque homme entend dans la profondeur de ses entrailles et qu’il cherche à apaiser, même par la fuite.

 

Dans son fond et sa réalité ontologique, la Tradition échappe à tout rationalisme analytique ou synthétique, elle est du domaine du Mystère, pas du mystérieux. Mais le Mystère est ce qui paradoxalement veut le plus se donner à connaître et de fait est connaissable et reconnu en le vivant.

 

Ainsi, dans la mesure où nous sommes unis au Christ, nous pouvons dire avec confiance que la Tradition témoigne de nous et annonce notre devenir d’homme par la grâce surabondante vers l’homme déifié.

C’est pourquoi le Chrétien orthodoxe ne peut absolument pas accepter le moindre compromis concernant sa foi avec une autre tradition, mais son attitude doit être véritable, fraternelle et respectueuse.

 

La Tradition primordiale dans son principe n’est ni orale ni écrite, elle est vivante et s’enseigne ou mieux «  s’enseigne » comme vie. Par suite du péché adamique, cette première réalité ne disparaît pas mais se voile sous la Parole et sous l’Ecriture. Mais la Parole n’est pas faite pour être écrite et l’Ecriture n’a de sens que parlée.  Ces deux possibilités sont  plus pauvres dans leur forme que la révélation originelle.

 

La Tradition et l’Ecriture sont l’endroit et l’envers d’une seule et même réalité, l’Eglise du Christ. La Tradition et l’Ecriture n’ont pas pour but de se vérifier l’une l’autre, mais de s’unir pour témoigner de l’amour du Christ pour l’homme.

 

La Tradition n’est pas vécue dans l’Eglise comme une série de dogmes pétrifiés et pétrifiants, mais comme levain de renouvellement du Chrétien en Christ par l’Esprit – Saint.

 

La Tradition s’adresse dans ce sens à l’homme qui est un être vivant appelé à s’épanouir en elle et à l’élargir de génération en génération vers toujours plus de plénitude. La Tradition est ce qui se maintient dans les générations successives de Chrétiens en Christ et dans l’Eglise, par une épiclèse permanente à l’Esprit Saint.

 

Dans son sens plénier, la Tradition est le patrimoine spirituel de toute l’humanité où celle-ci puise toute son évolution réelle.

 

Dans la Tradition se révèle la richesse infinie des bienfaits divins, ce qui contribue à l’enrichissement permanent du Chrétien et à travers lui du monde entier.

 

Nous arrêtons là notre réflexion sur  la Tradition, malgré ses lacunes inévitables. Nous proposons simplement de la spécifier un peu plus à travers la Tradition Apostolique et Patristique ce qui nous permettra de renforcer notre structure de travail tout en nous situant au sein de la Tradition ininterrompue.