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samedi 25 juin 2022

Homélie du 26 / juin/ 2022 2ème Dimanche de Pentecôte des saints de l'Athos et de Russie

 

  Les premiers disciples

 (Mat : 4, 18 à 23)

AU NOM du PERE, du FILS et du SAINT ESPRIT, amen.


Aujourd’hui, notre sainte et splendide Eglise orthodoxe qui est la barque spirituelle que la Divine Trinité a placé au cœur du monde, nous enseigne en toute beauté et humilité comment le Seigneur continue de s’approcher de chacun d’entre nous, comme IL l’avait fait pour les pêcheurs de Galilée, pour nous dire : « suis-moi !

 

L’Ecriture nous dit : « IL vit deux frères qui étaient pêcheurs », deux hommes qui étaient là, occupés à accomplir leurs œuvres quotidiennes, tout comme nous, des hommes au milieu d’autres hommes et voilà que le Seigneur qui se promenait, s’approcha et leur dit : « venez et je vous ferais pêcheurs d’hommes ». Nous savons que toutes les paroles que le Christ prononce, nous sont directement adressées tout comme aux personnes qui apparaissent dans l’Evangile de vie, alors écoutons pour entendre. 

 

L’Ecriture sainte, dans le livre de la Genèse nous enseigne que le Père Céleste lui aussi se promenait dans le Paradis, à la brise du soir, avec le désir de rencontrer Adam et Eve, c’est à dire l’humanité crée pour lui dire, « suis-moi », moi ton Créateur, je t’invite à être le pasteur de la création entière et de la guider avec ma grâce et ton obéissance, à la plénitude de la vie dans la vérité et la beauté. Cette divine rencontre première entre Dieu et l’humanité, interrompue par la chute originelle se poursuit aujourd’hui dans notre sainte Eglise orthodoxe, dans laquelle le Seigneur ne cesse d’aller vers l’homme son bien-aimé. 

 

Ne sommes-nous pas saisis de l’intérieur, nos cœurs ne sont-ils pas brûlants, en contemplant cette réalité évangélique qui nous montre le Seigneur « doux et humble de cœur », qui ne cesse depuis le Paradis de marcher à la rencontre de l’homme, pour inviter celui-ci à faire la route ensemble. Cette Voie qui est le Christ lui-même, et qui peut nous mener de la terre au Ciel, se réalise ensembles dans l’œuvre commune qui nous réunit ici et maintenant, à savoir la Divine Liturgie, célébration et rencontre essentielle entre Dieu et l’homme, entre l’homme et l’homme, entre l’homme et la création, pour accomplir l’unique nécessaire, notre salut en Dieu dans l’Eglise et au cœur du monde. 

 

L’Evangile de vie, nous prend par la main et nous guide dans cette promenade divino-humaine qui a commencé avec notre Père dès notre création, qui se poursuit avec le Fils, et s’accomplit par l’Esprit de toute sainteté. Ecoutons encore le Seigneur nous dire jusqu’où IL désire aller pour nous rencontrer dans ce pèlerinage spirituel, que dit-Il : « voici, Je me tiens à la porte et je frappe, chez celui qui entend et qui ouvre, j’entrerai avec mon Père et nous dînerons avec lui ».A quelle porte, le Seigneur frappe t-il, sinon à celle de notre cœur, qui représente les portes saintes et royales qui nous mènent au saint des saints dans la profondeur insondable et indicible de la « personne », là où est déjà présent le Royaume de Dieu. Ce dîner promis par le Christ à celui qui s’ouvre à Dieu, est la célébration très lumineuse et très pure, de la très sainte Cène spirituelle et mystique, liturgie céleste joyeuse et pacifique, communion partagée par la Divine Trinité et l’homme. Seul celui qui se souvient qu’il a déjà entendu le « suis-moi », reconnaitra qui est Celui qui frappe et se précipitera pour lui ouvrir, non seulement sa porte, mais toute sa vie et tout son être. Mais direz-vous peut-être, qui parmi nous a déjà entendu ce fameux « suis-moi », pour le reconnaître et dire amen ? C’est en Adam et Eve, père et mère de toute l’humanité que nous avons entendu cette parole « suis-moi » qui dès l’origine, nous a été transmise comme voie de retour vers notre Père céleste. 

