.
(Jean 17, 1 à 13)
Au Nom du Père, du Fils et du Saint
Esprit, amen.
Aujourd’hui, l’Eglise nous fait entendre la prière que le Christ adresse à son Père pour nous, afin de contempler ce que le Seigneur est en esprit et en vérité, et ce que nous sommes appelés à devenir au sein de ce monde où nous habitons et qui pourtant, en vérité nous est étranger. Les saints Pères que nous célébrons et vénérons aujourd’hui, sont les témoins lumineux, aimant et véridiques de la parole du Seigneur adressée à son Père et notre Père.
Jésus levant les yeux vers le ciel dit « Père, l’heure est venue, glorifie ton Fils afin que ton Fils te glorifie et que, selon le pouvoir que tu lui as donné sur toute chair, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donné ». Que signifie, levant les yeux au ciel, il dit ? Cela signifie que Jésus entre en lui-même et s’élève dans son esprit et là, il contemple en plénitude d’amour, son Père et notre Père. Le Père qui avait envoyé son Fils Unique dans le monde ignorait-il tout ce que ce même Fils a réalisé en totale obéissance et cela jusqu’à la mort ignominieuse sur la Croix ? Alors, pourquoi notre Seigneur retrace t-il ce qu’il a accompli pour sauver l’humanité ? La réponse est donnée dans le verset qui suit et qui est « or, la vie éternelle est qu’ils Te connaissent, toi, le seul véritable Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ ».
La prière splendide que le Christ offre à Dieu notre Père, est en vérité offerte pour nous, afin que nous puissions nous aussi à la suite des Pères vénérables, accueillir la vie éternelle qui est la connaissance du Père céleste. En quoi consiste la vie éternelle ? Connaître Dieu notre Père ! Comment ? En croyant à cette parole du Christ « que nul ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et ceux à qui le Fils veut bien le révéler ». Dans quel but le Christ prie-t-il ainsi ? Pour que nous ayons en nous « la joie parfaite », cette joie doit en nous s’unir à la « vérité parfaite » qui est le Don du Saint Esprit, pourquoi, afin que se réalise cette promesse du Seigneur « Je vous enverrais l’Esprit de vérité et la vérité vous rendra libre ».
Le Seigneur dit « J’ai manifesté ton Nom aux hommes, que tu as tirés du monde pour me les donner…et ils ont gardés ta parole… ils ont cru que tu m’as envoyé…c’est pour eux que je prie »,
quel est donc le « Nom » que le Christ a manifesté aux hommes ? C’est celui de « Père » c’est à dire, celui qui nous engendre sans cesse spirituellement à « la vie, au mouvement et à l’être » par Jésus-Christ dans l’Esprit Saint. Et où s’accomplit cette œuvre divino-humaine, si ce n’est dans l’Eglise, splendeur et lumière au cœur du monde et icône du royaume de Dieu. C’est bien dans l’Eglise que le Père invite « ceux qui ont cru à son Fils unique », et c’est dans l’Eglise que seront désormais gardés ceux qui resteront fidèles au Seigneur, selon cette parole « Père saint, garde-les dans ton Nom que te m’as donné », pourquoi ? « pour qu’ils soient un comme nous ».
Mais comment pouvons-nous comme le Christ, glorifier le Père ? En méditant cette autre parole du Christ adressée à Philippe « celui qui m’a vu a vu le Père », c’est pourquoi nous pouvons confesser le Christ comme le Fils unique de Dieu et témoigner par nos œuvres religieuses et spirituelles, que nous avons accueilli la Bonne Nouvelle évangélique. Quoi de commun entre les ténèbres et la Lumière divine, quoi de commun entre le monde des sans Dieu et le Royaume de Dieu, quoi de commun entre l’Eglise « Corps et Tête du Christ » et les petites constructions chaotiques et insensées sorties de la pensée délirante de quelques individus qui croient être ceux qui gouvernent le monde.
Pourquoi, le Seigneur demande t-il au « Père Saint de garder ceux que le Père lui a donné afin qu’ils soient Un comme nous » ? Parce que le Père ne se détourne pas de ceux qu’il a béni dans son Fils unique, parce que le Père dit ailleurs à ceux qui auront cru en Lui par son Fils, « même si ton père ou ta mère t’abandonnent, moi ton Père céleste, je ne t’abandonnerais jamais ».