 

L’Eglise est bien cette barque lumineuse qui contient toutes les grâces données par l’Esprit de Dieu, pour que nous soyons chacun « pêcheur d’homme, c’est à dire d’abord de nous-mêmes », plus ou moins engloutis par les eaux troubles et usées du monde, pour accomplir notre sainte vocation qui est la vie divino-humaine, selon la sagesse de la voie spirituelle de l’orthodoxie. Cette pêche miraculeuse que représente le salut d’une seule âme, est le fruit de l’ascèse de toute l’Eglise du Christ. Mais si nous ne comprenons pas, que l’homme que nous devons pêcher en premier, c’est celui qui gît au plus profond de nous-même, alors nous allons nous précipiter dans une errance stérile et nous briser peu à peu, contre le roc endurci de notre propre cœur. 

L’Ecriture poursuit : « aussitôt, ils laissèrent là leurs filets et le suivirent », est-ce donc si évident pour nous que des hommes et des femmes puissent ainsi tout quitter pour suivre le Christ ? En vérité, c’est possible parce que suivre Dieu est la vocation naturelle de l’homme crée à l’image et à la ressemblance de Dieu. Cette disponibilité immédiate que nous voyons chez ces pêcheurs Galiléens, répond à un état spirituel potentiel mais éveillé suffisamment pour dire amen à l’invitation divine. Ces hommes en vérité attendaient depuis toujours la venue du saint d’Israël, ils étaient imprégnés de l’espérance du salut messianique. Si nous entrons en nous-mêmes, au cœur de notre cœur, nous découvrirons que nous possédons la même espérance. Nous pourrions même retrouver aujourd’hui ce moment crucial, où dans notre cheminement existentiel, nous avons entendu nous aussi et chacun à sa manière ce « suis-moi », auquel nous avons répondu « amen » et voir quel a été depuis notre cheminement en Christ. 

 

Voici donc des pêcheurs, et que laissent-ils pour suivre le Christ, ils abandonnent leurs filets, c’est à dire tout ce qui nourrissait et donnait sens à leur existence terrestre au milieu de leurs familles et proches. Chaque iota de l’Ecriture Sainte possède et un sens littéral et un sens spirituel, qu’est donc un filet, n’est ce pas quelque chose qui peut nous nourrir mais aussi nous emprisonner ? Il existe des filets qui rendent la vie invivable, des filets qui nous aliènent et nous enlèvent toute liberté personnelle, des filets subtils mais remplis d’illusions et que pourtant nous croyons nécessaires voire indispensables pour notre existence, et tant d’autres filets encore…Le Seigneur ne dit pas qu’il ne faut pas travailler pour gagner sa vie, non, mais IL nous dit que dans ce monde, il n’existe qu’une seule manière de se libérer du filet dans lequel nous sommes chacun plus ou moins emprisonné. Et cette libération ne peut se réaliser que si l’homme, tout homme et toute femme, et en particulier nous qui nous disons volontiers disciples du Seigneur, désire et accepte de suivre sans condition Celui qui lui dit : « suis-moi ».   

 

Et voici que : « Jésus parcourait toute la Galilée- tout comme il parcours toute l’Eglise- prêchant la bonne nouvelle du royaume de Dieu, enseignant et guérissant toute maladie », le Christ ne nous propose pas de le suivre pour faire une promenade touristique, ou bien de faire ce que nous croyons nous convenir à tel ou tel moment. IL ne nous emmène pas sur les routes mondaines pour y suivre les modes éphémères et illusoires que le vieil homme voudrait nous forcer à prendre. Le Seigneur nous encourage à commencer par prêcher déjà en nous-mêmes la bonne nouvelle du Royaume de Dieu, de nous enseigner à nous-mêmes la vie évangélique, pour espérer guérir par la communion de vie avec LUI. 

 

Alors quelle est donc l’ascèse concrète qui est bonne pour chacun d’entre nous, pour connaître en esprit et en vérité qui est le Christ et pourquoi IL nous dit « suis-moi » ? Oui, je vous transmets toujours la même réalité, la sagesse de l’Eglise, cette ascèse vivifiante, qui est la participation à la célébration de la Divine Liturgie et la pratique réelle du saint Évangile. L’Eglise dans laquelle l’Esprit Saint nous enracine dans le présent, est le lieu béni où nous recevons avec une divine générosité toutes les grâces spirituelles pour suivre Celui qui est « la Voie, la Vérité et la Vie ».

 

« Suis-moi », par cette parole, le Christ s’engage lui-même et en premier à nous emmener avec lui, à nous apprendre comment passer de l’état de serviteur de Dieu, de l’Homme et de l’Eglise, à celui d’ami de la Divine Trinité, selon cette parole du Christ « Je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis ». Cette œuvre ascétique passe par l’œuvre commune qui ne peut se vivre et se réaliser que par la médiation de la sainte et humble Eglise du Christ. La célébration de la Divine Liturgie est en vérité, l’accomplissement parfait de la pêche miraculeuse, à laquelle le Seigneur invite chacun d’entre nous à participer pleinement et cela pour le salut de toute l’humanité et la restauration de la création divine dans sa première beauté.


 

L’Eglise du Christ seule, peut nous transmettre l’humilité du Fils Unique, Lui le pêcheur céleste qui s’est fait et le Frère et le Serviteur de l’humanité désorientée et malmenée par les esprits sous ciel dont parle l’apôtre Paul.

 

L’Eglise du Christ seule, peut nous transmettre l’humilité de l’Esprit Saint, Lui si discret et qui pourtant désire ardemment nous « revêtir des habits sacerdotaux spirituels que sont l’amour, la joie, la paix, la douceur, la patience, la maîtrise de soi » et tous les autres saints dons. 

L’Eglise du Christ seule, peut nous transmettre la très aimante nostalgie de notre Père envers l’homme son bien-aimé, le Père a voulu l’Eglise comme une sainte icône vivante du Paradis, pour s’y promener à la rencontre de l’humanité, comme Il le faisait avec Adam et Eve à l’origine de la Création. 

 

L’Eglise du Christ ou le Monastère du Christ, dont Il est le seul et unique Grand-Prêtre et Higoumène, ne doit jamais devenir un filet qui étoufferait la « liberté glorieuse des enfants de Dieu », liberté acquise par le Saint Sang et le Saint Corps de notre Seigneur sur la Croix, qui est le trône très pur et très saint sur lequel règne éternellement notre Seigneur Jésus-Christ. 

 

Au Père Céleste et Roi de l’Univers, au Fils Unique qui a fait de nous ses cohéritiers, à l’Esprit Saint qui nous intronise dans le Royaume de Dieu, soit la Gloire dans siècles des siècles, amen. 

 

+ Syméon 

 

 

dimanche 5 juin 2022

Homélie du 05/06/2022 : Dimanche des Saints Pères...

 


 

Dimanche des saints Pères

(Jean 17, 1 à 13)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, amen.

Aujourd’hui, l’Eglise nous fait entendre la prière que le Christ adresse à son Père pour nous, afin de contempler ce que le Seigneur est en esprit et en vérité, et ce que nous sommes appelés à devenir au sein de ce monde où nous habitons et qui pourtant, en vérité nous est étranger. Les saints Pères que nous célébrons et vénérons aujourd’hui, sont les témoins lumineux, aimant et véridiques de la parole du Seigneur adressée à son Père et notre Père.