Le Seigneur nous montre que nous devons commencer notre prière adressée à son Père et à notre Père en levant nos yeux vers le ciel à travers notre esprit et dire en toute simplicité et confiance « Notre Père, glorifie-nous de la gloire de ton Fils unique en faisant de nous et avec nous par grâce un christ aimant, saint, humble et sage ». Le Seigneur dit « Père glorifie-moi…J’ai manifesté ton Nom aux hommes que tu as tirés du monde pour me les donner » et ailleurs « car nul ne peut venir à moi, si le Père ne l’appelle », est-ce à dire que tous ne sont pas appelés ? Bien sûr que si, « mais beaucoup d’appelés et peu d’élus ». Les élus sont donc tous ceux qui ont « reconnu que tout ce que Tu m’as donné vient de Toi…que mes paroles viennent de Toi…ils les ont accueillies et ont cru que je suis sorti de Toi et que Tu m’as envoyé ».
Le Christ poursuit « et maintenant Père, glorifie-moi auprès de Toi, de la gloire que j’avais auprès de Toi, avant que le monde fût crée ». Que signifie glorifie-moi auprès de Toi ? Le Fils aurait-il perdu la gloire qui est la sienne comme Dieu par son Incarnation ? Bien sûr que non, mais voilà l’admirable, voilà la splendeur qui nous révèle qu’en vérité, Jésus demande cette gloire pour l’homme incarné qu’il est, et comme la nature humaine nous est consubstantielle et une, il demande cette même gloire pour l’humanité rachetée et sauvée en Lui. Sinon, comment cette même nature humaine pourrait-elle dans l’homme siéger dans le Royaume de Dieu en présence du Dieu Vivant ? Cette présence de l’homme dans le Royaume est le signe spirituel, la preuve absolue et le fruit de l’amour divino-humain de la parole du Seigneur « tout est accompli ».
L’Eglise est le lieu divino-humain où se réunit l’assemblée de ceux qui ont cru et accueilli les paroles du Christ, ces paroles ne sont pas justes des mots, elles portent en elles la puissance créatrice du Verbe éternel, et cette puissance est ce qui peut restaurer tout homme et toute femme de bonne volonté dans la « beauté lumineuse des enfants de Dieu ».
Le Seigneur dit encore « J’ai veillé et aucun d’eux ne s’est perdu, sauf le fils de perdition », cette veille est confiée maintenant à l’Eglise qui a pour vocation de ne perdre aucun de ceux qui viennent y demander au Nom de Dieu, « le salut et la vie éternelle ». Ainsi, tout comme le Christ avait confié sa Mère à son disciple Jean et demandé à ce même disciple qu’il habite chez elle, voici qu’IL nous confie notre Mère l’Eglise et qu’IL nous demande d’habiter chez elle, comme des fils et des filles élus afin que nous y apprenions à glorifier la Divine Trinité.
Maintenant, « Je viens vers Toi dit le Christ à son Père » mais ailleurs le Seigneur dit aussi « Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde », comment donc retourne-t’IL vers son Père et notre Père tout en restant avec nous jusqu’à la fin du monde ? C’est le mystère et la grâce religieuse de l’Ascension, le Seigneur ne s’élève t’IL pas avec notre nature humaine rachetée, sauvée et déifiée, cette union divino-humaine est indissoluble, alors comment ne serait-IL pas toujours avec nous. C’est pourquoi, chaque croyant doit à l’image du Seigneur veiller sur lui-même, afin de ne pas se perdre, nous pouvons nous perdre si nous oublions que nous sommes le « temple de l’Esprit Saint », nous pouvons nous perdre si nous oublions que nous sommes des êtres liturgiques, nous pouvons nous perdre si nous oublions que nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de Dieu.
Cette prière débordante de beauté, de sagesse et d’amour que Jésus adresse à notre Père Céleste, est en vérité grâce sur grâce en faveur de l’humanité, afin que s’accomplissent les noces spirituelles dans la Cana céleste autour du banquet divino-humain, pacifique et joyeux sur l’Autel d’en-haut. La célébration de cette très Sainte Cène liturgique trouvera son vrai couronnement dans la prière des cœurs purs « Abba Père » !
Saint Léon le Grand nous enseigne que « La nature humaine recevrait une dignité supérieure à celle de toutes les créatures célestes, elle allait dépasser les chœurs des anges et monter plus haut que les archanges, les êtres les plus sublimes ne peuvent mesurer son degré d’élévation, car la nature humaine allait être admise à trôner auprès du Père éternel et être associée à sa gloire, puisque la nature divine lui était unie dans la personne du Fils unique ».
Je suis donc invité à veiller sur moi par la grâce reçue dans l’Eglise, en me nourrissant de la vie et de la voie de la spiritualité orthodoxes, pourquoi ? Pour glorifier notre Père céleste et ainsi devenir une icône véridique de notre unique modèle « Notre Seigneur Jésus-Christ, par l’amour de Dieu le Père et la communion du Saint Esprit, amen ».
Que le Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, soit glorifié, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles, amen.
+ Syméon