La prière splendide que le Christ offre à Dieu notre Père, est en vérité offerte pour nous, afin que nous puissions nous aussi à la suite des Pères, accueillir la vie éternelle qui est la connaissance du Père céleste. En quoi consiste la vie éternelle ? Connaître Dieu notre Père ! Comment ? En croyant à cette parole du Christ « que nul ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et ceux à qui le Fils veut bien le révéler ». Dans quel but le Christ prie-t-il ainsi ? Pour que nous ayons en nous « la Joie parfaite », cette joie doit en nous s’unir à la « vérité parfaite » qui est le Don du Saint Esprit, pourquoi, afin qu’il nous advienne cette parole du Seigneur « Je vous enverrai l’Esprit de vérité et la vérité vous rendra libre ».


Le Seigneur dit « J’ai manifesté ton Nom aux hommes, que tu as tirés du monde pour me les donner…et ils ont gardé ta parole… ils ont cru que tu m’as envoyé…c’est pour eux que je prie »,

quel est donc le « Nom » que le Christ a manifesté aux hommes ? C’est celui de « Père » c’est à dire, celui qui nous engendre sans cesse spirituellement à « la vie, au mouvement et à l’être » par Jésus-Christ dans l’Esprit Saint. Et où s’accomplit cette œuvre divino-humaine, si ce n’est dans l’Eglise, splendeur et lumière au cœur du monde et icône du royaume de Dieu, c’est bien dans l’Eglise que le Père a placé « ceux qui ont cru à son Fils unique », et c’est dans l’Eglise que seront désormais gardés ceux qui resteront fidèles au Seigneur, selon cette parole « Père saint, garde-les dans ton Nom que tu m’as donné », pourquoi ? « Pour qu’ils soient un comme nous ».

dimanche 29 mai 2022

Homélie du 29/05/2022 : L'aveugle-né...

 


L’aveugle-né

(Jean, 9, 1 à 38)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen.

Aujourd’hui, l’Eglise nous invite à nous abandonner avec confiance à la compassion et à la tendresse infinie de notre Père céleste, et ceci en particulier par la célébration de la Divine Liturgie en communion avec le Christ grand-prêtre, avec l’Esprit de toute consolation promis et les uns avec les autres, dans l’espérance d’acquérir la lumière spirituelle qui est la grâce reçue comme un don par l’aveugle-né, grâce qui donne de venir, de voir et de confesser en Jésus, le Dieu vivant face à face.


Le Seigneur nous dit « tant qu’il fait jour, il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé ; la nuit vient où nul ne peut travailler, tant que Je suis dans le monde, Je suis la lumière du monde », quelles sont donc les œuvres auxquelles le Christ nous encourage à travailler ?

En vérité, elles peuvent toutes s’unir en une seule réalité, ces œuvres accomplies par le Christ et que nous avons vocation à vivre avec Lui de manière orthodoxe, sont toutes celles qui nous permettent d’adorer le Père en esprit et en vérité, en esprit par l’Esprit Saint et en vérité par le Seigneur, cette adoration est la couronne de sainteté et le fruit spirituel des Béatitudes.


Nous pouvons accueillir tous les miracles accomplis par le Christ comme le signe, y compris celui pour l’aveugle-né, de la nécessité de la conversion du cœur, sans laquelle, nul ne verra le Seigneur, nul ne pourra adorer le Père en esprit et en vérité, nul ne saura prier l’Esprit Saint donateur de vie et de sagesse spirituelle. Nous sommes appelés à suivre dans la lumière Celui qui nous dit « tant que Je suis dans le monde, Je suis la lumière du monde », alors fuyons cette incrédulité sournoise et hypocrite cachée dans le vieil homme pour nous détourner de notre Seigneur Jésus et de ses œuvres salutaires.

lundi 23 mai 2022

Homélie du 22/05/2022 : La samaritaine...

 

 

 


La Samaritaine

(Jean : 4, 5 à 42)

Au Nom du PERE, du FILS et du SAINT-ESPRIT, amen.


Aujourd’hui, nous célébrons le dimanche de la Samaritaine, et de même que le Maître divin a fait de pêcheurs Galiléens illettrés des maîtres de sagesse, de même fait-il avec cette femme Samaritaine, en lui accordant un dialogue spirituel et existentiel. Le Seigneur donne à cette Samaritaine, sa grâce divine, afin qu’elle puisse accéder à sa plus profonde intériorité, et dans cette illumination intérieure, il lui sera donné de contempler en Jésus au-delà de l’apparence d’un homme fatigué et assis là, au bord du puits, qu’IL est le véritable Saint d’Israël annoncé par les prophètes.


Les disciples arrivent et s’étonnent de ce que Jésus parle à une femme et Samaritaine de surcroît, ils ne comprennent pas et n’osent pas non plus poser de questions. La Samaritaine ose poser des questions et espère des réponses, qu’elle obtient, dans la simplicité de sa foi envers la religion de ses Ancêtres. Elle pose les bonnes questions et reçoit les bonnes réponses, une bonne réponse n’est pas celle qui clôt une fois pour toujours notre cheminement vers nous-mêmes et vers Dieu. Une bonne question maintient le chemin ouvert et vivant, et nous dit va avec confiance vers toi-même, et c’est exactement ce dont témoigne le Christ à la Samaritaine. A l’opposé, la mauvaise réponse est celle qui nous fait croire que nous sommes déjà des êtres spirituels accomplis, que nous pouvons prendre nos savoirs limités pour de la théologie, nos péchés pour des choses sans importance, notre auto satisfaction comme le signe de l’Esprit Saint en nous.


Les mystères du Christ sont si profonds dans leur simplicité, que les sages et les faux intelligents selon l’esprit de ce monde que dénonce le Christ lui-même, n’auront jamais, je dis bien jamais, accès en esprit et en vérité à la sagesse créatrice divine, même les miettes du festin que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment, leur seront refusées. Ceux qui aiment Dieu et l’Eglise, ressemblent à cette samaritaine humble qui se met vraiment en route pour trouver le sens réel de sa vie. Ceux qui aiment vraiment Dieu et la sainte Eglise, se mettent au service de Dieu, s’engagent dans l’Eglise et accomplissent des œuvres religieuses, en se souvenant de tous les sacrifices endurés par nos Pères et Mères saints, à travers l’espace et le temps jusqu’à aujourd’hui. C’est pourquoi l’innocence, la confiance et la réceptivité envers l’essentiel, en un mot, la « vie orthodoxe », sera toujours supérieure à toutes les spéculations et pensées scientifiques, psychiques, artistiques, littéraires, philosophiques ou rationnelles.

dimanche 15 mai 2022

Homélie du 15/05/2022 : Dimanche du paralytique...

 

Dimanche du Paralytique

(Jean 5, 1 – 15)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen.

Aujourd’hui, notre sainte et humble Eglise Orthodoxe est la piscine miraculeuse, dans laquelle le Dieu Vivant, notre Seigneur Ressuscité est présent au milieu de l’humaine condition, pour guérir un paralytique. Cette piscine nous le savons de manière prophétique, est la préfigure de ce qui deviendra le « très saint Baptême par immersion » et qui contient en promesse toutes les grâces que la Divine Trinité a déposé dans l’eau, cette si humble et merveilleuse créature. L’eau, sanctifiée par la prière, l’huile sainte et le saint Chrême à travers l’œuvre liturgique du prêtre et de l’assemblée des Croyants, devient icône céleste et porteuse du don de guérir.


Notre Seigneur doux et humble de cœur, ne cesse de tout mettre en œuvre pour nous donner la guérison parfaite de l’âme et du corps, mais nous, dans notre enfance religieuse et dans notre ignorance de l’essentiel, nous sommes souvent attachés à des acquis amassés dans le monde. Ce faisant, nous répétons comme des automates le péché des incrédules qui ne savent que murmurer des interdits à l’image des Juifs dont nous parle l’Evangile de ce jour. Au lieu de s’émerveiller du miracle accompli là sous leurs yeux, par le Rabbi Jésus, les Juifs ne savent que réprimander le malade, en lui disant : « c’est le Shabbat, tu n’as pas le droit de porter ton propre grabat ».

dimanche 8 mai 2022

Homélie du 08/05/2022 : Dimanche des Myrophores et de Joseph d'Arimathie...

 


Dimanche des Myrophores et de Joseph d’Arimathie.

Marc, (15- 43 à 16 – 8)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, amen.


Aujourd’hui, l’Eglise orthodoxe de notre saint Christ ressuscité, célèbre les Myrophores, ces femmes saintes qui ont suivi le Seigneur durant sa vie, et qui partageaient par leur foi avec Joseph, Nicodème et d’autres Israélites, l’espérance de la venue du Messie pour instaurer le Royaume de Dieu. Mais malgré toute leur foi, le Mystère de la Résurrection leur demeurait encore scellé, Jésus restait à leurs yeux encore voilés, le charismatique Prophète de Nazareth, que la folie de Juifs et de Romains avait mis à mort et cloué sur une Croix.


Joseph le Juste, lui non plus ne pouvait pénétrer spirituellement le Mystère de la sainte Résurrection, mais il avait à cœur de donner une sépulture digne à ce Jésus, pour lequel il ressentait de la compassion, et dont l’enseignement avait bouleversé en profondeur sa vision religieuse en Israël. Vous avez sans doute déjà entendu dans l’Ancienne Alliance ces paroles : « vanité, vanité, tout est vanité, il n’y a rien de nouveau sous le soleil », mais les femmes Myrophores, Joseph et Nicodème inspirées par l’Esprit Saint ont ressenti chacun et chacune selon sa sensibilité spirituelle, que ce Jésus Prophète miraculeux, était le Messie attendu par Israël. Que ce Jésus envoyé par Dieu, EST la nouveauté absolue et éternelle, et que l’icône de cette présence réelle de Dieu parmi nous est la sainte Eglise du Ressuscité.

dimanche 1 mai 2022

Homélie du 01/05/2022 : Le dimanche de Thomas...

 

Dimanche de Thomas

(Jean, 20 : 19-31)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen.

Aujourd’hui, nous célébrons le dimanche de Thomas, la Résurrection du Seigneur a eu lieu, plusieurs ont vu le Ressuscité et en ont témoigné, le Christ apparaît aux disciples présents dans le Cénacle, mais Thomas ne peut ni ne veut y croire sans preuves formelles. Thomas n’était pourtant inférieur en rien aux autres apôtres, mais il veut mettre en œuvre sa liberté personnelle et discerner par lui-même la réalité de cette nouvelle bouleversante : « nous avons vu le Seigneur Ressuscité ».


Cette attitude de sagesse spirituelle est pour nous un enseignement précieux, elle nous met en face de nous-même par rapport à l’annonce de la Résurrection du Christ, elle révèle notre pensée et notre foi et éprouve notre croyance réelle concernant la Résurrection. Nous désirons comme Thomas, voir entendre et toucher le Seigneur Ressuscité, mais cela exige une initiation à Sa Présence intérieure, puisque le Seigneur nous dit ailleurs que « Dieu est Esprit et demande des adorateurs en esprit et en vérité ». Cette ascèse de vie en Dieu et selon Dieu nous est donnée dans l’Eglise, par la promesse de la descente de « l’Esprit Saint à la Pentecôte », qui va rendre possible la vie orthodoxe et peut faire de chacun d’entre nous, un « christ aimant, saint, humble et sage ».